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L’art comptant pour rien

Velvet Buzzsaw 

Netflix continue d’attirer les réalisateurs de toutes horizons, après  Alex Garland pour « Annihilation » ou David Mackenzie pour « Outlaw King » et Martin Scorsese avec « The Irishman », voici que le géant du SVOD s’offre Dan Gilroy. Un scénariste reconnu ayant signé les scripts de « Jason Bourne : l’Héritage » avec Matt Damon et « Real Steel » avec Hugh Jackman.

Avec « Velvet Buzzsaw », le cinéaste retrouve Jake Gyllenhaal et Rene Russo après l’excellent « Night Call ». Présenté au Festival de Sundance et disponible exclusivement sur Netflix, ce nouveau long métrage doté d’un casting cinq étoiles s’intéresse au monde de l’art contemporain.

Un nouveau coup de maître pour Netflix et Gilroy ?

Synopsis :

Dans le milieu de l’art contemporain à Los Angeles, artistes et collectionneurs richissimes sont prêts à débourser des fortunes pour des pièces pouvant rapporter gros.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le nouveau long métrage de Dan Gilroy est plus qu’étrange, le film nous promettait un joli thriller entre satire et horreur. Étonnant, parfois captivant, « Velvet Buzzsaw » souffre d’un rythme inégal qui ne lui rend pas du tout service.

Le cinéaste nous dépeint le monde de l’art avant qu’une éffrayante révélation n’enclenche réellement le récit, le spectateur est happé par cet univers bizarre et méconnu, dont la cruauté et le cynique sont présentés entre humour et férocité.

Ce mélange d’atmosphères entre thriller et horreur, en y ajoutant une macabre dose de surnaturel était une excellente idée. Malheureusement, elle ne restera qu’une vague promesse partiellement effleurée. L’apparition de ces phénomènes meurtriers semblait permettre à Dan Gilroy de développer son propos : égratigner un milieu replié sur lui-même en pointant du doigt ses travers parfois ridicules voire pathétiques comme la dénonciation de la cupidité et de l’appât du gain à tout prix.

Dan Gilroy tire à boulets rouges sur les critiques d’Art mais plus précisément sur toutes les critiques. Il faut savoir que le cinéaste a écrit « Velvet Buzzsaw » en réaction au « Superman Lives » de Tim Burton avec Nicolas Cage, sur lequel il avait travaillé. Un échec qui a profondément marqué le metteur en scène qui a finalement décidé de n’écrire que pour lui.

Difficile donc de ne pas y voir une vision hostile de la critique et de tous ceux qui mettent des bâtons dans les roues des créateurs sans raisons valables.

Dans « Velvet Buzzsaw », le milieu de l’art est une jungle où chacun se bat pour avoir le dessus, sans se priver de multiplier les coups bas à destination de la concurrence. On brise les uns et on élève les autres au rang de demi-dieux pour mieux les balancer à la poubelle ensuite.

Le plus bel exemple est le personnage incarné par Jake Gyllenhaal, un portrait grinçant d’un critique d’art qui fait la pluie et le beau temps sur la scène artistique américaine en écrivant sur des peintres et autres performeurs.  L’acteur montre une nouvelle fois l’étendue de son talent même si son délicieux cabotinage pourrait déranger.

Si le casting se met au diapason, le cinéaste n’arrive jamais à créer un véritable suspense dans son long métrage et le mystère posé tombe vite malgré une mise en scène plutôt inspirée dans l’ensemble (Les superbes plans où les tableaux prennent vie : les singes, cette main fugace, ce feu mouvant…).

L’atmosphère malsaine et angoissante n’arrive jamais à s’installer à cause de personnages stéréotypés et souvent détestables. Le spectateur n’arrive simplement pas à s’identifier à des protagonistes qui obéissent à des clichés tenaces et se désintéresse très vite de leur sort.

Aucun suspense ni aucune tension ne parviennent à naître et au final, on en vient à se dire que le film était bien meilleur quand il se cantonnait à la satire avant de tomber dans un genre qu’il ne maitrise pas. Gilroy n’assume jamais sa volonté de faire un film d’horreur et c’est bien dommage.

« Velvet Buzzsaw », est une déception dont les éléments n’arrivent pas à cohabiter. Une œuvre pleine de promesses qui reste drôle et soutenue par un casting au diapason mais inégale. Un potentiel gâché malgré quelques bonnes idées mal exploitées.

Note : 5,5/10

Julien Legrand – Le 15  février 2019

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