Le nerf de la guerre. 

Fury

Réalisateur du décevant « Sucide Squad » sorti en août 2016, David Ayer est un metteur en scène à la carrière très irrégulière aux exemples frappants : « Au bout de la nuit » avec Christian Bale et « Sabotage » avec Arnold Schwarzenegger, deux œuvres qui n’ont ni bousculé les foules ni enjoué les critiques.

Pourtant, le cinéaste avait laissé entrevoir de bonnes idées dans son intriguant « End of Watch » soutenu par Jake Gyllenhaal, mais on attendait toujours la confirmation de son talent.

Le film qui va définitivement le révéler est « Fury », son cinquième long métrage, une plongée réaliste dans le carnage de la deuxième guerre mondiale. Une œuvre pour laquelle le metteur en scène dispose d’un budget conséquent (68 millions de dollars) et s’entoure d’un casting cinq étoiles avec en tête d’affiche le génial Brad Pitt et de son bataillon composé de Shia Labeouf (« Des Hommes Sans Loi »), Jon Bernthal (« Le Loup de Wall Street » et « The Punisher »), Michael Pena (« End of Watch ») et Logan Lerman (« Percy Jackson »). 

Une belle brochette de comédiens pour un film viscéral et réussi qui aura rapporté plus de 200 millions de dollars. Retour sur une expérience surprenante.

Synopsis :

Avril 1945. Les Alliés mènent leur ultime offensive en Europe. À bord d’un tank Sherman, le sergent Collier et ses quatre hommes s’engagent dans une mission à très haut risque bien au-delà des lignes ennemies. Face à un adversaire dont le nombre et la puissance de feu les dépassent, Collier et son équipage vont devoir tout tenter pour frapper l’Allemagne nazie en plein cœur…

« Fury » est un plongeon haletant et concret dans la boue et la terreur de la seconde guerre mondiale. Jamais un réalisateur n’avait aussi bien retranscrit la noirceur, la saleté et la dureté de ce conflit depuis un certain Steven Spielberg et son « Il faut sauver le soldat Ryan ». Chez Ayer, l’horreur et la peur sont absolues.

Une violence inouïe même brutale jalonne les 2h15 du film. La mise en scène du cinéaste entraîne le spectateur dans la fange, la laideur et l’odeur pestilentielle pour l’amener au plus proche de ces soldats qui vivent l’enfer.

Une expérience immersive, sensorielle et saisissante au plus près du quotidien de ces héros de guerre confinés à l’intérieur d’un tank.

Un film d’une grande virtuosité, terriblement réaliste et esthétiquement magnifique qui dépeint la rugosité de ces combats acharnés. « Fury » est peut-être l’un des meilleurs films de guerre depuis fort longtemps avec le « Dunkerque » de Christopher Nolan. Une œuvre qui se vit, se sent plus qu’elle ne se regarde.

Au milieu de cette épopée exténuante et brutale des acteurs durs et parfaits, les fronts plissés, les visages fatigués, une épée de Damoclès au-dessus de la tête et les regards obscurcis par la rage de vaincre. Ils sont tous convaincants, renforçant encore plus le sentiment d’immersion de ce spectacle âpre et dévastateur.

« Fury » est du cinéma dense, cruel par sa force d’immersion, réaliste et redoutablement éprouvant. Un très bon film qui va compter et rester dans les mémoires grâce à une mise en scène habile et des comédiens impliqués. Un exercice viscéral qui s’impose presque comme un classique du genre.

Note : 8/10

Julien Legrand – Le 25 juillet 2019

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