L’héritier

Leonardo DiCaprio

Une gueule d’ange, un talent hors-norme, un charisme à toutes épreuves, des chefs-d‘œuvres à la pelle, en plus d’être un acteur engagé, Leonardo DiCaprio, dont le prénom est un hommage à Léonard De Vinci, fait partie de la crème de la crème du cinéma hollywoodien, dans les pas de ses illustres aînés.

Tous ces superlatifs sont loin d’être usurpés au vu de la brillante carrière menée par le jeune homme. Il s’est imposé comme une valeurs sûre dès ses premières apparitions à l’écran dans « Blessures Secrètes » et « Gilbert Grape » dans lesquels il faisait déjà étalage de tout son talent alors qu’il était âgé de 19 ans seulement.

Son talent inné ainsi que l’implication qu’il met dans chacun de ses rôles en font le digne héritier d’acteurs de renom comme Robert De Niro, son idole de jeunesse, Marlon Brando, Al Pacino ou encore Jack Nicholson, tous adeptes de la méthode « actor studio ».

Retour sur la brillante carrière de l’enfant chéri d’Hollywood, qui tout au long de celle-ci nous aura habitué à l’excellence dans des rôles plus cultes les uns que les autres.

  • Golden Boy

L’histoire de Leonardo DiCaprio débute par un fameux signe du destin. En effet, c’est durant la visite d’un musée en Italie que ses parents ont décidé de nommer leur fils Leonardo après que sa mère, alors enceinte de lui, ai ressenti plusieurs coups de pied de son enfant alors qu’elle admirait une œuvre du célèbre peintre, Leonard De Vinci.

C’est ainsi que le petit Leonardo, qui aurait dû hériter du prénom nettement moins stylé de Wilhelm en hommage à son grand-père maternel, naquit à Los Angeles le 11 novembre 1974. Dans une ville cosmopolite, il représente à merveille la multi-culturalité et le « rêve américain », ses parents étant tous deux issus de l’immigration. Son père, dessinateur et éditeur de bandes dessinées, est d’ascendance italienne tandis que sa mère, secrétaire juridique, est d’origine germano-russe.

Après le divorce de ses parents, il passe sa jeunesse auprès de sa mère dans le célèbre quartier d’Hollywood. Il reçoit une éducation peu stricte, ce qui lui permet de laisser libre cours à ses passions parmi lesquelles les arts dramatiques, qui y tiennent une place prépondérante. Il commence alors à prendre des cours de comédie et se fait repérer pour tourner dans des spots publicitaires. Durant son adolescence, il reçoit sa chance dans des séries télévisées comme « Santa Barbara », « Parenthood » ou encore « Quoi de neuf docteur ? » avant de s’imposer petit à petit au cinéma.

Ses premiers pas au cinéma, il les effectue dans le film d’horreur « Critters 3 » (1991) mais c’est dans ses deux rôles suivants qu’il va vraiment pouvoir faire étalage de toutes ses qualités d’acteur.

Dans « Blessures secrètes » (1993), il à l’occasion de donner la réplique à Robert De Niro. Il y incarne un adolescent martyrisé par son beau-père violent. Face à son modèle, il ne dénote absolument pas en interprétant son personnage avec un bagout certain. Il parvient à transmettre des émotions par la seule force de ses regards qui lui confère une palette d’émotions impressionnantes.

Il démontre une nouvelle fois toutes ses capacités dans « Gilbert Grape » de Lasse Hallström. Aux côtés de Johnny Depp, il interprète un ado déficient mental de manière ahurissante, notamment par sa gestuelle qu’il imprègne de divers tics (doigt frappant le nez, lèvre supérieure retroussée…), afin d’illustrer au mieux la pathologie de son personnage.

Une véritable révélation pour le public qui découvre un acteur intense et capable de se mettre dans la peau de son personnage à un point presque déconcertant. Pour couronner sa brillante performance, il se voit déjà nommé en 1994 pour le titre de « Meilleur acteur dans second rôle » aux Golden Globes et aux Oscars.

Après la révélation vient alors une étape déterminante dans la carrière d’un acteur : celle de la confirmation. Pour ce faire, le jeune acteur décide de se diversifier dans ses choix de projets. Se montrant des plus insatiable, il enchaîne pas moins de quatre films sur la seule année 1995. On le retrouve d’abord dans la peau du poète Arthur Rimbaud dans « Rimbaud Verlaine ». Il incarne ensuite un jeune toxicomane dans « Basketball Diaries », adaptation du livre autobiographique du poète et musicien new-yorkais Jim Carrol. Il s’attaque également au western avec « Mort ou vif » de Sam Raimi où il donne la réplique à Sharon Stone et Russell Crowe. Il conclut l’année avec le drame familial « Simples Secrets » pour lequel il retrouve De Niro en plus de Meryl Steep et Diane Keaton.

Malgré ces nombreux rôles de bonnes factures, c’est avec une autre œuvre qu’il parvient vraiment à confirmer tout son potentiel. En 1996, il fait forte impression dans « Roméo + Juliette », adaptation déjantée de la célèbre pièce de William Shakespeare, mis en scène par l’australien Baz Luhrman.

  • « Je suis le roi du monde! »

Leonardo DiCaprio va alors atteindre définitivement le rang de star mondiale, et ce grâce à un naufrage. Le voilà qui embarque dans le mythique paquebot du Titanic pour le film du même nom réalisé par James Cameron, devenu culte depuis maintenant deux décennies. Drame romantique en plus d’être un pamphlet de la lutte des classes, « Titanic » doit en partie son succès à la partition de l’acteur qui allie force et sensibilité. Son duo avec l’anglaise Kate Winslet n’y est pas étranger non plus. Si le bateau coule, amassant au passage 11 Oscars, la carrière de Leo décolle.

Son rôle de Jack Dawson dans le film de Cameron fait de lui un des acteurs, si pas l’acteur le plus demandé du moment. En 1998, il tient le double rôle du roi Louis XIV et de son frère jumeau ennemi juré dans « L’Homme au masque de fer » (1998) de Randall Wallace. Il rejoint ensuite les français Guillaume Canet et Virginie Ledoyen dans « La Plage » (2000) de Danny Boyle où il joue un jeune homme avide d’aventure qui, de par son égocentrisme, va mettre fin à une communauté hédoniste.

Le film de Boyle marque un certain tournant dans la carrière de l’acteur qui va incarner des personnages plus ambigus. Et qui de mieux que les réalisateurs de légende que sont Spielberg et Scorsese pour lui confier des rôles complexes.

Pour le premier nommé, il prend part à « Arrête-moi si tu peux » (2002) dans lequel incarne avec brio l’escroc Frank Abagnale Jr. recherché par la justice américaine, pour avoir escroqué plusieurs millions de dollars en usurpant plusieurs identités. Face à lui, une autre pointure du cinéma, le brillant Tom Hanks.

Avec le second nommé, c’est une grande complicité qui va naître. Sur les conseils de Robert De Niro, le réalisateur offre à DiCaprio un rôle dans son nouveau projet « Gangs of New-York » (2003). Donnant la réplique à un de ses modèles en matière de jeu, Daniel Day-Lewis, il est excellent dans son interprétation d’un jeune membre du gang des irlandais avide de vengeance envers le bourreau de son père. En plus de lui conférer une grande crédibilité à Hollywood, le film marque le début d’une fructueuse collaboration avec Scorsese dont il devient le nouvel acteur fétiche, succédant en quelques sortes à De Niro.

Deux nouvelles collaborations vont naître avec le réalisateur des « Affranchis », à chaque fois excellentes entre les deux hommes. En 2005, il prête ses traits à Howard Hughes dans « Aviator ». Le film retrace une partie de la vie de ce dernier, du début de son film « Les Anges de l’enfer » jusqu’au vol de son avion fétiche. Son interprétation du tumultueux homme d’affaires où il donne de sa personne pour rendre crédible les multiples TOC de ce dernier est une nouvelle fois d’une grande justesse.

Dans leur troisième collaboration « Les Infiltrés » (2006), il incarne le jeune flic infiltré dans la mafia irlandaise de Boston, Billy Costigan ; à contrario, son partenaire d’écran, Matt Damon, joue un jeune flic corrompu à la solde de Franck Costello (le toujours génialissime Jack Nicholson), le chef de la pègre. Le long métrage est encensé par la critique, raflant pas moins de quatre statuettes aux Oscars. Une scène en particulier à grandement marqué les esprits, un face à face d’anthologie entre DiCaprio et Nicholson restée dans les annales du cinéma.

L’année suivante sort « Blood Diamond » d’Edward Zwick, où il interprète un trafiquant de diamants en Sierra Leone. Un film plus que jamais au cœur des réalités africaines que sont les mines de diamants. Une immersion intense dans un univers de dangers et de banditisme dans lequel l’acteur s’intègre à merveille, usant de son talent pour endosser ce rôle. Une prestation qui lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars dans la catégorie « meilleur acteur ».

Dix ans après « Titanic », il retrouve Kate Winslet dans « Les Noces rebelles » (2007), réalisé par le mari de l’actrice à l’époque, Sam Mendes, et adapté du roman « Revolutionary Road » de Richard Yates. En 2008, l’acteur tourne « Mensonges d’État », dirigé par Ridley Scott, un film d’espionnage et d’action qui se déroule au Moyen-Orient et où il partage la vedette avec l’acteur fétiche du réalisateur anglais, Russell Crowe.

Give him an Oscar!

Il est à nouveau à l’affiche d’un film de Scorsese en 2010 avec le thriller psychologique « Shutter Island », adapté du roman de Dennis Lehane. Il livre sans doute une de ses meilleures prestations dans la peau du marshall Teddy Daniels, personnage sous pression, sujet à une paranoïa ambiante, un homme à fleur de peau qui peut se montrer très violent. Un homme brisé qui se perd lui-même dans le monde car il ne veut plus y vivre, un personnage vraiment incroyable de complexité.

La même année, il s’offre une plongée aux confins de son subconscient dans le thriller de science-fiction « Inception » avec Tom Hardy et réalisé par le talentueux Christopher Nolan. Il joue ensuite sous la direction de Clint Eastwood dans le biopic « J. Edgar » dans le rôle-titre de John Edgar Hoover, fondateur du FBI. Un personnage controversé, entre tiraillements personnels et paranoïa. Un rôle intéressant mais un film qui se révélera décevant.

Il fait à nouveau parler tout son talent dans le western spaghetti « Django Unchained » de Quentin Tarantino. Donnant la réplique à Jamie Foxx et à Christoph Waltz, il se distingue dans la peau d’un négrier implacable et imprévisible grâce notamment à son sens de l’improvisation : lors du tournage de la scène du dîner, ii se blesse sévèrement à la main en brisant un verre et continue malgré tout la scène, déclamant ses répliques et incluant même cette « erreur » dans la séquence en touchant l’actrice Kerry Washington avec cette main lui laissant quelques traces de sang, ajoutant encore plus de tension à ce moment. Une performance qui fut saluée par l’équipe du film et par les critiques une fois l’anecdote révélée.

Il retrouve par la suite un des premiers réalisateurs à lui avoir donner sa chance en la personne de Baz Luhrman pour l’adaptation du roman « Gatsby le magnifique » (2013) de Francis Scott Fitzgerald. Dans la peau de l’exubérant mais mystérieux Jay Gatsby, il dégage quelque chose qu’aucun autre acteur n’aurait su retranscrire aussi bien que lui. Une sorte d’assurance très propre à ce film et à ce personnage qui lui sied à ravir. Dans cette splendide adaptation, DiCaprio à l’occasion de donner la réplique à son grand ami Tobey Maguire qu’il a rencontré sur le tournage de la série « Parenthood », plus de vingt ans auparavant.

La même année, il retrouve une énième fois son mentor, Martin Scorsese pour « Le Loup de Wall Street », pour un rôle qui doit lui permettre de décrocher l’Oscar qu’il convoite tant. Dans ce film qui rappelle d’autres œuvres du réalisateur comme « Les Affranchis » ou « Casino » dans sa conception, DiCaprio livre une prestation dingue qui plaide en sa faveur pour la statuette en or qu’il désire tant. Dans la peau du trader Jordan Belfort, il délivre sans doute la performance la plus aboutie de sa carrière.

Parti grand favori pour l’obtention du précieux sésame, il se fait coiffer sur le poteau par Matthew McConaughey, récompensé pour sa remarquable performance dans « Dallas Buyers Club ». Ce n’est que partie remise pour notre ami Leo. S’investir physiquement parlant dans un rôle est souvent gage de récompense et le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu lui donne cette occasion de le faire avec « The Revenant » (2016) aux côtés de Tom Hardy. Son interprétation du trappeur Hugh Glass, luttant pour sa survie dans une nature hostile, nous offrant des scènes à la limite du malaise, est poignante et marque considérablement les esprits. 

Après quatre nominations, il décroche enfin le graal à la 88e cérémonie des Oscars, le 28 février 2016. Un Oscar du « meilleur acteur » qui ne souffre d’aucune contestation et vient en quelques sortes récompenser l’ensemble de son œuvre. Leonardo DiCaprio est l’auteur d’une carrière brillante ; alliant un talent inné à des choix de carrière justes, il est devenu par l’implication qu’il met dans ses rôles, une des valeurs sûres du cinéma hollywoodien à l’instar des stars d’hier qu’il affectionnait tant.

En plus d’être occupé à se bâtir une sublime filmographie, DiCaprio met à profit sa notoriété pour soutenir de nobles causes comme la sauvegarde de l’environnement ou la famine infantile. Il était un des plus fervent s soutiens à l’ancien vice-président et écologiste Al Gore, il a notamment produit des documentaires avec ce dernier comme le très réussi « Avant le déluge » sorti en 2016, qui cherche à éveiller les consciences sur le réchauffement climatique.

Étant très exigeant avec lui-même, il ne tourne plus de films à une fréquence effrénée comme à ses débuts, préférant mettre son talent au service de réalisateurs réputés. Plus de trois ans après son dernier rôle dans « The Revenant », il fut à l’affiche du nouveau Tarantino « Once Upon a Time in Hollywood », aux côtés de Brad Pitt et Al Pacino parmi un casting cinq étoiles, sorti en août dernier.

Comme tout grand acteur qui se respecte, il sait se faire désirer par son public qu’il déçoit très rarement, et cela pour notre plus grand plaisir.

 Damien Monami – Le 11 novembre 2018

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