Une étoile incorruptible

Kevin Costner

Les dernières années du XXe siècle ont vu une multitude de petits garçons se faire appeler Kevin, un prénom popularisé par un homme… un certain Kevin Costner, personnalité phare du cinéma mondial. Il est l’un des acteurs les plus doués de sa génération, aussi bien devant que derrière la caméra, et compte parmi les plus grandes stars des années 80 et 90 ; deux décennies au cours desquelles il enchaîne les succès avec talent.

Cet amour du public, il le doit en grande partie à son rôle dans le magnifique « Danse avec les loups » qu’il réalise en 1990. Tout au long de sa carrière, il s’est distingué par son jeu sobre et épuré qu’il a pu mettre au service de cinéastes renommés comme Brian De Palma, Oliver Stone ou encore Clint Eastwood.

Un acteur certes brillant mais dont la carrière a connu un déclin considérable au tournant du nouveau millénaire où il se fait bien trop discret. Il tente pourtant depuis quelques années de revenir sur le devant de la scène mais n’a plus jamais retrouvé le succès et l’aura qu’il connut vingt ans auparavant.

Retour sur un parcours fulgurant jalonné de succès.

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© Photo by Ricardo DeAratanha / Los Angeles Times
  • Petite bio :

Kevin Costner est né le 18 janvier 1955 à Lynwood, une petite ville ouvrière située dans la banlieue de Los Angeles en Californie. Sa famille possède des origines allemandes et britannique mais son père, d’origine cherokee (indienne) et était réparateur dans la compagnie d’électricité Edison, quant à sa mère, elle était assistante sociale.

Le jeune Kevin grandit au gré des affectations de son père qui déménage beaucoup pour son travail. Médiocre écolier, l’adolescent se réfugie dans le sport, compensant sa petite taille par la musculation, s’adonnant également à la poésie. « A l’époque, reconnaît-il, je ne m’imaginais pas acteur, je me rêvais plutôt écrivain. » disait-il.  

Lorsqu’il sort du lycée, le futur acteur décide de suivre des cours de marketing à l’Université de Fullerton, et, durant sa dernière année d’études, rejoint la South Coast Actor’s Coop. Au cours de ses études, il développe un certain intérêt pour le théâtre. Il décroche d’ailleurs un petit rôle dans « Sizzle Beach » en 1974 (sorti chez nous en 1987). 

Après avoir obtenu son diplôme universitaire en 1978, Costner travaille d’abord comme menuisier pour ensuite trouver un emploi en coulisses comme chef d’orchestre pour les studios Raleigh pendant un certain temps. Il fait également une brève incursion dans le monde des affaires mais ne parvient pas à s’y épanouir. Peu après, il est engagé comme régisseur aux Studios Raleigh de Los Angeles, tout en poursuivant sa formation dans de petits ateliers théâtraux.

Finalement c’est sa rencontre fortuite avec Richard Burton en 1978 qu’il décide de vraiment devenir un acteur à part entière.

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Postman © Copyright 1997 - Warner Bros.

En attendant des rôles substantiels et la mise en route du premier de ses sept enfants, Costner gagne sa vie en travaillant sur des bateaux de pêche ou en faisant visiter aux touristes l’abord des maisons de stars hollywoodiennes.

La scène devient vite trop petite pour lui, Kevin Costner est à l’époque un jeune homme ambitieux qui en veut, il enchaîne les castings afin de décrocher un rôle au cinéma. Il fait preuve d’une abnégation sans faille malgré les nombreux refus qu’il essuie, les rares petits rôles qu’il obtient, trop conventionnels, ne lui permettent pas de se démarquer des autres jeunes premiers.

Il lui faut un petit coup de pouce du destin pour enfin attirer l’attention des studios… après avoir enfin décroché son premier rôle en 1981 dans un film à petit budget, « Malibu Hot Summer » de Richard Brander suivi d’une fugace participation dans la comédie « Les Croque-morts en folie » de Ron Howard, il prend ensuite part en 1982 au tournage de « Frances », de Graeme Clifford. Sa prestation sera hélas coupée au montage, tout comme celle (dans le rôle du mort) des « Copains d’abord », de Lawrence Kasdan deux ans plus tard.  Si elle n’apparaît pas dans le film, la scène en question va quand même faire le tour des agences de casting et lui permettre de se faire remarquer. Après un premier succès marquant dans le film de Lynne Littman, « Le dernier testament », il obtient le rôle-titre dans « Une bringue d’enfer » de Kevin Reynolds avec lequel il retravaillera à quatre reprises par la suite.

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Kevin Costner après son sacre aux Oscars 1991 pour "Danse avec les loups".

La comédie dramatique produite par Steven Spielberg rencontre le succès et convainc Kasdan de lui offrir à nouveau sa chance en lui confiant un des rôles principaux de son western « Silverado ». Son étoile brille une première fois, en 1985, grâce à son personnage de hors-la-loi, il commence alors par cultiver une image de macho. Kevin rechigne, désireux d’explorer d’autres terrains où son physique avenant ne serait pas sa seule qualité. 

En 1987 « Les Incorruptibles », de Brian De Palma et « Sens unique » de Roger Donaldson lui valent le titre de « Star de demain » par la National Association of Theater Owners. « Duo à trois » de Ron Shelton, et « Jusqu’au bout du rêve » de Phil Alden Robinson conforteront encore sa réputation et sa popularité. Sa carrière est cette fois-ci lancée sur les bons rails et il ne faut pas longtemps avant qu’il ne s’impose comme une valeur-sûre d’Hollywood… 

Retour sur ses performances les plus marquantes !

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Duo à trois © 1988 Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc.

10. «Waterworld » (1997) de Kevin Reynolds :

Le film : Le monde s’est transformé en un immense océan. Dans des embarcations délabrées et dans des villes flottantes improvisées appelées, les atolls, on lutte dans l’espoir de trouver un jour le Dryland mythique. Deacon, le chef de la bande des pirates, attaque l’atoll où habitent la jeune Enola et Helen se mère adoptive. Mais Mariner, un vagabond, découvre que la jeune Enola possède un trésor qui peut le monde.

L’un des plus gros flops de l’histoire, qui est curieusement, l’une des œuvres les plus appréciés de la filmographie de Costner, devenu un mythe de la pop-culture pour son côté kitch. A sa sortie, ce « Mad Max » des mers était le film le plus onéreux de l’histoire du cinéma (détrôné dès l’année suivante par « Titanic ») et un échec commercial retentissant qui mis à mal la carrière du comédien.

Avec le recul, « Waterworld », comme son cousin « Postman », occupe une place bien particulière au sein du cinéma américain des années 1990. Sorte d’apothéose héroïque pour Kevin Costner, le film célèbre les grands mythes du western à l’ère du post-apocalyptique. Un éternel incompris.

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© 1995 Universal Pictures

9. « Bodyguard» (1992) de Mick Jackson :

Le film : Frank Farmer, ancien agent des services secrets, est un garde du corps emerite qui a mis ses talents à la disposition de deux presidents et de nombreux financiers et politiciens de reputation internationale. Un jour l’impresario Bill Devaney lui propose un contrat avantageux pour assurer la protection de sa cliente Rachel, comedienne et chanteuse en pleine ascension, menacée par un fan inconnu.

Ce thriller romantique a été l’un des plus grands succès de 1992 et venait en quelques sortes conclure les deux meilleures années de sa carrière. Il y forme un duo étonnant avec la sulfureuse Whitney Houston : il incarne Frank Farmer, un des meilleurs gardes du corps américains qui accepte avec réticence un contrat pour la protection de Rachel Marron, une chanteuse menacée par un fan. Il ne veut pas travailler pour une pop star superficielle. Elle pense qu’il est un peu grognon. C’est une formule qui ne peut pas échouer.

Costner et Houston ont une très bonne alchimie une fois que leurs personnages mettent leur animosité de côté. La sensibilité de Costner est bien utilisée dans cette histoire d’amour considérée comme ringard à sa sortie mais qui a pris une dimension culte au fil des années.

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© 1992 - Warner Bros.

8. « Wyatt Earp » (1994) de Lawrence Kasdan :

Le film : Wyatt Earp a passé toute sa jeunesse entouré d’avocats et c’est pourquoi il s’est lancé dans une licence de droit. Un jour, l’amour de sa vie, Urilla, décède et cette nouvelle l’anéantit totalement. Parti alors s’installer à Dodge City, il y devient le shérif et s’entoure de ses frères pour faire régner la loi. Fort de son expérience et de sa réputation de franc-tireur, Wyatt Earp est craint dans tout l’Ouest, sauf par le clan des Canton, son ennemi juré.

Premier échec de la carrière de Costner, injustement éclipsé par l’explosif « Tombstone », projet rival auquel Costner était lié à l’origine, « Wyatt Earp » n’en demeure pas moins un honorable western et une évocation pertinente d’Earp, fameux protagoniste de l’Histoire de l’Ouest, connu pour sa participation héroïque à la fusillade d’O.K. Corral.

Costner signe une performance calme, mesurée et confiante dans ce récit dont la profondeur et le sérieux a paradoxalement causé la perte. Si le film souffre il est vrai de sa trop longue durée, son sens du détail de « l’époque » est indéniable conforte « Wyatt Earp » comme une œuvre juste et authentique que ne renierait pas John Ford.

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© 1994 - Warner Bros

7. « Open Range » (2003) de lui-même :

Le film : Charley, Boss, Mose et Button, quatre cow-boys, convoient du bétail à travers la prairie. Ils arrivent en vue d’Harmonville, petite ville tombée sous la coupe de Baxter, propriétaire terrien tyrannique qui s’est assuré le soutien du shérif Poole. Un jour qu’il se rend seul en ville, Mose est passé à tabac par les hommes de Baxter. Charley et Boss viennent le récupérer. Ils se rendent compte que Baxter les provoque et veut les faire plier devant son autorité.

C’est le dernier film que Costner a réalisé et s’il n’a pas l’aura de « Danse avec les loups », il vaut tout autant le détour. Connu pour être, à l’instar de Clint Eastwood, un des derniers Mohicans du western traditionnel, il signe un western crépusculaire dans lequel il incarne un ancien soldat, devenu fermier, qui essaie de se détourner de sa violence passée mais qui doit faire équipe avec un cow-boy nommé Boss (fantastique Robert Duvall) pour faire tomber un méchant éleveur. 

Il s’agit d’un des personnages les plus sombres que Costner ait jamais joué, un homme bon mais un tueur de sang-froid quand il le faut, en quête de rédemption. Si le pitch n’a rien de révolutionnaire, « Open Range » est visuellement somptueux et sans cesse palpitant, notamment grâce au personnage de Charley Waite, taillé sur mesure et qui rappelle à bien des égards celui de William Munny, que tenait Eastwood dans le crépusculaire « Impitoyable ». 

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Chris LARGE - © 2004 Tig Productions / Cobalt Media Group / Beacon Pictures

6. « Jusqu’au bout du rêve » (1989) de Phil Alden Robinson :

Le film : Ray Kinsella, un fermier de 36 ans, vit dans l’Iowa avec sa femme, Annie, et leur fille, Karin. Il est hanté par le souvenir de son père, un homme passionné de base-ball, qu’il a quitté à l’âge de 17 ans et qu’il n’a plus jamais revu vivant. Un soir d’été, dans son champ de maïs, il entend une voix lui dire : « Si tu le construis, il viendra ».

Passionné de sport et particulièrement de baseball, c’est à travers son métier d’acteur que Costner témoigne de son amour de la batte avec, fin des eighties, deux classiques du genre comme « Duo à trois » (1988) et surtout, « Jusqu’au bout du rêve », qu’il tourne l’année suivante. Il y incarne Ray, un fermier ordinaire de l’Iowa qu’une voix céleste convainc qu’il doit construire un terrain de baseball au milieu de son champ de maïs pour faire venir les fantômes de l’équipe damnée des Red Sox de 1919. 

Ce drame capraesque est, dans un genre proche, presque aussi adoré et culte aux USA que « Les Évadés », Le lien intense du public avec Costner est au cœur de son attrait. En tant que père de famille au bon cœur et au bon sens, qui doit se défaire de sa colère envers son père décédé, Costner incarne l’esprit de fils prodigues de tant d’hommes américains qui rejettent leur père pour se réconcilier avec lui des années plus tard.

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© 1989 - Universal Pictures

5. « Robin des bois, prince des voleurs » (1991) de Kevin Reynolds :

Le film : Nous sommes au XIIIe siècle. De tous les Croisés anglais qui accompagnent le roi Richard Ier (Coeur de lion), beaucoup meurent ou sont faits prisonniers en Orient. Robin de Locksley réussit à s’évader en compagnie d’un noble Turc, Azeem, auquel il a sauvé la vie. Revenu en Angleterre avec Azeem, Robin trouve son château détruit et son père pendu. En l’absence du roi, toute la région a été mise à sac par le cruel shérif de Nottingham.

A peine sorti de l’uniforme du lieutenant John Dunbar de « Danse avec les loups», que Kevin Costner enchaîne avec un autre film culte des nineties et revisite le mythe du héros de Sherwood. Robin est ici considéré selon une version moins habituelle de la légende, où il est décrit comme un brigand. On est loin de la version en collants verts et petit chapeau à plumes d’Errol Flynn, le héros est ici un chevalier médiéval qui se place en vrai redresseur de torts, il revient des croisades, paumé et démuni, il va apprendre la noblesse du cœur et l’héroïsme.

La star resplendit de décontraction avec son sourire enjôleur et son regard pétillant qui faisait alors fondre toutes les femmes du monde, Kevin fait du Coster et incarne brillamment ce personnage légendaire. Acteur impeccable, il incarne Robin avec une justesse presque juvénile tout en restant crédible. Une performance d’autant plus impressionnante lorsqu’on sait que l’acteur n’a accepté de jouer Robin que trois jours avant le début du tournage et sans avoir lu le script. On appréciera d’autant plus l’apparition du regretté Sean Connery en Richard Cœur de Lion.

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© 1991 - Warner Bros.

4. « JFK »  (1991) d’Oliver Stone :

Le film : Suite à l’assassinat du président John F. Kennedy, le procureur Jim Garrison remet en cause le rapport du commissaire Warren. Ce dernier avait clôturé l’affaire en trouvant le parfait coupable, Lee Harvey Oswald. Pour Garrisson, il est impossible que l’homme ait agi seul. Persuadé qu’un complot se trame, Garrison explore des pistes occultées et comprend vite que la CIA, le FBI et le Pentagone ont joué un rôle déterminant dans cette affaire.

L’assassinat du président Kennedy en 1963 à considérablement marqué l’histoire des États-Unis, tout comme l’enquête qui en a découlé. Suffisant pour que l’engagé Oliver Stone s’en empare et offre à Costner le rôle du procureur de la Nouvelle Orléans, Jim Garrison qui remet en cause le rapport incriminant le seul Lee Harvey Oswald. Persuadé qu’un complot se trame, Garrison explore des pistes occultées et comprend vite que la CIA, le FBI et le Pentagone ont joué un rôle déterminant dans cette affaire. Prêt à tout pour faire éclater la vérité au grand jour, le procureur devient très vite l’homme à abattre.

Dans ce puzzle étourdissant, l’acteur californien incarne avec conviction son personnage, porte-parole des plus beaux idéaux et défenseur de la vérité. S’il a une opinion contraire à celle de Garrison, cela ne l’empêche aucunement d’illuminer l’écran durant trois heures, Costner personnifie comme peu d’acteurs la conscience d’un pays, en un regard, une réplique cinglante : « il faut que justice soit faite, même si le ciel s’écroule ». Une performance qui lui vaut une nomination au Golden Globe du « meilleur acteur ».

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© 1991 Warner Bros.

3. « Un monde parfait » (1993) de Clint Eastwood :

Le film : En 1963, un policier du Texas poursuit Butch Haynes et Terry Pugh, deux dangereux voleurs récidivistes en cavale. Ces derniers ont pris en otage, un jeune témoin de Jehovah de sept ans du nom de Phillipe qui, le temps de cette folle équipée, va devenir leur ami.

Devenu invulnérable à Hollywood, Costner est au sommet au milieu des années nonante, tout le monde se l’arrache, y compris l’immense Clint Eastwood qui voit en lui l’acteur idéal pour son nouveau film, à la fois sensible et charismatique. Dans ce road-movie tragique, il incarne à la perfection ce personnage de Butch, un kidnappeur idéaliste qui se prend d’affection pour le jeune enfant témoin de Jéhovah qu’il vient d’enlever.

« Un monde parfait », c’est la rencontre entre deux géants du cinéma hollywoodien à leur apogée, c’est une histoire de pères et de fils, ou plutôt de figures paternelles et d’enfance. Ce sont souvent les expériences de notre jeunesse qui font de nous les adultes que nous devenons. Cette notion est au cœur du long métrage et nous laisse nous questionner face à nos propres choix, aux choses qui nous ont façonné.

La mise en scène d’Eastwood prend le parti de dépeindre avec mélancolie des marginaux et offre l’un de ses plus beaux rôles à Kevin Costner.

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Photo by Warner Bros./Getty Images - © 2012 Getty Images

2. « Les Incorruptibles » (1987) de Brian De Palma :


En 1987, Kevin Costner obtient un premier rôle significatif, il est choisi par De Palma pour endosser le costume d’Elliot Ness, il entre avec aisance dans la peau du plus intraitable des flics de l’histoire de Chicago. 

Nous sommes dans les années trente, lors de la prohibition, Al Capone règne en maître absolu sur le réseau de vente illégale d’alcool. Décidé à mettre un terme au trafic et à confondre Al Capone, l’agent Eliot Ness recrute trois hommes de confiance, aussi intraitables que lui. Ensemble, les quatre incorruptibles partent en guerre contre le gang de Capone. Très librement inspiré des mémoires de Eliott Ness, le film explore la genèse de l’équipe formée par Ness

Il affirme littéralement Kevin Costner, au rang de star, celui-ci livre une prestation sobre et sans complexe, il est l’incarnation parfaite du flic intègre voyant ses illusions mis à mal et tient la dragée haute aux pointures que sont Robert De Niro, qui impressionne en Al Capone, et Sean Connery, qui raflera un Oscar pour son rôle de vieux briscard.

© 1987 Paramount Pictures

1.« Danse avec les loups » (1990) de lui-même :

Le film : Dans un avant-poste de l’Ouest américain, la vie d’un soldat est transformée au contact d’une tribu indienne.

Les acteurs qui se sont essayé à la réalisation sont légion mais peu peuvent se targuer d’avoir connu un premier essai aussi impressionnant En 1990, il entreprend d’adapter le roman de son ami Michael Blake et signe un western d’anthologie qui retrace l’histoire de John Dunbar un officier de la guerre de Sécession muté dans un fort abandonné de l’ouest sauvage où ses seuls compagnons sont un loup solitaire et son cheval, jusqu’à sa rencontre avec la tribu sioux qui vit aux alentours.

Le néo-réalisateur qu’il était tentait un pari risqué avec une durée de plus de trois heures et en confiant à de véritables Amérindiens les rôles des Sioux mais le résultat est à la mesure de ses ambitions et remporte la bagatelle de sept Oscars, dont meilleur film et meilleur réalisateur.

« Danse avec les Loups » est une magnifique ode à la tolérance qui suit le parcours d’un homme déboussolé dont une rencontre va modifier les certitudes et la perception du monde. C’est une œuvre poignante emplie de beauté, d’humanité et de liberté, au milieu d’un majestueux hymne à la nature et à l’environnement. Un véritable hommage aux populations amérindiennes rendu par Costner à ses origines et sans conteste son film le plus mémorable.

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© 1990 MGM
  • Auraient pu être cités :

Ce classement est bien sûr subjectif, d’autres œuvres auraient sans doute mérité d’être mentionnées tant la filmographie de l’acteur/réalisateur est riche et variée : des drames sportifs comme « Le Prix de l’Exploit » (1985), « Tin Cup » (1986)  ou encore « Pour l’amour du jeu » de Sam. Raimi en 1999 ; des blockbusters d’actions tel que « Sens unique » (1987) et « Man of Steel » où il incarne en 2014 le père adoptif de Superman ; les comédies romantiques « Duo à trois » en 1988, « Une bouteille à la mer » dix ans plus tard ; des thrillers comme « Vengeance » (1990), « Mr. Brooks » (1996) et plus récemment l’intéressant « The Highwaymen » sorti en 2019 sur Netflix ; retenons également le drame sociétal « The Company Men » en 2010 et le féministe « Les figures de l’ombre » un des succès de 2016. Kevin Costner a également fait son petit bonhomme de chemin sur le petit écran avec deux excellentes séries comme « Hatfields & McCoys » sur la chaîne History ou encore « Yellowstone » l’excellente série créée par Taylor Sheridan.

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Yellowstone © 2019 - Paramount Network

S’il n’est plus la star planétaire qu’il fut auparavant, Kevin Costner reste un acteur accompli et un réalisateur qui a su se démarquer des autres à travers une filmographie diverse couronnée de nombreux succès mais également de quelques déceptions. Pour toute une génération, il conserve malgré tout l’image du gendre idéal, du papa modèle et du boyscout qu’on aurait tous aimé être.

Quoi qu’il en soit, il reste une légende du septième art, une icône d’Hollywood, un acteur exigeant et perfectionniste qui nous a enchanté avec des films incontournables pour tous les amateurs de cinéma, des moments d’anthologie que l’on visionne toujours avec le même plaisir. 

Damien Monami & Julien Legrand – 18 janvier 2021

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