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Des anonymes revanchards

Adieu les cons 

Comme souvent chez Albert Dupontel, rien ne tourne vraiment rond. Trois ans après le sublime et poétique « Au revoir là-haut », film multi récompensé sur la Première Guerre mondiale, il nous revient avec un long métrage qui flingue la société contemporaine. On y retrouve le thème de la filiation et de la parentalité (omniprésent dans sa filmographie depuis « Bernie » et récemment dans « neufs mois fermes »).

Une comédie jubilatoire et iconoclaste, une revanche des sans nom sur une société déshumanisée.

Critique « Adieu les cons » (2020) : Des anonymes revanchards.- ScreenTune

Synopsis :

Suze Trappet (43 ans), a été forcée d’abandonner  son enfant quand elle n’avait que 15 ans.  Découvrant qu’elle est gravement malade, elle décide de reprendre sa quête administrative pour retrouver son petit. Elle va  fortuitement croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et Monsieur Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. Le trio se lance dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Fourmillants de personnages truculents (campés par une impressionnante collection d’acteurs, avec le caméo habituel de Terry Gilliam), « Adieu les cons » stigmatise la société contemporaine, illustrée par ces sociétés déshumanisées aux open spaces grouillants et clivants.

Virginie Efira (impeccable et riche d’une grande sensibilité) campe Suze Trappet cette jolie coiffeuse, qui découvre devant un médecin (Bouli Lanners) qu’elle est victime d’une maladie auto-immune qui lui dévore les poumons, conséquence d’une surexposition aux laques.

Albert Dupontel est JB l’informaticien spécialiste dans la cybersécurité qui a décidé de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail. Chemin faisant dans leur quête le duo deviendra trio avec le renfort de M. Blin, un archiviste aveugle (Nicolas Marié), un Nicolas Marié (les séries « La stagiaire » et « Les hommes de l’ombre ») impeccable comme à son habitude et dont les bons mots rythment la recherche de ce fils abandonné. Le trio entre en conflit ouvert avec toutes les formes d’autorité : les supérieurs hiérarchiques, l’administration, la police (qui prend cher).

Comme souvent le réalisateur prend le parti des « sans nom » (au sens littéral du terme car dans le film, personne ne se souvient du patronyme des deux héros). Suze et JB unissent leurs forces pour reconquérir leur fierté et leur humanité. Dupontel signe une intrigue au demeurant simple qui s’embrouille au fil d’incidents plus ou moins farfelus comme il les aime, nous plongeant par petites touches dans son univers nostalgique et mélancolique. Un regret cependant : nous aurions signé pour un autre dénouement plus en phase avec le thème de l’anonymat qui entoure les personnages (du coup la note baisse un peu).

Un film un rien dépressif, à l’humour grinçant, mélange détonnant de poésie et d’absurde qui magnifie les rapports humains.

Note : 6/10

Yves Legrand – Le 24 octobre 2020

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