Rêve gaéliques et dessins poétiques

« Le chant de la mer »

« Le chant de la mer » est un film d’une espèce rare. Il fait partie de ceux que l’on regarde par curiosité, et qui finissent par nous faire tomber amoureux. On pourrait presque dire « C’est pas l’homme qui prend le chant de la mer, c’est le chant de la mer qui prend l’homme ».

Et pour cause : Avec une patte graphique originale et soignée, des personnages plus magiques les uns que les autres, ce film vous donnera l’impression d’assister à un songe.

Synopsis :

Ben et Maïna vivent avec leur père tout en haut d’un phare sur une petite île. Pour les protéger des dangers de la mer, leur grand-mère les emmène vivre à la ville. Ben découvre alors que sa petite soeur est une selkie, une fée de la mer dont le chant peut délivrer les êtres magiques du sort que leur a jeté la Sorcière aux hiboux. Au cours d’un fantastique voyage, Ben et Maïna vont devoir affronter peurs et dangers,  et combattre la sorcière pour aider les êtres magiques à retrouver leur pouvoir.

La véritable force de ce film ne réside pas uniquement dans le design et l’originalité de ses dessins (qui sont dans la continuité du précédent film de Tomm Moore : « Brendan et le secret de Kells ») qui nous plongent directement dans la mythologie celtique et irlandaise.

La bande sonore originale qui accompagne le visionnage y est aussi pour beaucoup.

Un vrai gage de qualité grâce au talent de Bruno Coulais dont les compositions originales (magnifiées par l’envoûtante Nolwenn Leroy) accompagnent avec justesse la progression poétique du conte jusqu’à son dénouement ensorcelant

Ces deux éléments réunis font passer le long métrage de Tomm Moore à un tout autre niveau. Ce n’est pas « juste un dessin animé », c’est une œuvre d’art qui nous parle, qui chante pour nous.  Un film d’une grande richesse techniques couplée à l’inventivité dont Moore fait preuve dans le choix de ces cadres. Il relance en permanence l’intérêt esthétique du métrage, où les symboles celtiques cohabitent à merveille avec les motifs réinterprétés par le style immédiatement identifiable du créateur de « Brendan et le secret de Kells ».

L’histoire quant à elle, est plus complexe que celle du premier long métrage du réalisateur et comporte quelques bizarreries narratives qui ne portent, heureusement, aucun préjudice au film. On peut résumer l’histoire avec cette phrase : C’est un conte.

Une œuvre qui propose un enchevêtrement des enjeux, plus personnels quand qu’ils concernent la relation fraternelle des deux jeunes héros Ben et Maïna, mais plus épique lorsqu’il concerne le rôle des créatures merveilleuses. Un récit qui pourra largement supporter les visions et les relectures.

Que ce soit au niveau des dessins, des musiques, de l’histoire ou de la diégèse : Tout est fait pour que ce soit une très bonne représentation cinématographique du merveilleux.

Mais si on peut penser : « Diablerie, les contes sont faits pour les enfants ! », il faut regarder ce film quand même. Car si, en effet, le public cible n’est autre que nos chères têtes blondes ; Le film n’est en rien immature et ne vous épargnera pas de par sa profondeur et son aspect contemplatif. Une œuvre qui mêle à merveille aussi bien candeur que maturité.

Avec « Le Chant de la mer », Tomm Moore nous offre une nouvelle aventure initiatique inspirée des contes et légendes celtiques. Une histoire magique, un récit familial qui a très probablement touché de nombreux spectateurs et en touchera encore. Je le recommande à quiconque aime : les films d’animations, la poésie, et le cinéma. Magnifique !  

(Big up à la bande son)

Note : 9/10

Maxime Févry – Le 18 septembre 2018

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