Tension maximale et rebonds permanents !

Bodyguard

Diffusée au Royaume-Uni entre fin août et fin septembre 2019, « Bodyguard » a attiré plus de 11 millions de fans sur la BBC, ce qui n’était plus arrivé, paraît-il, depuis un épisode de Noël de « Doctor Who » en 2008. Créée par Jed Mercurio, cette série vitaminée dès la première minute nous entraîne très loin dans un Londres devenu quasi paranoïaque et promis aux attentats terroristes.

Laissez-vous emporter à la suite de David Budd et serrez les dents, ça décoiffe !

Synopsis :

Synopsis : Bodyguard suit le sergent de police David Budd, un vétéran de guerre usé, déprimé, perclus de traumatismes, qui travaille comme agent de protection des personnalités, dans le Metropolitan Police Service à Londres. Suite à sa brillante intervention lors d’une  attaque terroriste dans un train, David est affecté à la protection de la  ministre de l’intérieur britannique, l’ambitieuse Julia Montague, dont la politique néo-conservatrice est cependant à l’opposé de ses valeurs.

Succès phénomène de la BBC en 2019 (diffusé chez nous notamment sur Netflix et la RTBF) mais avec près de 11 millions de téléspectateurs par épisode, « Bodyguard » du scénariste Jed Mercurio (« Line of duty ») est une mini-série composée de 6 épisodes de 58 minutes.

Mercurio a conçu un récit extrêmement nerveux aux rebonds constants, centré sur les problématiques du monde actuel : le terrorisme, l’état d’urgence et les complots politiques. Des thèmes certes déjà évoqués dans des séries comme « Taken » « 24H » mais abordés sous un angle différent avec un héros plus abimé et perturbé. Cet homme, c’est Richard Madden (plus connu sous le visage de Robb Stark dans « Games of Thrones ») excellent en ancien combattant d’Afghanistan devenu garde du corps de la ministre Julia Montague (Keeley Hawes). Mais la tendre relation qui semble se nouer entre les deux protagonistes n’est qu’un élément d’une vaste intrigue politico-terroriste bien loin de ce qui était au cœur du « Bodyguard » ; le film où brillaient Withney Houston et Kevin Costner.

Le cinéaste français Thomas Vincent (« Karnaval », « La Nouvelle Vie de Paul Sneijder ») a réalisé les trois premiers épisodes d’une brillante technicité sur un rythme qui n’est pas sans rappeler les meilleurs films de Paul Greengrass (« Jason Bourne », « Capitaine Philipps »). On peut même regretter qu’il n’ait pas eu l’opportunité d’en signer l’ensemble car les 3 derniers épisodes sont plus centrés sur l’énigme du « whodunit » que sur l’action proprement dite quoique les retournements ne manquent pas. Comme souvent cette série anglaise parle sans entrave de sujets brûlants et le terrorisme qui fût, un temps, le quotidien des Londoniens devient un thriller au climat anxiogène qui, cependant, a trouvé écho auprès des téléspectateurs.

La ministre Julia Montague est une femme d’autorité, sévère et dotée d’une grande ambition. Sa politique et ses idées représentent tout ce que David Budd exècre. La relation qui se noue entre les deux est au centre de ce drame dont l’engrenage bien huilé vous apportera son lot de surprises et de rebondissements.

Une intrigue qui prend corps dans notre réalité, qui nous dépeint Londres presque comme un champ de bataille. Des personnages ambigus mais attachants et dont les diverses facettes ne nous seront dévoilées qu’à la fin du dernier épisode…

Tous les ingrédients sont en place. Bon appétit !

Note : 7,5/10

Yves Legrand – Le 3 mai 2020

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