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La vengeance a deux visages !

Kleo

Que savons-nous de la période trouble de la chute du mur de Berlin ?

« Kleo », une série allemande en 8 épisodes nous transporte à cette époque au travers de ce qui pourrait passer pour une simple vengeance en temps de guerre froide. Mais en intégrant des éléments de comédie déjantés aux ingrédients classiques de trahison, de conspiration et d’ agents doubles, cette série disponible sur Netflix depuis septembre 2022, nous apporte aussi son regard historique sur la chute d’un régime…

Notre critique, camarades, se fera sans idéologie !

Critique « Kleo » (2022) : La vengeance a deux visages ! - ScreenTune
© 2022 Netflix Inc

Synopsis :

1987, Berlin-Est. Kleo Straub (Jella Haase) passe  sous le mur de Berlin d’Est en Ouest pour assassiner un inconnu dans une boîte de nuit, une mission accomplie avec dextérité. Pourtant, à son retour au “Paradis socialiste”, elle est arrêtée pour trahison et condamnée après une parodie de procès politique à la prison à perpétuité. Toutefois l’empire soviétique vacille et le régime tombe en même temps que le mur de Berlin… 1990 . La jeune femme (qui a perdu le bébé qu’elle attendait) est libérée et entreprend de découvrir les raisons de sa disgrâce et de son emprisonnement, handicapée dans sa quête de réponses (et de vengeance) par sa propension à éliminer tous ses interlocuteurs…

Il y a une évidente filiation entre Kléo et d’autres jeunes femmes dont nous avions narré  les aventures ; de « Nikita », la droguée repentie ou « Hanna » du même réalisateur (Luc Besson) à « Red Sparrow » sans oublier la brillante tueuse sociopathe qu’est Villanelle…

Comme les précitées, elle a reçu une formation de tueuse; née en République démocratique allemande (RDA), c’est la Stasi qui a pris en main son éducation avec succès, puisque dès le premier épisode, le téléspectateur peut admirer l’efficacité de Kléo.

Critique « Kleo » (2022) : La vengeance a deux visages ! - ScreenTune
Photo by Julia Terjung - © 2022 Netflix Inc

Jella Haase réussit une performance digne de Jodie Comer dans « Killing Eve » alternant avec aisance  les deux faces de son personnage; la tueuse froide et méthodique et la jeune femme, arrachée très jeune à sa mère, mais fort curieusement toujours pétrie de l’idéal socialiste.

Avec un contexte historiquement peu connu, la série d’espionnage à l’ambiance RDA Pop séduit et pas que dans les pays germanophones. L’univers dépeint dans « Kleo » est riche de personnages un brin perchés, comme Thilo (Julius Feldmeier) l’ouest-allemand camé qui s’est autoproclamé locataire de son appartement, persuadé d’être un envoyé de Sirius venu  répandre la musique techno parmi les humains…

Critique « Kleo » (2022) : La vengeance a deux visages ! - ScreenTune
Photo by Julia Terjung - © 2022 Netflix Inc

A l’instar des films d’Alfred Hitchcock (« La mort aux trousses ») l’intrigue suit un rythme effréné sur le mode des films d’espionnage. Entre Kléo, la tueuse, et Sven (Dimitrij Schaad), le policier de l’Ouest intrigué par cette inconnue qu’il est le seul à avoir vu tuer, c’est le choc Est/Ouest.

Elle, la petite-fille d’un général de la RDA, agente d’élite de la Stasi ;  lui, un policier en chemise à fleurs, plutôt balourd et lâche.

Les deux finissent par former un buddy movie décapant et se lancent dans la quête d’une valise rouge, le Macguffin parfait qui a justifié toutes les bassesses de la Stasi. La valise contiendrait un secret qui pourrait faire tomber la RDA et favoriser la réunification, mais impossible d’en savoir plus … Si ce n’est que tout le monde court derrière comme des poulets sans tête prêts à tout pour l’obtenir…Et les rencontres entre les gens qui ne devraient jamais se croiser, sont souvent burlesques.

Critique « Kleo » (2022) : La vengeance a deux visages ! - ScreenTune
Photo by Julia Terjung - © 2022 Netflix Inc

Une mention particulière aux décorateurs et aux costumiers de la série qui ont su retranscrire  avec un souci du détail les  intérieurs , les codes vestimentaires et les coupes de cheveux de l’époque.

Quant aux couleurs choisies pour retranscrire la fin des années 1990 sont délibérément acidulées voire criardes. Elles frappent la rétine tout comme la plongée dans l’architecture typique de Berlin-Est où ne circulent que des Trabant.

Pour une première saison (riche de 8 épisodes) la série associe avec succès, thriller, action et comédie mais s’apprécie surtout pour l’aspect didactique qu’elle offre à la génération des 20-40 ans qui n’a rien connu de cette époque peu documentée hors Allemagne.

Cette série créée par Hanno Hackfort, Richard Kropf et Bob Konrad bénéficie d’un excellent casting avec les prestations remarquées de Jella Haase (vue aussi dans « Kidnapping Stella » sur Netflix) et Dimitrij Schaad (la série « Das Boot ») et à leurs côtés,  Julius Feldmeier, Vincent Redetzki et Marta Sroka campent des seconds rôles réussis.

NOTE :

0 /10

Des personnages et des situations loufoques, mais Kleo réussit aussi à nous intéresser à son contexte historique et les amateurs d’histoire apprécieront de croiser au détour d’un épisode des figures historiques telles que  Margot Honecker ou encore Erich Mielke.

Parfois un peu outrancière, la série s’apprécie pour ses décors issus d’un passé révolu et pourtant pas si lointain ,sa bande son à nulle autre pareille et ses deux acteurs déchaînés dont on se demande déjà ce qu’ils vont nous offrir dans la saison 2 !

Yves Legrand – Le  25 septembre 2022

Sources Photos : 

© 2022 Netflix Inc

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