Un grand Picard pour un dernier voyage ?

Star Trek : Picard

ScreenTune toujours soucieux de ses lecteurs vous invite à vous plonger dans quelques séries TV pour égayer vos soirées cosy.

Faut-il avoir visionné 300 épisodes des 6 précédentes séries pour comprendre quelque chose à « Star Trek : Picard » diffusée sur CBS et Amazon Prime ? Et bien non, vous pouvez le faire sans avoir vu un seul épisode de « Star Trek » auparavant car celle-ci est très éloignée de la série « classique » où des ingénieurs discutaient dans un jargon imaginaire pseudo scientifique, où l’Entreprise filait en hyper-espace pour affronter Klingons et autres Romuliens…

Le Trek a commencé le 20 janvier 2020 et le dernier des 10 épisodes de « Star Trek : Picard » a été proposé fin mars 2020. Notre avis sur le voyage…

Synopsis :

En 2385, soit deux ans avant la destruction de Romulus par la supernova, l’amiral Jean-Luc Picard convainquit la Fédération d’aider les Romuliens. Picard prit la tête d’une flotte qui avait pour mission de reloger les Romuliens dans des mondes à l’abri de l’explosion de la supernova. Mais la Fédération cessa l’évacuation suite à une attaque sur Mars par un groupe de synthétiques renégats. Picard donna aussitôt sa démission de Starfleet. L’attaque sur Mars eut pour autre conséquence la prohibition des synthétiques. Quatorze ans plus tard, il reçoit une demande d’aide de la part d’une jeune femme, Dhaj, poursuivie par un mouvement occulte romulien. Il découvre qu’elle est une androïde biologique basée sur l’esprit de Data créé par le Dr Maddox.

Cependant, le groupe romulien retrouve Dahj et la tue. Cela force l’ancien capitaine de l’Enterprise à sortir de son isolement pour retrouver et sauver Soji, la jumelle de Dahj.

Cette série « Star Trek » qui remet sur le devant de la scène l’amiral Jean-Luc Picard est la meilleure depuis bien longtemps et elle s’en est donnée les moyens. Ne cherchez pas ici de grandes confrontations  galactiques, d’épiques batailles à coups de laser ou des déplacements intersidéraux facteur de distorsion 9.

Il y en a certes mais le propos de cette série est plus profond et pétri d’humanisme. L’amiral Jean-Luc Picard (Nom choisi par le créateur de « Star Trek » Gene Roddenberry en hommage aux frères Jean et Auguste Piccard, scientifiques et explorateurs) permet à son interprète Sir Patrick Stewart de déployer tout son registre fort de sa longue pratique d’acteur shakespearien. Car l’Amiral est un homme au crépuscule de sa vie, rongé par les remords et un sentiment d’immense culpabilité qui va le pousser dans un ultime combat à chercher à réparer… Quoi ? … C’est là tout le propos de la série.

Episode après épisode nous suivons sa quête à travers la galaxie sur les traces de Soji la jumelle synthétique (intéressante Isa Briones), l’héritière du commandeur Data. Picard retiré de la vie active, vivait reclus et amer dans son vignoble mais son désir de réparer, d’offrir aux humains un autre regard, une alternative a été le plus fort…

Il n’y a guère de similitudes avec d’autres séries « Star Trek » (dont le premier épisode date du 8 septembre 1966) mais il y en a une importante avec la série « Emergence » que nous avons critiquée récemment. Dans les deux cas les Intelligences Artificielles font peur aux humains et de cette incompréhension naissent  des fantasmes d’anéantissement. Cette peur de l’autre est un trait caractéristique des humains et a, à toutes les époques, déclenché des comportements irrationnels. Alors imaginez au niveau d’une galaxie…

Dès le générique le ton est donné ; la musique, signée Jeff Russo est un remarquable apport aux images composées de fragments épars de planète, de brins d’ADN, d’éléments symboliques venants combler la peau du visage d’un humain…Picard !

20 ans après le dernier épisode de « Star Trek : La Nouvelle Génération », l’acteur britannique excelle dans son rôle de vieux sage (il fête ses 80 ans) laissant les actions d’éclat aux autres personnages joués par Jeri Ryan, Alison Pill, Michele Hurd et Santiago Cabrera tous apportant leur dynamisme et donnant une grande sensation de réalisme à l’ensemble. Que la série porte son nom représente un bel hommage au personnage emblématique de la franchise.

Délaissant le piège du fan service (au contraire du « Mandalorian » de Disney) tout en ne reniant rien de l’univers cher aux « Trekkies » de la première heure (Le fils de Roddenberry est producteur au même titre que Sir Patrick) car si de nombreuses références existent, elles ne sont pas nécessaires à la compréhension de l’histoire.

Bénéficiant de moyens conséquents, la série d’Alex Kuzman (« Transformers, « Star Trek » de JJ. Abrams ou encore « Hawaii 5-0 ») s’appuie sur des images sublimes, des effets spéciaux de qualité quant à la réalisation, elle est maîtrisée de bout en bout, tant par Hanelle Culpepper que par Jonathan Frakes (qui incarnait William T. Riker dans plusieurs séries et films de l’univers).

Une belle surprise en attendant les deux autres saisons promises par Sir Patrick.

Note : 7,5/10

Yves Legrand – Le 12 avril 2020

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