Attention Dino-Danger !

Jurassic Park

Il y a des films qui restent parfois gravés dans nos mémoires. Ces longs métrages évoquent souvent sourires et nostalgies.  Pour beaucoup, le « Jurassic Park » de Steven Spielberg est à ranger dans cette catégorie.

Ce monument sorti en 1993 est désormais considéré comme l’un des plus grands films de tous les temps et, ce qui est incroyable, est toujours à l’heure actuelle le plus grand succès dans la carrière du réalisateur des « Dents de la Mer » (Plus d’un milliard de dollars au Box-Office).

Mais pourquoi « Jurassic Park » est-il si spécial ?  Pourquoi reste-il encore aujourd’hui autant vénéré ? 

L’œuvre de Steven Spielberg est d’abord et avant tout un rêve d’enfant pour le cinéaste. Un fantasme dans lequel le metteur en scène emporte son spectateur dans une histoire dépaysante où l’homme tente de se prendre pour dieu en ramenant à la vie des créatures disparues depuis des millions d’années.

Adapté du roman éponyme du regretté Michael Critchon (également co-scénariste avec David Koepp) paru en 1990, « Jurassic Park » est du cinéma popcorn pour le grand public mais qui cache derrière son postulat de départ des réflexions bien plus profondes. 

Un film qui s’invite dans plusieurs genres cinématographiques, de l’œuvre de science-fiction au récit d’aventure incroyable en passant par moment par le cinéma horrifique avec plusieurs séquences terrifiantes.

À sa sortie en 1993, le film est un succès tonitruant. Il devient même le plus gros succès de tous les temps avant un certain « Titanic ». Grâce à des effets spéciaux absolument éblouissants, le cinéaste choisit de faire confiance à la société de Stan Winstone pour la création d’animatroniques.

Le résultat, des dinosaures plus vrais que nature dont la beauté n’a d’égal que leur réalisme ébouriffant pour l’époque. Winstone fonde par ailleurs, Digital Domain (1993) qui réunit aussi IBM avec un certain James Cameron (réalisateur de « Titanic »).  En plus de cette décision audacieuse, Spielberg laisse aussi le soin de la « post-production » à son ami George Lucas (« Star Wars ») via sa société ILM (Industrial Light and Magic).

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Avec tout ce travail technique accompli, « Jurassic Park » fait son entrée dans le cercle très fermé des films qui ont révolutionné le monde du cinéma avec leurs effets spéciaux à la pointe de la technologie comme « Star wars IV », « Terminator 2 », …

Des éloges qui permettent à l’œuvre de Spielberg de récolter trois Oscars dans les catégories suivantes : Oscar du « meilleur son », du « meilleur montage » et des « meilleurs effets visuels ».

Avec « Jurrasic Park », le réalisateur d’Indiana Jones livre un spectacle dantesque et sublime aux spectateurs. Une œuvre qui fait frissonner par son lyrisme et sa bande son enchanteresse composée par le génial John Williams (Qui ne s’est pas émerveillé devant « Le Plan » de la vallée peuplée de dinosaures se déplaçant en troupeaux ?). Au-delà de la performance technique, cette vision provoque une réelle euphorie, et tout le corps est envahi d’une sensation de bien-être.

Spielberg réussit un vrai tour de force avec ce film dédié entièrement à la découverte et au suspense.

Il va plonger avec talent son public dans cette aventure spectaculaire alliant habilement tension et suspense haletant au rythme de scènes magistrales pleines de rebondissements et d’action (la scène d’introduction du T-Rex est un monument d’angoisse frissonnante, les vélociraptors sont terrifiants lors de la scène de la cuisine avec les enfants).

Un moment intense de cinéma qui prend son temps pour offrir deux heures riches en dinosaures fabuleusement mis en valeur. Une expérience à la fois captivante et belle, mais également terrifiante et cauchemardesque pour ces personnages.

Une œuvre qui prend cependant une grande liberté dans la transcription du livre à l’écran, mais Critchon et Koepp décident de concentrer leur script sur une petite partie du roman. Ce qui est une réussite presque totale avec un récit brillant, jamais ennuyeux et qui passe de l’excitation à l’angoisse, de l’émerveillement au trépidant.

Les acteurs livrent également une excellente partition. Sam Neill, alors à l’apogée de sa carrière puisque qu’il est aussi à l’affiche du chef d’œuvre « La leçon de Piano » (1993) de Jane Campion, est très bon en paléontologue qui déteste les enfants. Il forme, avec la toujours excellente Laura Dern (« Sailor et Lula » de David Lynch et « Un Monde parfait » de Clint Eastwood), un couple parfaitement complémentaire. Samuel L. Jackson, qui n’est pas encore une star, est lui parfait en informaticien colérique.

Quant à Jeff Goldblum, il est excellent en théoricien du chaos aux répliques cultes. Il en profite d’ailleurs pour placer un clin d’œil (Pourquoi s’habille-t-il toujours en noir ?) au film qui l’a fait star « La Mouche » (1986) de David Cronenberg.

Enfin, Richard Attenborough, acteur qu’on a pu voir notamment dans « La Grande Evasion » et qui avait d’ailleurs battu un certain Spielberg et son « E.T. » aux Oscars grâce à son chef d’œuvre « Ghandi » (1982), est toujours aussi excellent en doux rêveur pensant avoir fait le bien en créant ces dinosaures.

« Jurassic Park » est un chef d’œuvre à couper le souffle prouvant que l’on peut allier spectacle incroyable, richesse visuelle et intelligence dramatique. Une œuvre indémodable dotée d’un vrai scénario, d’acteurs excellents et qui n’a rien perdu de sa magie et de sa puissance évocatrice. Un film qui restera certainement à jamais l’un des plus grands blockbusters de tous les temps et qui n’a toujours pas pris une ride, plus de vingt ans après sa réalisation.

Note : 9/10

Julien Legrand – 23 juillet 2018

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