
Critique de « Hotel Mumbai » (2019) : Avant Paris et Bruxelles il y a eu Bombay !
Préparez- vous à vous tortiller d’angoisse devant les attentats qui ont ravagé Bombay en 2008. Notre critique de « Hotel Mumbai ».
« Allons, Dreyfus, on ne va pas en faire toute une affaire ! »
Nous avions beaucoup apprécié « Le Prénom » précédente réalisation du duo Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière, sorti il y a sept ans, en 2012 et on pouvait craindre que ce titre un peu longuet soit une autre comédie française classique au vu du duo d’acteurs proposé ; soit espérer une nouvelle surprise comme les récents succès que sont « La Belle Epoque » et « Hors Normes ». Nous vous invitons à lire ce qui suit … « le meilleur reste à venir » !
Synopsis :
Suite à un énorme malentendu, deux amis d’enfance, aux caractères opposés, chacun persuadé que son ami n’a plus que quelques mois à vivre, décident de relativiser les choses et de s’épauler mutuellement quitte à tout plaquer pour rattraper le temps perdu.
« En fait, nous sommes partis, presque involontairement, d’une situation vécue expliquent les deux réalisateurs. Quand nous commencions l’écriture du film, nous étions en pleine euphorie du succès du « Prénom », la pièce et le film, et nous vivions des moments extraordinaires. Dans le même temps, l’actrice principale, Valérie Benguigui, est tombée malade pendant la pièce, victime d’un cancer du sein. Nous l’avons accompagnée dans cette douloureuse épreuve jusqu’à sa mort, en septembre 2013. Nous étions donc partagés, à l’époque, entre le bonheur et la tristesse. Nous avons transposé cet état d’esprit dans le scénario du film, en pensant qu’il fallait pouvoir rire de ce qui nous fait peur ».
Si le choix de Fabrice Luchini et de Patrick Bruel semblait insolite au départ, très vite il apparaît comme une évidence car c’est de cette différence entre, le flambeur, le jouisseur et Arthur, l’universitaire, le coincé, le chercheur de l’Institut Pasteur que naît cette magie de l’amitié, cette envie de rattraper le temps dans cette urgence qui s’impose à eux.
Il y a un peu du film de Rob Reiner « The Bucket List » (« Sans Plus Attendre » en Français) sorti en 2007 avec Morgan Freeman et Jack Nicholson dans le propos mais fort heureusement on s’éloigne assez vite de cette idée de faire la liste de tout ce qu’on voudrait réaliser avant de partir…
D’ailleurs ils ne sont d’accord sur rien et les compromis trouvés foirent assez vite. Soutenus par deux très jolis seconds rôles, confiés à deux actrices Zineb Triki et Pascale Arbillot, toutes en attentions et subtilités, les deux hommes vont au bout de leurs intentions. Le duo Bruel / Luchini fonctionne à merveille alternant sensibilité et remarquables moments de comédie même dans les silences et les hésitations.
Avec « Le meilleur est à venir », les deux réalisateurs nous offrent un feu d’artifice émotionnel alternant à merveille les moments de rire, de pure comédie puis les silences, les émotions, les surprises…
Comme on vous le décrit un feu d’artifice ! Du grand cinéma qui rappelle les belles heures du film français Claude Sautet, Agnès Jaoui, Claude Lelouch et qu’il serait dommage de laisser passer au profit de Blockbusters.
Note : 7/10
Yves Legrand – Le 3 décembre 2019

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