un hommage brutal aux slashers des années 80

Adrienne Barbeau : la légende de l’horreur au BIFFF 2026

THE RED MASK, premier film de fiction du réalisateur américain Ritesh Gupta, est un slasher bien tranchant qui rend hommage aux fleurons du genre (mais pas que…), à commencer par VENDREDI 13 (le film a d’ailleurs été tourné dans la maison qui servit de décors au film FRIDAY THE 13TH – THE FINAL CHAPTER).

Tourné avec une seule caméra en à peine 16 jours après une période de préparation réduite à deux semaines et dans un lieu unique pour des raisons de budget, ce film est produit par Atit Shah, présent lui-aussi au BIFFF en compagnie du réalisateur, et nous emmène à la rencontre d’une jeune scénariste (Helena Howard) qui se réfugie dans un chalet isolé pour faire revivre (et remettre au goût du jour) un classique du slasher des années 80.

Mais c’était sans compter sur l’apparition d’un couple de fans du film original (Kelli Garner et Jake Abel), bien décidés à ne pas laisser qui que ce soit trahir l’héritage de « leur » film préféré…

The Red Mask : un hommage brutal aux slashers des années 80 - ScreenTune
© 2026 ScreenTune - Photo prise par Vincent Legros

Entre hommage à Vendredi 13 et réflexion méta sur les fans hardcore

Rencontre avec Ritesh Gupta, au lendemain de la projection de son film (dans une ambiance bien animée, comme c’est de tradition au BIFFF).

ScreenTune : Si votre film s’apparente a priori au genre horrifique, il comporte aussi des scènes qui relèvent du drame ou de la comédie. Ce choix a-t-il été d’emblée voulu et évident ?

À la lecture du premier script, on me l’a surtout présenté comme un film d’horreur. Et j’ai pourtant très vite capté que c’était en réalité beaucoup plus que cela. Il y a des thématiques sociales et sociétales qui y sont abordées, notamment sur le fait de savoir s’il faut avancer sur certains sujets, quitte à remettre les choses en question, ou alors préserver le passé à tout prix. Et puis on touche aussi à la question de ces fans « hardcore » qui ne supportent pas que l’on touche à leur film ou leur héros préféré, et qui peuvent exister dans la communauté qui aime le cinéma d’horreur. C’est d’ailleurs à ce dilemme que peuvent être confrontés des scénaristes qui veulent proposer quelque chose d’innovant, tout en respectant le travail de leurs prédécesseurs.

The Red Mask : un hommage brutal aux slashers des années 80 - ScreenTune
© 2026 ScreenTune - Photo prise par Vincent Legros

Réseaux sociaux, culture woke et héritage du cinéma d’horreur

ScreenTune : Les différents thèmes que votre film abordent concernent aussi bien le combat d’une jeune scénariste en quête d’identité artistique et créative, le pouvoir des réseaux sociaux, l’opposition entre cuture pro et anti-woke et la résistance de certains fans à voir leurs héros ou leurs films préférés mis au goût du jour.

Avez-vous vous-même été confronté à cette dernière dimension, vous qui souhaitiez moderniser le slasher classique, au regard des thématiques sociétales actuelles ?

C’est en effet un film plus dense que ce qu’il peut dégager au premier abord et ça a vraiment été ma volonté d’aller dans ce mélange et cette complexité. Ceci dit, et heureusement, je n’ai pas été moi-même « attaqué » par des fans hardcore qui auraient pu penser que je me permettais de trop grandes libertés à donner ma propre vision d’un slasher. Tout d’abord parce que je pars dans mon film d’une franchise qui n’existe pas. Je souhaitais aussi pouvoir laisser s’exprimer les deux tendances, celle qui est attachée au passé et celle qui s’inscrit dans une démarche plus ouverte, plus progressiste. Et tout cela sans jugement. Et puis je voulais aussi rendre hommage aux gens de l’ombre, à tous ces scénaristes qui se battent pour vivre et défendre leur Art, parfois avec beaucoup de difficultés, créatives et existentielles.

ScreenTune : Votre passé de journaliste et votre expérience en tant que documentariste vous ont-ils aidé dans la préparation et le tournage de ce film ?

Oui, tout-à-fait, j’ai vraiment voulu donner leur chance aux deux sphères, aux deux clans qui s’opposent, sans jugement. Le cœur du film est d’ailleurs cette scène où les deux couples donnent leur point de vue et débattent sur les limites de qui peut être fait au niveau artistique et créatif. On l’a vraiment amenée de manière documentaire, mais surtout naturelle et sans effets horrifiques

ScreenTune : Quels sont les films ou les cinéastes qui vous ont inspiré  dans le genre horrifique ?

Je suis né dans les années 1970. VENDREDI 13, LES GRIFFES DE LA NUIT, puis SCREAM m’ont tellement impressionné quand je les ai vus pour la première fois. Ils restent pour moi des films de référence, très importants, qui ont vraiment influencé ma culture et mon regard sur le genre, à tous points de vue.

Helena Howard, Kelli Garner et Jake Abel au cœur du conflit

ScreenTune : Pouvez-vous nous parler de votre casting ? Comment a-t-il été constitué ?

Helena Howard a été la première attachée au projet et elle a très vite accepté, même si elle souhaitait défendre le côté féministe et progressiste de son personnage, que les autres protagonistes, qui vont l’attaquer, puissent donner leur point de vue. Ça a té très précieux et essentiel pour amener l’équilibre que je souhaitais développer. Pour Kelli Garner et Jake Abel, ça a été vraiment évident, car ce sont de grands comédiens. On n’avait pas eu besoin de beaucoup de répétitions, tout se passait de manière très naturelle…

ScreenTune : Quels sont vos projets actuels ?

J’ai deux documentaires en cours, l’un sur une affaire criminelle, l’autre sur une personnalité du sport, mais je suis aussi tenté par un nouveau film d’horreur, mais il est bien trop tôt pour en parler…

Présenté au BIFFF, The Red Mask détourne les codes du slasher classique pour interroger notre époque, les réseaux sociaux et la violence des fandoms modernes dans un hommage aussi sanglant que méta au cinéma d’horreur des années 80

Merci à toute l’équipe du BIFFF et en particulier à Jonathan Lenaerts et la team Press du Festival !

Vincent Legros – Interview réalisée le 18 avril 2026 en direct du BIFFF 2026

Sources Photos : 

© 2026 Vincent Legros pour ScreenTune au BIFF 

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