Là où chantent les violons !

Vivaldi et moi (2026)

Grand metteur en scène d’opéra, Damiano Michieletto signe à 50 ans, un premier film intelligent et bien construit qui nous replonge dans la Venise du XVIIIème siècle.

Pourquoi « Vivaldi et moi » est bien plus qu’un  simple film sur le compositeur des Quatre Saisons ?

Notre critique se drape dans un tabarro pour arpenter la Serenissima ! 

Critique « VIVALDI ET MOI » (2026) : Là où chantent les violons ! - ScreenTune
© 2026 Cinéart & ©Moana Films 2026

Synopsis :

Au début du XVIIIe siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cécilia (Tecla Insolia), 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi (Michele Riondino), vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.

Un premier film maîtrisé

Il fallait, sans doute, être vénitien pour tirer toute l’énergie et l’émotion d’une intrigue autour de Vivaldi.

Inspiré du roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa, le récit s’appuie sur la vie et l’art de Vivaldi en inventant l’histoire d’une orpheline, Cecilia, remarquablement incarnée par Tecla Insolia, qui devient cheffe de section des premiers violons au sein de l’orchestre de l’école. Contrairement à Vivaldi, Cecilia n’est pas en position d’en faire son métier même si elle partage la passion du compositeur pour la musique.

Critique « VIVALDI ET MOI » (2026) : Là où chantent les violons ! - ScreenTune
© 2026 Cinéart & ©Moana Films 2026

Antonio Vivaldi au cœur d’un récit romanesque

Le scénario du film repose sur les fiançailles de Cécilia avec un noble engagé dans une grande guerre contre les Turcs (Stefano Accorsi). Bien qu’elle aime profondément jouer du violon pour Vivaldi, son destin est déjà tracé et la directrice lui affirme qu’elle est « chanceuse » d’être promise à un homme riche capable de la sortir de la pauvreté.

En refusant l’offre et en demandant à rester à l’orphelinat comme violoniste, Cecilia s’engage dans une voie parsemée de difficultés et de résistance…

Critique « VIVALDI ET MOI » (2026) : Là où chantent les violons ! - ScreenTune
© 2026 Cinéart & ©Moana Films 2026

Une plongée fascinante dans la Venise du XVIIIe siècle

Vivaldi était un génie en ébullition permanente, il a composé et produit plus de quarante opéras et des centaines de concertos joués à l’époque dans toute l’Europe car il en avait publié les livrets.

À l’instar de ses contemporains Bach et Haendel, Vivaldi est une figure emblématique de la musique baroque longtemps oubliée…

Baignée par la musique omniprésente de Vivaldi qui contribue à la force du film, Damiano Michieletto  signe un premier film réussi , mais il est déjà un metteur en scène d’opéra reconnu, notamment pour Rossini, et il sait s’entourer.

L’équipe artistique, menée par Gaspare De Pascali, restitue avec minutie la Venise du début du 18 ème siècle. Les costumes, l’immense dortoir des orphelines, les salles de concert où les musiciennes jouaient dissimulées derrière des grilles : tout est rendu avec précision et perfection.

Critique « VIVALDI ET MOI » (2026) : Là où chantent les violons ! - ScreenTune
© 2026 Cinéart & ©Moana Films 2026

Plus qu’un biopic : un récit sur la liberté et l’émancipation

Avec « Vivaldi et moi », Damiano Michieletto signe un premier long métrage raffiné et immersif, où la musique de Vivaldi accompagne le destin d’une jeune femme en quête de liberté dans la Venise du XVIIIe siècle. 

NOTE :

0 /10

Tecla Insolia : une révélation lumineuse

L’action se déroule en 1716, à Venise, et pour celui qui a déjà arpenté la Sérénissime,c’est une délicieuse plongée dans l’histoire de la cité des Doges.

Tecla Insolia est absolument parfaite et juste dans le rôle de Cecilia. Connue simplement sous le nom de Tecla, cette chanteuse et actrice italienne est née à Varèse en 2004. La critique l’a plébiscitée en 2025 pour ses interprétations dans le film « Familia » et dans la mini-série « L’Art de la joie ». Tecla a remporté le David di Donatello de la meilleure actrice et le David Rivelazioni Italiane 2025.

Grand metteur en scène d’opéra, à la Scala comme à la Fenice ou au Palais Garnier, Damiano Michieletto reste fidèle à la musique pour son premier long métrage. « Vivaldi et moi » n’est pas fort heureusement un biopic du compositeur des Quatre Saisons , on peut préférer le titre italien  plus poétique « Primavera », « le printemps » qui sied davantage à cette histoire romanesque. 

Yves Legrand – Le 7 mai 2026.

Sources Photos : 

© 2026 Cinéart

Vous pourriez aussi aimer :

contact.screentune@gmail.com