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Promenons-nous dans les bois 

Simetierre

On peut dire que la Stephen King mania n’est pas prête de s’arrêter, après les adaptations de « Ça », « La Tour Sombre », la suite annoncée de « Shining » avec « Doctor Sleep » et la récente série « The Mist », le romancier a toujours le vent en poupe avec cette fois « Simetierre ». 30 ans après la première adaptation de Mary Lambert du roman de Stephen King (sorti en 1983), l’une des œuvres les plus marquantes de l’auteur, voici qu’un nouveau remake débarque dans nos salles ce 10 avril, réalisé par Dennis Widmyer (« Starry Eyes ») et Kévin Kölsch (« Holidays ») avec Jason Clarke, Amy Seimetz et John Lithgow au casting.

Les jeunes réalisateurs ont-ils réussi à signer une adaptation de qualité et à rendre justice au roman de King ?

Synopsis :

Dr. Louis Creed (Jason Clarke), qui, après avoir déménagé de Boston vers la région campagnarde de Main avec sa femme Rachel (Amy Seimetz) et leurs deux jeunes enfants, découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois… situé à quelques pas de leur nouvelle maison familiale. Lorsque la tragédie le frappe, Louis se tourne vers son étrange voisin, Jud Crandall (John Lithgow), déclenchant une réaction en chaîne qui délivre un mal insondable aux terrifiantes conséquences.

Le premier film autant que le roman « Simetierre » possèdent tous deux une place particulière dans le cinéma de genre (on y retrouve l’angoissante mythologie indienne, avec ce cimetière qui est devenu un poncif), King considère même que c’est l’histoire la plus troublante qu’il a imaginée. Il faut remarquer que derrière l’horreur, il y a une belle et déchirante réflexion sur la souffrance, le deuil, la mort et la douleur qui fissurent une famille et dont le père s’aventure un peu trop loin dans les méandres de l’âme humaine.

On retrouve dans ce remake la famille Creed composée de Louis le père (Jason Clarke), Rachel la mère (Amy Seimetz), Ellie la fille (Jeté Laurence) et Gage le jeune fils (interprété par les jumeaux Hugo et Lucas Lavoie) qui ont récemment déménagé de Boston pour s’installer à la campagne dans leur nouvelle maison qui fait partie d’un domaine plus vaste avec une forêt mais aussi un cimetière pour animaux toujours utilisé par les habitants du coin et surveillé par leur unique voisin Jud Crandall (John Lithgow). Malgré que leur nouvelle propriété paraisse fort bien sympathique comme dans tous les romans de Stephen King, il ne faut pas se fier aux apparences.

Le casting tient bien la route grâce notamment à Jason Clarke (« Terminator Genisys », « Lawless » …) qui est le plus convaincant dans sa prestation du père proche de sa famille qui veut à tout prix que ses enfants se sentent bien dans leur nouvelle maison.

Le film se permet une plus grande liberté scénaristique par rapport à l’œuvre de King et malgré l’envie des réalisateurs de respecter le matériau original, ce remake n’arrive pas à trouver une bonne alchimie entre les différents éléments indispensables à l’histoire. Ce qui est regrettable car certains jumps scare sont joliment introduits, mais les autres moments plus angoissants sont finalement trop prévisibles et la mise en scène trop classique ne prend malheureusement aucun risque.

Le film se permet même quelques « clins d’œil » au livre avant de totalement changer les scènes décisives sacrifiées sur l’autel du spectacle afin que les lecteurs assidus n’anticipent les évènements. Celles-ci sont cependant placées à des charnières de l’histoire qui ne les tromperont hélas guère.

Pourtant la première partie du film est plutôt bien rythmée alternant la vie de famille et l’atmosphère angoissante que dégage les environs du cimetière et l’ésotérisme qui entoure les lieux.

La seconde partie par contre tombe clairement dans la série B, là où le film se permet de modifier l’histoire, ce parti pris donne lieu à un deuxième acte passablement ordinaire dans lequel la peur que souhaite instiller le métrage aux spectateurs n’apporte aucun frisson. Certaines scènes n’offrent pas le cauchemar annoncé allant même vers un épilogue « bateau » d’un classicisme qui ne rend pas honneur au livre.

« Simetierre » est une œuvre qui oscille entre le divertissement trop sage et balisé d’un film d’horreur sans prise de risque. Une mauvaise relecture du roman modifiant à sa guise certaines parties de l’histoire pour créer des sensations en demi-teintes qui ne feront pas peur à grand monde.

Ce remake décevra peut-être les fans de Stephen King par certaines scènes revues par le duo de réalisateurs, narguant au passage les aficionados qui croyaient connaître l’histoire, avant le dénouement final mais « Simetierre » reste un film convenable pour qui veut se faire une toile horrifique.

Note : 5,5/10

Loïc Binkert -Legrand – Le 5 avril 2019

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