La famille Pierre(en) feu

Greenland - Le dernier refuge

En ces temps de post-confinement, on ne peut pas dire que l’on soit gâté par les sorties estivales. Il faudra encore patienter pour découvrir « TENET » de Christopher Nolan, tout comme « Top Gun : Maverick » ou encore le premier volet de la trilogie « Kaamelott » d’Alexandre Astier.

En cette fin de mois de juillet, plusieurs films pointent cependant le bout de leur nez, « Ava » avec Jessica Chastain mais aussi le film catastrophe qui nous intéresse aujourd’hui, « Greenland : Le dernier refuge » réalisé par Ric Roman Waugh et porté par Gerard « Leonidas » Butler.

Alors ce nouveau film catastrophe renouvelle-t-il le genre ? Gerard Butler peut-il vous décider à retourner dans les salles obscures ?

Synopsis :

Une comète et ses débris sont sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchainent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos.

Le film catastrophe est un genre très apprécié qui permet aux réalisateurs de mettre en scène la fin du monde avec toute la grandiloquence que cela implique à l’aide de grands effets spéciaux et des acteurs charismatiques. Il n’y a qu’à regarder le cultissime « Armageddon » de Michael Bay avec Bruce Willis, « Twister » de Jan de Bont, « The Impossible » de J. A. Bayona avec Naomi Watts et Ewan Mcgregor, « Le Jour d’après » et « 2012 » de Roland Emmerich ou encore « San Andreas » de Brad Peyton

Sous ses airs de faux remake de « Deep Impact », « Greenland » prend la tangente par rapport aux exemples ci-dessus. Pas étonnant quand on sait qu’au départ c’est Neill Blomkamp (« District 9 », « Elysium », « Chappie ») qui était rattaché au projet. Le cinéaste sud-africain quitte soudainement le film pour divergences artistiques et c’est finalement Ric Roman Waugh, réalisateur de « La Chute du Président » déjà avec Gerard Butler, qui reprend le projet.

Le cinéaste décide de raconter un film plus intimiste qu’il n’y paraît. Le spectateur va suivre la famille Garrity dans son périple pour rejoindre la zone protégée contre cette catastrophe sans précédent.

Dans ce genre de film, nous avons toujours droits à des effets visuels qui nous en mettent plein les yeux, « Greenland » tente plutôt de nous montrer l’envers du décor. La panique des foules, le désespoir des familles, la loi du plus fort sur le plus faible, tous les côtés sombres de l’humanité sont ici mis en avant. Cela pourrait énerver et heurter certaines personnes mais la volonté du long-métrage est louable, se focaliser sur la panique et le traumatisme d’une population aux abois à travers le regard d’une famille.

On regrette cependant que Ric Roman Waugh ne s’attarde pas assez sur les bons côtés de l’être humain et s’enlise un peu dans des élans de patriotisme made in USA qui desservent l’impact du long-métrage. Quant aux retournements de situations, ils sont balisés et prévisibles pour les fans du genre et presque sans surprise pour le spectateur lambda.

Au programme, des effets spéciaux pas aussi spectaculaires que d’habitude, ceux-ci sont plus présents en arrière-plan et servent de prétextes afin de se focaliser sur les relations humaines et familiales.  Malheureusement l’impact est minime, la faute à un casting qui n’arrive jamais à transposer toute ces émotions à l’écran.

Gerard Butler tente tant bien que mal de rendre son personnage de père de famille attachant, l’acteur n’a jamais été réputé pour sa profondeur de jeu et n’offre rien de mémorable dans ses expressions faciales pour nous émouvoir. Quant à Morena Baccarin, elle passe plus son temps à pleurer qu’à offrir une composition dramatique digne de ce nom. On louera cependant la présence de Scott Glenn qui enterre en 5 minutes la prestation de ces deux partenaires.

Au final, « Greenland » est un divertissement simple et surprenant pour le genre dont il est issu. Plus intimiste et moins spectaculaire que « Deep Impact » et les autres, le film de Ric Roman Waugh s’oublie vite une fois visionné. La faute à des effets spéciaux pas assez innovants, des acteurs sans réel impact et une mise en scène trop classique dépourvue d’images marquantes.

À découvrir pour les curieux, pour les fans de films catastrophe c’est une autre histoire.

Note : 5/10

Julien Legrand – Le 28 juillet 2020

Sources Photos :

  • Copyright The Searchers Production

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