La cure de jouvence d’une saga enfouie

Tomb Raider (2018)

Revoici notre héroïne de jeux vidéo préféré ! Lara Croft et le cinéma, c’est une histoire qui a démarré il y a plus de 17 ans ! Dans la peau de la belle aventurière, on retrouvait la pulpeuse et sculpturale Angelina Jolie dans deux épisodes absolument indigents et grotesques qui ne rendaient pas hommage au personnage qu’elle incarnait. 

En 2013, Lara était de retour sur nos consoles de salon dans une origine story sobrement intitulée : « Tomb Raider ». Un reboot bien venu qui a donné un nouvel élan à notre intrépide aventurière moins sexualisée et plus crédible que par le passé, un nouveau départ salué autant par les critiques que par les joueurs. 

Il était donc normal qu’Hollywood s’empare de cette nouvelle version. Ce « Tomb Raider » 2018 est donc une préquelle qui adapte un jeu vidéo sorti en 2013 qui était déjà un reboot des anciens jeux sortis pendant les années 90 (Vous suivez toujours ?). 

Une franchise qui fait peau neuve avec une nouvelle Lara Croft pleine de jeunesse sous les traits de la magnétique et talentueuse Alicia Vikander qui nous avait démontré tout son jeu d’actrice dans le surprenant « Ex Machina » et qui reprend donc le rôle tenu par Angelina Jolie. 

C’est le norvégien Roar Uthaug qui a été choisi pour mettre en boîte cette nouvelle adaptation. Un cinéaste qui s’était fait remarquer avec le film catastrophe « The Wave », un « survival » sans surprise mais efficace qui lui a permis de se faire un nom dans les petits papiers des studios. Il signe donc ici son troisième long métrage (le premier étant « Cold Grey ») sous la houlette de la  Metro Goldwyn Meyer en co-production avec Square Enix , le studio à qui l’on doit le jeu vidéo d’origine.

Ce « Tomb Raider » n’est vraiment pas le naufrage annoncé, certes le film n’est pas parfait mais il a le mérite d’offrir un divertissement louable et sans prétention. 

Malgré une introduction un peu laborieuse et trop longue, le réalisateur installe calmement son personnage principal et son récit. Ce n’est pas toujours fait de manière efficace mais il a le mérite de garder son public attentif avec quelques scènes d’actions qui maintiennent son histoire sur de bons rails. On regrettera cependant une utilisation abondante des flashbacks qui nuisent au rythme de ce préambule.

Lorsqu’enfin notre héroïne est lancée dans son aventure, l’histoire prend clairement son envol. Les puristes diront que l’histoire suit avec une fidélité non dissimulée les péripéties du jeu vidéo de 2013. Peut-on vraiment s’en plaindre ? 

Là où d’autres adaptions se sont parfois cassées les dents en s’émancipant largement du matériau d’origine pour nous offrir une bouillie indigeste et dénuée de toute logique (Coucou « Assassin’s Creed », « Super Mario Bros », « Resident Evil », « Doom » et bien d’autres), ce « Tomb Raider » suit les grandes lignes de l’histoire dont elle s’inspire sans pour autant tomber dans un « fan service » qui détruirait tout son édifice.

Alicia Vikander ressemble beaucoup à son modèle vidéoludique, exhibe fièrement sa plastique tout en muscles qu’elle a travaillé pour le tournage comme dépeint dans certaines vidéos promotionnelles. C’est simple elle incarne à merveille cette jeune Lara Croft qui n’est encore qu’aux prémices de sa vie d’aventurière. Elle est fragile, maladroite, crédule et encore moins guerrière. Ce périple initiatique va la changer et la transformer en héroïne intrépide des jeux que nous connaissons. 

Un but assumé dans le jeu de 2013 : casser en miettes cette image de femme fatale, attractive, pulpeuse en tenues affriolantes et qui fait fantasmer tous les mâles qu’elle rencontre (cf : « Le Berceau de la Vie » et sa romance à l’eau de rose entre Gérard Butler et Angelina Jolie). 

Et comme dans le jeu, on place ici l’héroïne dans un environnement hostile, une île perdue au large du Japon dans laquelle elle va devoir se battre pour survivre. On regrettera cependant dans ce film, cette retenue de ne pas aller aussi loin que dans le jeu. C’est le plus gros défaut du long métrage de Roar Uthaug, ne jamais assumer au maximum cette esprit d’aventure qui caractérise « Tomb Raider ». Le long métrage navigue toujours dans un certain « entre-deux » qui aurait pu transformer un film plaisant en vraie grande aventure épique.  

Au final, les amateurs du jeu reconnaîtront des décors, des accessoires et des scènes déjà vues. Le réalisateur ne se cache même pas de copier par moment la mise scène du matériau d’origine.

Quant aux non-initiés, « Tomb Raider » est un film qui devrait satisfaire les amateurs d’aventures, de pièges et d’énigmes dans une œuvre se rapprochant plus d’un Benjamin Gates que du maître Indiana Jones.

Certes, cette nouvelle adaptation de « Tomb Raider » est convenue, sans surprise et ressemble à du « déjà-vu », mais le réalisateur offre un spectacle divertissant à défaut de révolutionner le genre. Une œuvre capable par instant de belles envolées de bravoures et d’actions mais qu’on aurait voulu plus brutale et sauvage. 

 

« Tomb Raider » prouve que les adaptions de jeux vidéo peuvent donner vie à des films agréables malgré la mission terriblement périlleuse que cela peut représenter. Une œuvre qui ne ringardise pas la licence dont elle est issue grâce au talent de sa comédienne principale et qui s’inscrit dans la lignée des adaptions plus ou moins réussies que sont, « Prince of Persia » et « Silent Hill ».

 

Porté par une Alicia Vikander investie, « Tomb Raider » est une adaptation respectueuse et énergique qui se regarde sans prétention avec un bon popcorn. Une oeuvre qui donnera à tous l’envie de découvrir ou de redécouvrir manette en main cette saga mythique du jeu vidéo.

 

 

Note: 6/10

 

Julien Legrand – 15 mars 2018

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