Entre deux eaux.

Aquaman

On ne va pas revenir sur la guerre cinématographique que se livre Marvel et DC Comics, le MCU continue d’avancer en écrasant le Box-Office avec « Infinity War » tandis qu’on préférait oublier « Justice League », le film qui nous avait introduit le personnage d’Arthur Curry alias « Aquaman ».

Le nouveau film de DC centré sur le roi des océans n’avait pas de quoi rassurer tout le monde. En plus de jouir d’une cote de popularité bien inférieure à Batman, Superman et autre Wonder Woman ou Flash, le long métrage de James Wan s’est assez vite sabordé avec des bandes annonces à la limite du regardable et notamment un trailer de 5 minutes qui n’en finissait pas de déballer toute son intrigue.

Un bon gros blockbuster à 200 millions de dollars qu’il est temps de découvrir avec au casting Jason Momoa, dirigé par James Wan (« Conjuring ») et épaulé par Amber Heard, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren et Willem Dafoe.

Synopsis :

Le film revient sur les origines d’Arthur Curry, mi-homme, mi-créature de l’Atlantide, puis l’entraîne dans le périple de sa vie. Une aventure qui l’obligera non seulement à accepter sa véritable identité, mais à savoir s’il est digne de son destin : être né pour devenir roi.

Préparez-vous à écarquiller grands les yeux car « Aquaman » va vous en mettre plein la vue. Dans le film de James Wan, tout est grandiloquent et gargantuesque. Il y a des océans sans fin et des déserts immenses, des citées perdues sur Terre et des royaumes cachés sous la mer, des soldats en armures flamboyantes, des hippocampes guerriers, des dinosaures, des monstres titanesques et des créatures issues de nos pires cauchemars.

Le film sur le roi des océans de DC est déconnecté de toute rationalité cinématographique, James Wan décide de repousser les limites du n’importe quoi jusqu’à offrir une « origin story » sans vrai panache mais avec un univers à la fois riche et beau qui frôle cependant l’indigestion.

On aurait pu craindre que le metteur en scène malaisien n’ait pas la main mise sur son long métrage, la faute à des producteurs trop craintifs de se rater une nouvelle fois en demandant au cinéaste un long métrage aseptisé à la sauce Marvel. Il n’en est rien au final, le réalisateur signe un film à nul autre pareil dans le cinéma des super-héros et dans l’univers étendu DC, lancé par « Man of Steel » en 2013.

Nous avons sous les yeux un blockbuster survitaminé et par moment complètement fou, proche de l’hallucination, une œuvre qui s’autorise tout et n’importe quoi, pour le meilleur et pour le pire.

En fait, « Aquaman » a beau être une grosse production théoriquement calibrée, il transpire l’œuvre libre et hybride, affranchie de toute normalité et décomplexée à tous les niveaux.

Le cinéaste de « Conjuring » puise son inspiration autant dans « Star Wars » et « Avatar » que dans « Indiana Jones », « Le Seigneur des Anneaux » et Jules Verne. En résulte un tourbillon multicolore, curieux et exténuant, capable aussi bien d’exaspérer que d’émerveiller. Cela part dans tous les sens, déborde de tous les côtés, que le film en devient épuisant pour beaucoup.

On se demande même si le réalisateur a encore le contrôle sur son propre film tellement la folie qui éclabousse l’écran est énorme.

En 2h20, « Aquaman » va loin, peut-être même trop loin. Pour une partie du public, c’est certain, il se questionne même sur ce qu’il est en train de contempler. Un film de super-héros aux antipodes de ce que DC propose ou une banale Série B ?

L’aventure d’Arthur Curry et Mera se déroule autant sur la Terre que sous les mers, les mène d’un temple caché dans le Sahara à une tempête cauchemardesque dans la fosse des Mariannes (qui lorgne clairement vers le film d’horreur avec un plan d’anthologie, d’une noirceur magnifique), et les confronte à Black Manta et ses rayons lasers, jusqu’à un climax de fin sous forme de bataille et son torrent d’effets spéciaux qui pique les yeux.

« Aquaman » est une explosion de couleurs, de lumières, de mouvements et d’univers, qui se superposent au point de ne jamais vraiment avoir le temps d’exister tout en saturant les neurones et les rétines du spectateur qui sort du long métrage épuisé.

On retiendra encore des scènes d’action fort bien menées. La caméra de James Wan est heureusement virevoltante, et cadre les combats avec un découpage clair et précis, choses parfois devenues assez rares dans la galaxie des super-héros.

« Aquaman » est un OVNI dans le paysage cinématographique des super-héros qui nourrit plus l’atmosphère par le décor et l’action que par son scénario classique. James Wan s’en donne à cœur joie et signe un spectacle généreux parfois virtuose mais proche de l’overdose. L’exemple parfait du plaisir coupable pour certains et du blockbuster de trop pour d’autres.

 Note : 6/10

 Julien Legrand – Le 1er janvier 2019

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