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« Croire » en un improbable futur !

Raised By Wolves

On a vu pour vous « Raised by Wolves » une série de science-fiction parmi les plus innovantes de la fin de cette décennie. Une étrange et déroutante plongée dans un futur alternatif, sublimement mise en images par Ridley Scott qui signe ici sa première réalisation d’une série TV.

« Raised By Wolves » diffusé actuellement sur la plateforme américaine HBO Max  et bientôt sur Warner en France est une œuvre à part, exigeante et qui se mérite.

Synopsis :

Dans un futur alternatif, aux environs de l’an 2200. La Terre n’est plus habitable après des années de guerre nucléaire entre l’église des Mithraic, qui vénère le Dieu Sol, et des rebelles athées, qui ne croient pas en un être supérieur.  Des vaisseaux sont envoyés vers une exo-planète nommée Kepler-22b. La navette des athées arrive en premier sur ce caillou inhospitalier mais habitable à 587 années-lumière de la Terre. Deux androïdes non croyants, Mother (Amanda Collin) et Father (Abubakar Salim) vont s’établir et donner naissance à six enfants issus d’embryons humains et tenter de créer une toute nouvelle civilisation, sans religion, sur ce monde peu accueillant…

Aux manettes d’ un casting très international, Ivy Wong, Abubakar Salim, l’Australien barbu Travis Fimmel (Ragnar dans la série « Vikings ») , la Danoise Amanda Collin , l’Irlandaise Niamh Algar (« Calm with horses ») ou encore Matias Varela (qu’on verra bientôt dans « 477 days ») ; Aaron Guzikowski (qui fut le scénariste du « Prisoners » de Denis Villeneuve) est l’excellent auteur de cette histoire d’anticipation envoûtante qui pose bien des questions métaphysiques sur la survie des espèces, l’athéisme et l’obsession du Divin, sans parler de l’humanisation extrême d’androïdes devenus géniteurs.

Une multitude des thèmes chers à la science-fiction qui ne pouvaient que trouver un  large écho chez Ridley Scott. Des thèmes que le réalisateur avaient déjà traités sous diverses formes tant dans « Prometheus », que dans « Blade Runner ».

Autre élément fondateur de cette mini-série de 5 épisodes et acteur à part entière de cette refondation, Kepler-22b. Cette planète habitable existe bel et bien et fut découverte par la NASA en 2011. Dès l’installation sur ce gros caillou stérile à la végétation maigre et rabougrie, le ton est donné, l’ambiance est d’une grisaille étouffante et brutale tandis que Mother tente d’y élever les derniers rescapés humains avec un amour très robotique qui n’augure pas une issue favorable…

 il est difficile d’anticiper les orientations de « Raised By Wolves » et ses développements. Très loin d’un scénario de science-fiction classique, la série impose son tempo et assume son imprévisibilité, portée par son duo incroyable d’humanoïdes dont les objectifs semblent au-delà de notre vision cartésienne des choses. Mother est, sans conteste depuis Ripley (Sigourney Weaver « Alien »), une des héroïnes de Science-Fiction les plus intéressantes  imaginée.

Celui qui apprécie la Science-Fiction trouvera ici sujet à bien des réflexions métaphysiques et existentielles, l’amoureux de Ridley Scott appréciera une mise en images de grande qualité et un scénario très original et remarquablement abouti du showrunner Aaron Guzikowski. Pourtant la grande révélation de la série, c’est Amanda Collin (« Les enquêtes du Département V » ; « Délivrance »), c’est elle qui prête sa silhouette androgyne à Mother, impressionnante avec ses traits glacés et autoritaires.

Une belle série qui réinvente la Création, admirablement mise en scène ; une œuvre de Science-Fiction que ne renieraient ni Robert Silverberg (l’auteur de « La tour de verre » et de « L’homme dans le labyrinthe ») ni Arthur C. Clarke (l’auteur de « 2001 l’odyssée de l’espace »).

Note : 7,5/10

Yves Legrand – Le 27 septembre 2020

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