Le Maître de L’Entertainment !

Steven Spielberg

Un aventurier du Septième Art, un grand rêveur, son seul nom sur une affiche fait se déplacer les foules et rime avec succès. Le cinéaste le plus populaire au monde depuis plus de quarante ans fête son anniversaire aujourd’hui. Malgré son âge avancé, Steven Spielberg n’a rien perdu de son âme d’enfant comme le prouve son dernier film « Ready Player One » et le cinéma l’en remercie.

Il est temps pour ScreenTune de mettre à l’honneur l’un, si ce n’est le plus grand cinéaste de tous les temps.

Dresser un top 10 des œuvres de Spielberg est une tâche ardue. Pourquoi me direz-vous ? Et bien parce que le réalisateur à la casquette est le patron, que dire, le maître du cinéma à grand spectacle. Spielberg est à la fois un réalisateur de succès commerciaux monstrueux (« Jurassic Park », « Indiana Jones », …) mais il est également capable de mettre en scène de fantastiques films d’auteurs (« La Liste de Schindler », « Munich », « Il faut sauver le soldat Ryan », …)

Il est assurément un des cinéastes les plus polyvalents (et prolifiques) du Septième Art.

Spielberg n’a jamais souhaité sacrifier son idéal cinématographique sur l’autel de la planche à billet vert, en résulte une filmographie exceptionnelle, celle d’un artisan passionnant, d’un génie ordinaire aux capacités exceptionnelles.

Nous allons nous risquer à établir un top 10 des films du cinéaste, ne nous en voulez pas si vous ne retrouvez pas votre œuvre préférée. Nous avons tous notre Spielberg favori !

Un Spielberg, c’est toujours un événement. Le fils aîné de trois sœurs d’une mère pianiste et d’un père ingénieur informatique de Cincinatti dans l’Ohio a, depuis le 18 décembre 1946 qui l’a vu naître, parcouru un chemin exceptionnel.

De sa jeunesse et ses premiers courts métrages expérimentaux à 6 ans avec sa caméra Super 8 à l’aura qu’il possède aujourd’hui à Hollywood, Spielberg est tout simplement devenu le maître de l’entertainment.

Une envie de divertir le plus grand nombre qui le fit débuter très tôt dans le cinéma en signant et réalisant, à 16 ans à peine, « Fireflight », son premier film dont le budget ne dépassa pas les 600 dollars et dont les recettes furent quasiment inexistantes. Et puis il y a cette envie de prendre le cinéma comme un jeu, d’en faire, selon ses propres mots, une « récréation », de sauter d’une case à l’autre, de faire rêver le public, mais aussi, et peut- être surtout, de continuer à rêver lui- même.

En 1968, un propriétaire de labo lui prête 10 000 dollars afin de réaliser un premier court-métrage pro. Histoire d’amour de deux auto-stoppeurs, « Amblin » séduit le patron d’Universal Télévision, Sid Sheinberg, qui engage Steven. Lequel se fait les dents sur un épisode de Columbo, avant d’exploser en 1971 avec Duel, traque d’un automobiliste par un camion fou. Conçu comme un téléfilm, ce suspense haletant finit en salles. Le début de la « succes story » que l’on connaît et le début des ennuis pour nous avec le début de notre top 10.

  • Le Top 10 de la rédaction :

10. « Ready Player One » (2018) (notre critique):

« Ready Player One » est un très bon moment de cinéma dans lequel Spielberg pose un profond regard sur sa carrière de cinéaste. Soutenu par une mise en scène d’une maestria indéniable, le metteur en scène signe un nouveau tour de force d’une générosité débordante dans lequel les spectateurs assidus tenteront de débusquer les nombreuses références culturelles présentes à l’écran.

Une aventure colorée dans laquelle Spielberg réveille la nostalgie de notre enfance et qui reprend habilement la magie de certains de ses films pour en distiller les plus belles influences tout en démontrant qu’il est capable de s’adapter au cinéma de son époque. 

Pas un chef d’œuvre mais bien un hommage vibrant à la pop-culture et au cinéma pour notre plus grand plaisir.

9. « Minority Report » (2002) :

Adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick (comme « The Man in the High Castle », « Minority Report » dépeint un futur où les policiers peuvent prévoir les crimes et arrêter les criminels avant qu’ils ne les commettent, puisque « Minority Report » est souvent considéré comme l’un des meilleurs films de science-fiction des 25 dernières années. Spielberg s’approprie à merveille l’œuvre de l’auteur de « Blade Runner » et livre un thriller high-tech prodigieux, magnifiquement illustré et intensément incarné par un Tom Cruise en osmose totale avec son réalisateur. En avance sur son temps, le film ne convoque pas seulement les influences de Hitchcock et Philip K. Dick. Il se nourrit également de toute la maturité artistique du cinéaste acquise jusqu’à présent pour mieux interroger la question du libre arbitre et du déterminisme. Une œuvre remarquable du début à la fin et gorgé de scènes cultes, « Minority Report » est une référence du genre.

8. « Le Terminal » (2005) :

Un film considéré comme mineur pour Spielberg mais qui reste cependant un grand film. L’exploit du cinéaste est de rendre ludique une histoire se déroulant durant pendant plus de 2h dans un aéroport. Ce surprenant succès, le film le doit autant à la performance humaniste de Tom Hanks qu’à l’extraordinaire mise en scène du réalisateur qui semble à ce moment-là de sa carrière avoir gagné encore davantage en fluidité et en maturité. Une œuvre émouvante, lumineuse, galvanisante qui prouve une nouvelle fois le génie de Spielberg pour raconter de belles histoires, le digne héritier de Frank Capra.

7. « Munich» (2006) :

Un grand film audacieux et rutilant voilà comment on pourrait qualifier « Munich ». Une œuvre qui marque clairement la pleine maturité du cinéaste. « Munich » est l’un des films les plus sombres de Spielberg, bouleversant et violent avec cette introduction magnifiquement filmée sur les attentats aux Jeux Olympiques de Munich commis par les terroristes de « Septembre Noir ». Le metteur en scène signe une création ayant l’extrême intelligence de dépasser son sujet pour mieux toucher à l’universel, à savoir la nature humaine et sa tragique propension à répéter sa barbarie.

Un film humaniste de toutes les polémiques pour le réalisateur mais un long métrage exceptionnel dont le dernier plan épuré est tétanisant de vérité car il parvient à transcender ce qui était déjà un très grand film en lançant au spectateur un appel à changer le monde. Magistral !

6. « E.T., l’extraterrestre » (1982) :

Il était forcé d’apparaître dans le classement. Comment ne pas citer E.T. ? Ce film qui a bercé toute une génération, que l’on ne se lasse pas de revoir. Spielberg signe une ode à l’amitié et ravive et capture la magie de l’enfance qui sommeille en chacun de nous. Grâce à des personnages hauts en couleur, le réalisateur de « Jaws » joue parfaitement avec nos sentiments via des scènes magnifiques de tendresses et de tristesses soutenue par la sublime musique de John Williams.

Un film intemporel doublé d’un classique du cinéma hollywoodien qui résume parfaitement le cinéma spielbergien. Un chef d’œuvre qui n’a pas pris une ride en plus 30 ans et qui est resté son plus gros succès commercial (792 millions de dollars de recettes) jusqu’à « Jurassic Park ».

5. « Il faut sauver le soldat Ryan » (1998) :

Le deuxième Oscar de « meilleur réalisateur » pour le cinéaste après celui remporté pour « La Liste de Schindler ». Une vraie prise de risque artistique de la part du réalisateur de « Jurassic Park » qui filme la guerre dans toute son horrible réalité dans un style qui se rapproche souvent du documentaire avec une scène d’ouverture incroyable… Un film de guerre mémorable, intense au possible, porté par des comédiens en état de grâce (Tom Hanks, Matt Damon, …). Spielberg raconte l’Histoire avec ferveur. Une fresque sombre, pessimiste mais humaniste qui dépeint un sommet de violence réaliste, et qui n’a encore aujourd’hui pas pris une ride. Une œuvre qui a remporté 5 Oscars et qui prouve, s’il le fallait encore, l’immense talent de Steven Spielberg. Éprouvant. Inoubliable.

4. « Les Dents de la mer » (1976) :

Le tout premier chef d’œuvre pour Spielberg. Le réalisateur réussit ici l’exploit de terroriser les spectateurs de l’époque, comme Scott avec « Alien » ou Friedkin avec « L’exorciste ». « Les Dents de la mer » est un monument de mise en scène et de séquences d’anthologies (la scène d’ouverture tournée en vue subjective du requin accompagné de l’inquiétante musique de John Williams). Le requin n’est plus ici un simple animal, il devient littéralement une figure renvoyant aux peurs les plus primitives de l’être humain.

Le synopsis du film est si mince (un requin attaque les vacanciers de la Nouvelle-Angleterre) que seul le talent et le génie de Spielberg a réussi à en faire un genre de Moby Dick moderne, et le tout premier blockbuster estival.

Souvent copié, jamais égalé.

3. « Jurassic Park » (1993) :

On s’est déjà attardé plus longuement sur ce chef d’œuvre dans notre critique mais il s’agit du film de Spielberg le plus populaire auprès du public. Et comment l’en blâmer, « Jurassic Park » est une date dans l’Histoire du cinéma et des effets spéciaux. Grâce à ce long métrage, les metteurs en scène réalisèrent alors que leurs plus grands fantasmes liés à l’imaginaire, auparavant impossibles à matérialiser à l’écran, étaient maintenant envisageables. Le meilleur opus de la saga, loin devant les oubliables « Jurassic World » et « Jurassic World : Fallen Kingdom ».

« Jurassic Park » est un chef d’œuvre à couper le souffle prouvant que l’on peut allier spectacle incroyable, richesse visuelle et intelligence dramatique. Une œuvre indémodable dotée d’un vrai scénario, d’acteurs excellents et qui n’a rien perdu de sa magie et de sa puissance évocatrice. Un film qui restera certainement à jamais l’un des plus grands blockbusters de tous les temps et qui n’a toujours pas pris une ride, presque 30 ans après sa réalisation.

2. « La Liste de Schindler » (1993) :

Le film de la consécration pour Spielberg qui reçoit enfin son premier Oscar de « meilleur film » et de « meilleur réalisateur ». Des récompenses plus que méritées pour le travail accompli sur le crépusculaire et humaniste « La liste de Schindler ». Spielberg jette un regard inédit sur la Seconde Guerre mondiale et prouve une fois pour toutes qu’il peut réaliser non seulement des blockbusters, mais aussi de grands films.

Une œuvre esthétiquement époustouflante et tragique, en plus d’être un acte de mémoire et de conscience transcendant, soutenue par la musique envoutante de John Williams et les prestations de Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes.

Un monument à la puissance évocatrice rare. Un chef-d’œuvre d’émotion, bien sûr difficile et indispensable. Un film inscrit dans l’Histoire. Du très grand cinéma. 7 Oscars amplement mérités !

1. « Les Aventuriers de l’arche perdue » (1981) :

La quintessence du film d’aventure. Un personnage emblématique, une mise en scène incroyable, une partition musicale légendaire et une scène d’ouverture absolument dantesque !

Est-ce l’histoire écrite par George Lucas ? L’incroyable charisme de Harrison Ford dans le rôle d’Indiana Jones ? La réalisation de Spielberg ? Toujours est-il que « Les Aventuriers de l’arche perdue » est devenu avec le temps un chef d’œuvre et sa grande influence sur le film d’aventure se fait encore sentir aujourd’hui.

Le long métrage conserve toujours son rythme frénétique. On reste même épaté par la délicate harmonie qui perdure entre l’humour, la violence et le sens épique de cette histoire incroyable. Si Spielberg aime à dire qu’il est encore un grand enfant, la première aventure du Docteur Jones est de loin le film le plus violent de la trilogie, et en ce sens le plus adulte (rappelez-vous le final qui frise le gore). En somme, un premier volet qui sent bon le « pop-corn movie » intelligent, fabriqué à la bonne vieille école du cinéma artisanal.

Ce chef d’œuvre a vraiment sa place dans un musée comme dirait Indy.

  • Ils auraient pu apparaître aussi :
  • « Duel » (1971)
  • « A.I. Intelligence Artificielle » (2001)
  • « Catch Me If You Can » (2002)
  • « La Guerre des mondes » (2005)
  • « Rencontres du troisième type » (1977)

Steven Spielberg possède une filmographie exceptionnelle composée de quelques chefs d’œuvres. En plus de films mythiques, il a aussi offert aux spectateurs de véritables sagas cultes. Avec plus de 9,5 milliards de dollars engendrés depuis la sortie de son premier film en 1971, il est le cinéaste le plus rentable de l’histoire du cinéma.

Au bout du compte, Spielberg n’est-il pas simplement parvenu à concrétiser ses rêves d’enfant ? Et si le petit garçon timide du Midwest, amoureux de son pays, n’était selon le mot de son compositeur John Williams, qu’« un gars sympa et ordinaire qui, lorsqu’il réalise des films, se métamorphose en génie » ? Un maître du cinéma !

Julien Legrand – Le 16 décembre 2018

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur google
Google+
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

contact.screentune@gmail.com

Fermer le menu