The stereo sounds strangE

Little Dark Age

Après avoir volontairement sorti deux albums visant à détruire leur fanbase en 2010 et 2013, le groupe de synth-pop américain MGMT est revenu le mois passé avec “Little Dark Age”. Mais vaut-il le coup d’être écouté après ces deux derniers échecs volontaires ?

Sorti 5 ans après leur album éponyme, le vrai défi pour MGMT et Little Dark Age était de reconquérir les fans qu’ils avaient pourtant fait fuir et de retrouver la gloire obtenue grâce à leurs titres “Kids” et “Electric Feel” dans le courant des années 2010.

Découvrir cet album, c’est un peu comme se balader dans la musique populaire et la synth-pop de plusieurs époques tant les inspirations sont variées. En effet, l’album va puiser ses inspirations auprès de grands noms de l’electro (comme Depeche Mode et Air, par exemple) mais aussi dans la pop music des années 60 à 80. De ce fait, il est compliqué de ne pas considérer cet album comme faisant partie de la vague revival.

Pour ceux qui ne connaissent MGMT que par le biais de leurs plus grands hits, Little Dark Age semblera plus sombre. Comme le laisse envisager son titre, les thématiques abordées dans cet album ne vont pas être particulièrement légères. 

Mais cette dissonance entre l’aspect textuel et l’aspect mélodique est l’une des signatures les plus emblématiques de MGMT. C’était déjà le cas dans “Kids”. On retrouve cette technique dans pratiquement tous les morceaux de Little Dark Age. Notamment dans “One thing left to try”, qui derrière des sonorités s’inspirant des 80’s, parle de suicide. Ou encore comme dans “Me and Michael” dont le sens est plus qu’ambigu.

Sur le plan des sonorités, MGMT continue d’employer une armada de synthétiseurs aux sonorités tantôt légères, tantôt graves, voir même Funk par instant. Le tout surmonté par la voix d’Andrew VanWyngarden. On notera également le morceau qui clôture l’album : “Hand it Over”, qui se rapproche énormément (et ce n’est probablement pas un hasard) de ce qu’ont pu faire les français de Air (un groupe légendaire de la French Touch).

 

Little Dark Age reprend la recette du premier album de MGMT (Oracular Spectacular, sorti en 2007) et la remet au goût du jour. C’est peut-être son seul défaut, car il est difficile de faire dans l’original en accumulant signatures et gimmicks. 

 

Néanmoins, plus qu’une simple compilation de morceaux, c’est un album intelligent aux thématiques fortes que MGMT nous propose. Il vaut la peine d’être lu autant que d’être écouté tant les textes sont intelligents et tant il est intéressant d’écouter des mélodies si légères avec des textes aussi sombres.

 

 

Note: 8,5/10

 

Maxime Févry – 04 mars 2018

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