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Buddy enfant de Belfast 15

Belfast 

Avec « Belfast », Kenneth Branagh a romancé son enfance dans une « autofiction » centrée sur l’univers de Buddy cet enfant qui grandit dans ce quinzième arrondissement de Belfast. Basé sur son propre scénario (le premier qu’il signe depuis 2006), le film va t’il nous réconcilier avec le réalisateur de « Mort sur le Nil » ?

Notre avis sans rien divulgâcher de cette vision de Belfast en 1969 qui récolte 7 nominations aux Oscars 2022 et qui a déjà décroché le Golden Globe du « meilleur scénario ».

Critique « Belfast » (2022) :Buddy enfant de Belfast 15 - ScreenTune
© 2022 Sony Pictures Belgium

Synopsis :

Été 1969 : Buddy, 9 ans, sait parfaitement qui il est et à quel monde il appartient, celui de la classe ouvrière des quartiers nord de Belfast où il vit heureux, choyé et en sécurité.
Mais vers la fin des années 60, alors que le premier homme pose le pied sur la Lune et que la chaleur du mois d’août se fait encore sentir, les rêves d’enfant de Buddy virent au cauchemar. La grogne sociale latente se transforme soudain en violence dans les rues du quartier. Buddy découvre le chaos et l’hystérie, un nouveau paysage urbain fait de barrières et de contrôles, et peuplé de bons et de méchants.

Quand on visionne « Belfast » ; on a du mal à croire que c’est le même réalisateur que celui de « Mort sur le Nil » tant la direction d’acteurs, les plans, la modération et la nostalgie qui habitent le film sont aux antipodes du long métrage pédant et redondant que le même « Kenneth Branagh » nous a servi il y a peu.

Critique « Belfast » (2022) :Buddy enfant de Belfast 15 - ScreenTune
© 2022 Sony Pictures Belgium

Comme Almodovar (« Douleur et gloire ») le scénariste et réalisateur Kenneth Branagh a romancé son enfance pour construire cette « autofiction » centrée sur l’univers de Buddy un enfant qui grandit dans ce quinzième arrondissement de Belfast en 1969 ; Un quartier au demeurant paisible où les adultes s’activent et les enfants s’amusent, transformé en zone de guerre menée par des Unionistes protestants à l’encontre de familles catholiques. Jets de pavés, cocktails molotov, carreaux brisés et voitures incendiées, la violence semble sans limite et l’intimidation sans borne…

La force du film repose aussi sur son angle intimiste, loin de toute stigmatisation religieuse.

Critique « Belfast » (2022) :Buddy enfant de Belfast 15 - ScreenTune
© 2022 Sony Pictures Belgium

Débutant par une vision du Belfast actuel, son port, ses docks ses musées, la caméra s’arrête sur un quartier et bascule dans ce noir et blanc « hollywoodien » à la patine soyeuse que Branagh explique avoir choisi parce qu’un enfant de « neuf ans voit ses parents comme des stars de cinéma ». Le choix des acteurs procède du même esprit.

Le réalisateur nord-irlandais optant pour des interprètes maniant l’accent de Belfast sans effort ; Caitriona Bafle (« Outlander », « Le Mans 66 »), Jamie Dornan (« Cinquante nuances de gris ») Ciaran Hinds (« Munich », « Rome », « Game of Thrones ») sans oublier Lady Judi Dench qui retrouve Branagh pour la quatrième fois après « Artemis Fowl », « Le crime de l’Orient- Express » et « Henry V ».

Reste que la vraie belle surprise et révélation de « Belfast », c’est Jude Hill, ce petit garçon choisi parmi 300 candidats et qui joue avec intensité, humour et naturel.

Critique « Belfast » (2022) :Buddy enfant de Belfast 15 - ScreenTune
© 2022 Sony Pictures Belgium

Pour recréer le Belfast des années 60, le réalisateur a fait de nouveau appel à Jim Clay avec lequel il a collaboré sur les deux derniers Hercule Poirot précités quant à la musique elle est signée Van Morrison certes huit titres avaient été précédemment enregistrés mais un a été spécialement composé pour « Belfast ».

Critique « Belfast » (2022) :Buddy enfant de Belfast 15 - ScreenTune
© 2022 Sony Pictures Belgium

Le réalisateur shakespearien donne à voir plus de joie que de larmes, plus d’optimisme que de laideur dans cette autobiographie romancée et insuffle une réelle empathie pour ses personnages grâce aux merveilleux grands-parents que sont Judi Dench et Ciaran Hinds et à la révélation Jude Hill ! Le pourfendeur de dragon muni d’une épée en bois et d’un vieux couvercle de poubelle est le héros magnifique d’une tragédie vue par la lorgnette d’une famille, aimante et unie malgré l’adversité.

Leur faudra-t-il quitter Belfast ?

Note : 8/10

Une petite merveille d’horlogerie avec les troubles en toile de fonds mais aussi des acteurs impliqués …et Jude Hill.

À voir en langue anglaise pour apprécier l’accent de Belfast et un humour so british (Oups ! Nord irlandais).

Sources Photos :

  • © 2022 – Sony Pictures Belgium

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