Publicités

Une fable naturelle et attachante.

Antoinette dans les Cévennes 

Sélectionné pour le Festival de Cannes virtuel de 2020, ce film bucolique comme son titre l’indique est depuis peu disponible en VOD et DVD.

Notre avis sur ce film passé en coup de vent durant l’été dernier avec l’estampille « Comédie de l’été » et qui récolta pas moins de 8 nominations aux Césars 2021 avec en point d’orgue le César de la « Meilleure actrice » pour Laure Calamy (« Dix pour cent »).

Critique « Antoinette dans les Cévennes » (2020) : Une fable naturelle et attachante. - ScreenTune
© 2020 CHAPKA FILMS / LA FILMERIE / FRANCE 3 CINEMA

Synopsis :

Des mois qu’Antoinette attend l’été et la promesse d’une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir.
Alors quand celui-ci annule leurs vacances pour partir marcher dans les Cévennes avec sa femme et sa fille, Antoinette ne réfléchit pas longtemps : elle part sur ses traces !
Mais à son arrivée, point de Vladimir – seulement Patrick, un âne récalcitrant qui va l’accompagner dans son singulier périple…

Soyons honnête, le film de Caroline Vignal (réalisatrice de « Les autres filles ») ne va pas révolutionner l’histoire du Septième Art mais dans ce climat étouffant lié au confinement, aux restrictions de déplacement, ce long métrage constitue une immense bouffée de fraîcheur et d’épanouissement en pleine nature.

 Laure Calamy occupe totalement l’écran avec « Patrick » l’âne qui progressivement se transforme d’infâme bourricot têtu en attachant compagnon à qui elle confesse tout. Antoinette est attachante et ses mésaventures sur les chemins de randonnée des Cévennes ne sont ni vulgaires ni caricaturales.

Cette randonnée le long du GR70, Antoinette l‘accomplit sur les traces de l’écrivain Robert Louis Stevenson, le célèbre auteur de « L’Ile au trésor » et de « Docteur Jekyll et Mr Hyde », qui randonna douze jours à pied en compagnie de Modestine, sa fidèle ânesse. Il partit du village de Monastier-sur-Gazeille, un peu au sud du Puy en Velay et en tira un récit « Voyage avec un âne dans les Cévennes » qui est un peu la pierre angulaire du long métrage puisqu’on se promène sur « le chemin de Stevenson » et qu’Antoinette lit l’ouvrage le soir dans le dortoir trouvant çà et là des points communs avec son vécu personnel. C’est un film à quatre personnages pratiquement ; l’âne Patrick qui mériterait un César animalier. Laure Calamy qui incarne une Antoinette tantôt nunuche tantôt charmante, découverte par beaucoup de cinéphiles dans l’excellente série française « Dix pour cent » et que nous avions remarquée pour notre part dans “Seules les bêtes”. Benjamin Lavernhe déjà excellent dans « Mon inconnue » et Olivia Côte (« Vous les femmes »et la série « César Wagner »)

On peut trouver certaines similitudes entre cette comédie romantique et un autre duo, celui de Fernandel et Marguerite dans « La vache et le prisonnier » d’Henri Verneuil (1959) certes la comparaison s’arrête au couple un humain et un animal qui déambulent car l’environnement est bien moins hostile…

Au contraire, avec cette nature immense et accueillante (comme les habitants des gîtes d’étapes) ça donne clairement envie de faire son baluchon et d’aller retrouver le Mont Lozère, le Gevaudan et de relire Stevenson… Une bouffée d’air frais bienvenue !

Note : 6,5/10

Yves Legrand– Le 20 mars 2021

Sources Photos :

  • © 2020 CHAPKA FILMS / LA FILMERIE / FRANCE 3 CINEMA

Vous pourriez aussi aimer :

Critique « La fille au Bracelet » (2020) : Une coupable silencieuse

« La Fille au bracelet » troisième long-métrage de Stéphane Demoustier (« Terre battue », « Allons enfants ») raconte la troublante histoire de Lise Bataille, une adolescente de dix-huit ans accusée du meurtre de sa meilleure amie Flora, survenu deux ans auparavant. Vous laisserez vous tenter par une nouvelle histoire judiciaire à moins que pour une fois ce n’en soit pas une ?

Lire plus »

contact.screentune@gmail.com