Éthique ou survie ?

Yellow Letters

Après  « La Salle des Profs », son long métrage nommé aux Oscars, le réalisateur Ilker Catak revient un drame politique, véritable manifeste pour la liberté. Récompensé par l’Ours d’Or à la Berlinale 2026, « Yellow Letters » d’İlker Çatak explore avec intensité le dilemme moral d’un couple confronté à la répression politique en Turquie.

Notre critique décortique le couple et les effets de la dictature en Turquie. 

Critique « YELLOW LETTERS » (2026) Éthique ou survie ? - ScreenTune
© 2026 Cinéart

Synopsis :

rofesseur à la faculté d’Ankara, Aziz (Tansu Bicer) reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya (Özgü Namal ), célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.

İlker Çatak : du microcosme à la fresque politique

Avec « Yellow Letters », le réalisateur Ilker Catak nous raconte comment un couple d’artistes, épris de liberté, voit leur existence basculer lorsque l’étau de la dictature se resserrer autour d’eux mais aussi des professeurs, des artistes, que le pouvoir tente de museler par des mesures arbitraires et contraignantes.

Le film s’appuie sur la campagne de purges orchestrée par l’administration turque entre 2016 et 2019, période durant laquelle plusieurs milliers d’artistes ,d’avocats et d’universitaires sont traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix.

A l’été 2016, après la tentative de coup d’État, les purges se sont intensifiées,visant tous les secteurs de la société.

Critique « YELLOW LETTERS » (2026)
© 2026 Cinéart

Un couple face à la machine répressive

Le film s’attache à un couple plongé dans la tourmente  pour ne pas avoir cédé aux injonctions du régime, l’épouse est comédienne sur la scène du Théâtre National, lui prof à la fac. Tous deux se voient interdits d’exercer leur profession… Se pose alors la question existentielle, comment rester fidèle à ses idéaux quand la réalité économique vous étrangle inexorablement ?

Critique « YELLOW LETTERS » (2026)
© 2026 Cinéart

Une première partie inégale, une tension qui monte

Malgré de louables efforts pour gagner  de la hauteur et décrire un système répressif à l’encontre des intellectuels et des artistes au travers de procès politiques ,d’intimidations , de chantage aux subsides, la première partie du film ne convainc pas vraiment.

A Contrario , lorsque le metteur en scène se déleste de certaines intrigues très secondaires pour se recentrer sur la descente aux enfers du couple, sur la manière dont la politique impacte leur quotidien et leur intimité, il se dégage une atmosphère puissante et quasi irrespirable. 

NOTE :

0 /10

Un regard sans concession sur la Turquie contemporaine

Porté par un couple attachant qui alterne  séquences rythmées ou intimes, moments de complicité ou de dispute, İlker Catak traite les dilemmes moraux de ses personnages sans jamais prendre parti , laissant le soin au spectateur de trancher.

Révélé internationalement avec « La Salle des profs » qui disséquait le microcosme scolaire, le cinéaste allemand d’origine turque İlker Catak dit s’être inspiré de la situations de nombreux intellectuels turcs ces dernières années, et particulièrement du procès fait au cinéaste Emin Alper.

Yves Legrand – Le 23 avril 2026.

Sources Photos : 

© 2026 Cinéart

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