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Sobre, Sombre et Superbe !

The Tragedy of Macbeth 

« The Tragedy of Macbeth » ou « Macbeth » en FR a été dévoilé au 59éme festival du film de New York. Joel Coen s’est associé à son épouse l’oscarisée Frances McDormand et à William Shakespeare, pour une sublime relecture en noir et blanc de ce grand classique. À découvrir en janvier sur Apple TV+.

Non sans vous être attardé un instant sur notre critique de cette sombre et pure adaptation.  

Critique « The Tragedy of Macbeth » (2021) : Sobre, Sombre et Superbe ! - ScreenTune
© 2021 The Searchers

Synopsis :

Macbeth, un général victorieux, rencontre trois sorcières qui lui prophétisent un destin de roi. Son ami Banquo qui l’accompagne reçoit aussi une prophétie qui l’installera en fondateur d’une ligne de rois. Lady Macbeth est encore plus ambitieuse que Macbeth, le manipule et le persuade de tuer le roi Duncan qui réside en leur château cette nuit-là.

Couronné, Macbeth, consumé par sa culpabilité, devient méfiant et tyrannique. Il embauche des assassins pour tuer Banquo et son fils Fleance afin d’empêcher sa prophétie d’engendrer une ligne de rois. Le crime perpétré ; Macbeth commence à voir partout le fantôme de Banquo…

Soyons d’emblée honnêtes avec vous, ce long-métrage, dont les dialogues restent fidèles à la plume de Shakespeare, est visuellement très réussi de par son épure, les jeux d’ombre et de lumière omniprésents dans un style qui évoque l’expressionnisme allemand de Fritz Lang et Murnau. Ces images élégantes sont signées par le directeur de la photo Bruno Delbonnel, qui pourrait peut-être enfin décrocher son Oscar lui qui a œuvré sur « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » ; a été césarisé pour « Un long dimanche de fiançailles » et dont on avait encore noté récemment le talent dans « Une femme à la fenêtre ».

Critique « The Tragedy of Macbeth » (2021) : Sobre, Sombre et Superbe ! - ScreenTune
© 2021 The Searchers

C’est Frances McDormand qui aurait soufflé l’idée à son époux Joel Coen ; elle qui a joué deux fois Lady Macbeth au théâtre, dont une première fois à seulement quatorze ans.  Au départ elle envisageait une mise en scène pour le théâtre ; raison pour laquelle sans doute Joel Coen réalise ce film sans son frère Ethan. Sa « tragédie de Macbeth » est tout simplement sublime et l’absence d’un univers multicolore rend cette relecture en noir et blanc plus centrée plus profonde et fantastique.

Nous ne citerons pas le chef décorateur car à l’exception de deux candélabres il n’y a aucun mobilier dans cette mise en scène où seule compte la lumière passant au travers des colonnes, des alcôves et autres meurtrières, créant de soyeux effets de clair-obscur notamment sur le visage de Macbeth, qu’interprète royalement Denzel Washington.

Critique « The Tragedy of Macbeth » (2021) : Sobre, Sombre et Superbe ! - ScreenTune
© 2021 The Searchers

Les deux acteurs oscarisés sont réunis ici pour la première fois dans une des œuvres les plus emblématiques de William Shakespeare et il faut avouer qu’ils y sont impressionnants. Quant au choix de personnages plus mûrs et plus en âge de procréer, il ajoute à l’intrigue une tension et une palpable notion d’urgence car la couronne devient alors pour le couple le seul moyen d’accéder à la gloire.

L’exploration de ce dilemme lié à l’âge et au temps qui passe, devient le cœur de cette version de la tragédie et il n’y aurait rien d’étonnant à voir ce duo talentueux récolter prochainement de belles nominations…

Critique « The Tragedy of Macbeth » (2021) : Sobre, Sombre et Superbe ! - ScreenTune
© 2021 The Searchers

Riche de milliers de représentations théâtrales et d’une dizaine d’adaptations au cinéma, dont une récente de Justin Kurzel avec Michael Fassbender et Marion Cotillard en 2015, Macbeth de Shakespeare n’a pas fini de nous être proposé.

Joel Coen a choisi d’en développer des angles morts très intéressants dans cette adaptation portée par d’excellents interprètes (dont Bertie Carvel l’acteur principal de la nouvelle série « Dagliesh ») dépeignant l’effrayante et amorale prise de pouvoir d’un régicide et sa lente descente aux enfers.

Note : 8/10  

Une note un brin élevée mais rarement une œuvre de Shakespeare n’a été aussi lisible et dépouillée au cinéma. Quant aux acteurs ils sont sans aucun doute oscarisables mais ils semblent surtout s’être offerts un joli cadeau sous la houlette d’un remarquable metteur en scène.  

Yves Legrand – Le 1er janvier 2022

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