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Vous reprendriez bien une dose XXL d’empathie !

Hors Normes

« Hors Normes » , Eric Toledano et Olivier Nakache, les réalisateurs de l’énorme succès mondial « Intouchables » abordent un nouveau thème: l’autisme ; pas sous un angle romanesque comme dans « Rain man » mais bien sous celui de la socialisation difficile de ces adultes que l’incompréhension des gens « normaux » marginalise encore un peu plus. Un sujet difficile mais les réalisateurs avaient déjà consacré un documentaire à l’association « le silence des justes » et à son créateur Stéphane Benhamou qu’ils connaissent depuis longtemps.

Synopsis :

« Hors Normes » suit le travail au quotidien de Bruno (Vincent Cassel) et de Malik (Reda Kateb). Le premier, juif, dirige une ASBL qui prend en charge  et loge des adolescents et des jeunes adultes autistes. Le second, arabe, forme des jeunes  de banlieue (souvent déscolarisés) à devenir moniteurs ou accompagnateurs de vie pour ces autistes. Bruno et Malik sont les meilleurs amis du monde, et se battent tous les jours dans un univers professionnel sans grands moyens , et où l’incompréhension des gens « normaux » règne en maître. Parce qu’il travaille en dehors des sentiers battus, Bruno est dans le collimateur des autorités de tutelle, qui veulent fermer son ASBL…

Disons-le d’emblée les deux  réalisateurs ont une fois encore réussi le tour de force de nous émouvoir, de nous impliquer dans cette urgence sociale et humaine sans tomber dans le voyeurisme ou le pathos.

Bien au contraire, ce film  consacré à des enfants et des adultes, souffrant d’un trouble envahissant du développement autrement dit l’autisme est une réelle prouesse. Entourés par deux acteurs imprégnés de leurs rôles comme s’ils avaient toujours été des éducateurs spécialisés, une pléiade d’acteurs non professionnels jouent  leur propre rôle au contact des personnes atteintes du handicap.  

« Hors Normes » est un film militant  dénonçant  la rigueur et les intransigeances administratives et prônant la tolérance entre les communautés religieuses.

 Loin des clichés classiques du cinéma qui engage des acteurs pour donner une image lissée à un handicap, Toledano et Nakache ont le courage de nous montrer ces personnes hors normes sans fard dans toute la complexité de leurs vies, de leur drame intérieur et les souffrances des soignants,  des familles  face à l’autisme.

Ce n’est pas du cinéma, il n’y a pas de fin heureuse car c’est un combat et une œuvre de tous les jours. Vincent Cassel et Reda Kateb, particulièrement convaincants apportent l’élégante touche de fiction et d’humour indispensable à ce scénario hyper réaliste qui durant deux heures évoque avec pertinence tous les problèmes de l’autisme et la précarité des réponses apportées par la société moderne.

Un film « hors normes »… donc sans cotation.

Note : …

Yves Legrand – Le 10 novembre 2019

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