L’origin story d’un Superman maléfique

Brightburn : L'Enfant du mal

« Brightburn » ou « Brightburn : l’Enfant du Mal » en français est un film d’horreur qui s’attaque à un genre bien particulier et très en vogue actuellement. En effet, « Brightburn » est bien un film de super-héros qui s’inspire beaucoup de l’origin story de Superman (DC Comics) mais au lieu d’une figure bienveillante, ce jeune garçon serait plutôt le mal absolu. Un joli programme à contre-courant des œuvres proposées par les géants Marvel et DC Comics.

Est-ce-que le film arrive à créer une belle alchimie entre les 2 genres qui ont pour le moment de bon résultat au Box Office ?

Un film qui regroupe une fine équipe avec à la mise en scène David Yarovesky (dont c’est le 2ème réalisation après « The Hive » en 2014), à la production, on retrouve James Gunn (aka réalisateur des « Gardiens de la Galaxie ») ; et au scénario, le frère ainsi que le cousin du cinéaste de « Horribilis » Brian et Mark Gunn. Un film sous la patte créative de la famille Gunn qui est assez à l’aise dans les histoires de super-héros est donc un bon présage sur la qualité du film à la vue du thème exploité.

Synopsis :

Et si un enfant issu d’un autre monde s’écrasait sur Terre et, au lieu de devenir un héros pour l’humanité, s’avérait être une entité sombre et mortelle ?

Le casting est composé d’Elizabeth Banks (La Saga des « Hunger Games ») et David Denman (« The Office ») dans les rôles de Tori et Kyle Breyer ainsi que Jackson A. Dunn dont c’est le premier grand rôle au cinéma dans la peau de Brandon Breyer. L’ensemble des acteurs remplissent convenablement leur travail sans être « dans le grand cinéma ». Ils arrivent tous à faire transparaître les bons sentiments dans les scènes nécessaires.

En passant de l’incompréhension à la peur, leurs rôles sont écrits sans grand éclat mais portent le film même dans ses passages les plus scolaires. Mention spéciale au jeune interprète qui campe ce garçon des enfers grâce à sa transformation de petite tête blonde serviable en despote prônant sa supériorité plus tard dans le film.

Car l’histoire de « Brightburn » comme mentionnée plus haut s’inspire beaucoup de Superman dans les origines du personnage (petite ville, petite ferme, petit miracle) avec également des pouvoirs pratiquement similaires au jeune kriptonien de DC Comics. Pour ne pas spoiler l’entièreté du personnage de Brandon, nous n’irons pas plus loin dans la description des similitudes entre les deux personnages.

Pourtant, les fans du « Man of Steel » découvrirons vite les ressemblances qui lie  Brandon au héros incarné à l’écran par Henry Cavill. Le film produit par James Gunn devrait ravir les fans de super-héros en montrant que l’on peut aussi faire des histoires classées R (interdit au mineur non-accompagné) avec une version bien moins grand public, qui explore une idée amusante : et si un super-héros comme Superman s’écrasait sur Terre, pour non pas devenir un héros , mais une menace absolue ?

Une vision plus sombres qu’auparavant qui, une fois sa première partie achevée, offre un petit spectacle méchant et sanglant.

Malgré des qualités indéniables de réalisations et d’interprétations, on éprouve des difficultés à classer l’oeuvre en tant que « film d’horreur », même si le côté « gore » est bien présent dans la dernier moitié du long métrage avec certains moments de suspense.

Cependant l’ensemble nous rappelle souvent la classification du film avec un œil, une mâchoire ou un crâne qui deviennent les réceptacles d’une violence parfaitement assumée mais trop peu présente.

« Brightburn » a du mal à affirmer « l’horreur » dans son scénario de science-fiction trop balisé (premiers signes, premiers doutes, premiers incidents …) qui ne surprend pas un spectateur trop habitué à ce type de schéma pour se sentir ailleurs qu’en territoire conquis.

Le film laisse un sentiment mitigé et d’inachevé tant le long métrage se retient de trop en montrer. Il est pourtant fort intéressant de voir Brandon tourner dans l’eugénisme interplanétaire et ses accès de violences qui montent crescendo.

Il serait possible d’imaginer des suites à « Brightburn » à l’image de « La Malédiction » ou encore de films interconnectés comme « Glass », regroupant plusieurs œuvres tant le matériau de base de ce premier film est riche. Assister à l’évolution de cette franchise pourrait peut-être se révéler plus intéressante que ce premier film mais cela n’est que supposition.

Emballé avec habileté et porté par des comédiens au diapason, « Brightburn » est donc « un agréable petit plaisir » pour celui qui voudrait découvrir une mythologie super-héroïque plus sombre et mature qui va à contre-courant des productions Marvel ou DC.

Certes, le spectacle est moindre mais le long métrage possède des qualités indéniables malgré la retenue de la violence et le sentiment que celui-ci aurait pu aller plus loin. L’avenir nous dira si Brandon en a encore sous le pied.

Note : 6,5/10

Loïc Binkert- Legrand – Le 24 juin 2019

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