
Portrait : Harrison Ford – Ford Explorer
Qui n’a jamais rêvé de faire claquer un fouet, porter un Fedora, piloter le Faucon Millénium ? Harrison Ford, lui a fait toutes ces choses.
Qu’il est loin le temps où le monde tombait sous le charme du couple formé à l’écran par Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, écumant les tapis rouges bras-dessus, bras-dessous à l’occasion de la sortie en salles de « Titanic ». Véritable phénomène, le film de James Cameron propulsait alors l’actrice au rang de star internationale. Mais si Kate a conquis la planète entière avec son rôle de Rose, elle n’a jamais cherché à capitaliser sur ce succès, préférant suivre ses instincts.
Kate Winslet fait partie de ces rares actrices dont le seul nom évoque à la fois l’excellence, la sincérité et une forme de fidélité à l’art de jouer dans ce qu’il a de plus pur. Depuis ses débuts fracassants au milieu des années 90 jusqu’à ses prestations plus récentes, elle a tracé un chemin singulier, loin du tumulte d’Hollywood. A la fois star mondiale et figure discrète, elle est capable de se plonger corps et âme dans chacune de ses interprétations, elle a toujours su jongler entre blockbusters monumentaux et drames intimistes.
Sa filmographie, riche et variée, témoigne d’un goût affirmé pour les personnages complexes, tourmentés, rarement lisses, qu’elle habite avec une intensité peu commune. Une carrière jalonnée de triomphes critiques, de prix prestigieux et d’ovations.
Portrait d’une actrice humble mais brillante, qui a su se réinventer au fil des décennies.
Petite bio :
Kate Elizabeth Winslet, née le 5 octobre 1975 à Reading, dans le sud de l’Angleterre, est issue d’une famille modeste mais passionnée par les arts. Ses parents, tous deux liés au milieu culturel, lui transmettent très tôt le goût de la scène. Son père, comédien de théâtre, peine à joindre les deux bouts, mais encourage sa fille à suivre ses instincts. Sa mère, serveuse, lui inculque cette capacité à rester les pieds sur terre, même dans un monde voué au rêve, Kate grandit dans un univers où l’imaginaire est une échappatoire autant qu’une vocation.
Entourée de son frère et de ses sœurs – toutes deux devenues actrices également – elle intègre rapidement des cours de théâtre. A l’école primaire, elle subit les moqueries de ses camarades de classe qui la surnomment « graisse de baleine » en raison de son surpoids, longtemps victime d’intimidation, elle se forge un caractère en acier trempé, bien décidée à réussir coûte que coûte en tant qu’actrice.
À 11 ans, elle rejoint la Redroofs Theatre School, une école d’arts dramatiques où elle se forge une discipline et une rigueur qui ne la quitteront plus. C’est là qu’elle découvre l’intensité du jeu dramatique et sa propre capacité à habiter un rôle avec une profondeur inhabituelle pour une adolescente. Sa silhouette ronde et son physique qui en impose l’empêchent parfois d’être prise au sérieux, mais elle s’en moque : son obsession est d’incarner, pas de séduire.
Ses premiers pas devant la caméra se font à la télévision, dans des publicités et des téléfilms britanniques. Elle obtient en 1991, l’un des principaux rôles dans « Dark Season », série de science-fiction de la BBC. L’année suivante, elle incarne la fille d’une femme obèse dans le téléfilm « Attitudes ». Lors du tournage, un commentaire déplacé du réalisateur sur sa ressemblance avec sa mère à l’écran, incite la jeune femme, qui présentait alors un léger embonpoint, à perdre du poids.
Mais c’est au cinéma qu’elle rêve de percer. Son premier rôle principal survient en 1994 avec « Créatures célestes » de Peter Jackson. Elle y incarne Juliet, adolescente issue d’un milieu aisé, plongée dans une relation fusionnelle et destructrice avec son amie Pauline. Inspiré d’un fait divers glaçant survenu en Nouvelle-Zélande, le film fascine par son mélange d’onirisme et de cruauté. La prestation de Winslet impressionne : elle est tour à tour lumineuse et inquiétante, capable de rendre tangible l’ambiguïté psychologique de son personnage.
« Créatures célestes » reçoit un accueil critique enthousiaste, révélant non seulement le talent du futur réalisateur du « Seigneur des Anneaux », mais surtout celui d’une actrice de 19 ans dont on pressent déjà la grandeur. La critique internationale salue une révélation. La machine est lancée.
Le Top 10 de la rédaction :
Icône malgré elle, Kate Winslet fait partie de ces actrices qui n’ont jamais eu besoin de forcer leur talent pour s’imposer. Avec son jeu nuancé, son regard clair qui en dit souvent plus qu’un long dialogue, et sa façon de naviguer entre blockbusters et films intimistes, elle s’est taillée une place à part dans le paysage hollywoodien. Ni starlette de tapis rouge, ni diva intouchable : une actrice entière, exigeante, parfois radicale dans ses choix, mais toujours d’une sincérité désarmante.
Retour sur les rôles les plus marquants (selon nous) d’une carrière déjà bien remplie et jalonnée de succès.
10. « Carnage » (1984) de Roman Polanski :
Le Film :
Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la “victime” demandent à s’expliquer avec les parents du “coupable”. Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l’affrontement. Où s’arrêtera le carnage ?
Pourquoi faut-il le voir ?
Adapté de la pièce à succès « Le Dieu du carnage » de Yasmina Reza, le film de Polanski réunit un casting quatre étoiles pour un huis clos étouffant : autour de Kate Winslet, on retrouve des personnalités aussi notores que Christoph Waltz et Jodie Foster notamment. Déjà auréolée d’un Oscar pour « The Reader », Winslet se laisse séduire par l’idée de se frotter à une comédie de mœurs corrosive, portée par un texte acéré et une direction d’acteurs millimétrée.
Elle incarne Nancy, femme policée qui tente d’abord de maintenir les apparences, avant de perdre pied au fil des échanges acides entre les deux couples. Winslet s’amuse visiblement à jouer cette déchéance progressive, passant de la bienséance au vomi incontrôlable dans une scène restée célèbre. Sa capacité à embrasser le ridicule, sans craindre de froisser son image, prouve l’étendue de son registre.
Face à Jodie Foster, l’affrontement fait mouche : deux actrices puissantes se renvoient des dialogues comme des uppercuts. La critique salue leur duo, reconnaissant à Winslet une précision comique rarement mise en valeur dans sa carrière. « Carnage » n’est peut-être pas son rôle le plus marquant, mais il démontre sa virtuosité dans le registre satirique.
9. « Lee Miller » (2024) d’Ellen Kuras :
Le Film :
L’incroyable vie de Lee Miller, ex-modèle pour Vogue et muse de Man Ray devenue l’une des premières femmes photographes de guerre. Partie sur le front et prête à tout pour témoigner des horreurs de la Seconde Guerre, elle a, par son courage et son refus des conventions, changé la façon de voir le monde.
Pourquoi faut-il le voir ?
Ce projet, Kate Winslet le porte depuis des années. Fascinée par la photographe et correspondante de guerre Lee Miller, elle s’implique dès le départ comme productrice, déterminée à faire exister à l’écran le destin hors du commun de cette femme libre et insoumise. Ellen Kuras, chef-opératrice reconnue et collaboratrice de longue date, prend les rênes de la réalisation.
L’actrice s’immerge totalement dans ce rôle de femme complexe : mannequin devenue muse de Man Ray, puis reporter intrépide qui immortalisa la libération des camps nazis. L’actrice y met sa force et sa vulnérabilité, rendant hommage à une pionnière qui n’a jamais voulu se laisser enfermer dans une case. Le parallèle avec sa propre carrière, guidée par l’indépendance et le refus des compromis, saute aux yeux.
Entourée de partenaires solides (Alexander Skarsgård comme mari, Andy Samberg en camarade de front), elle s’investi dans son personnage avec justesse et passion, donnant au film son souffle vital. Les critiques louent une interprétation habitée, marquée par un engagement personnel rare. Avec « Lee Miller », Kate Winslet ne joue pas seulement un rôle, elle signe une déclaration d’amour à toutes les femmes qui ont osé prendre la parole et saisir la vérité.
8. « Raison et Sentiments » (1995) d’Ang Lee :
Le Film :
Au siècle dernier en Angleterre, à la suite du décès de leur père, les soeurs Dashwood et leur mère sont contraintes de réduire drastiquement leur train de vie et de quitter leur propriété pour s’exiler à la campagne. L’aînée, Elinor, renonce à un amour qui semble pourtant partagé, tandis que sa cadette, Marianne, s’amourache du séduisant Willoughby. Si la première cache ses peines de coeur, la seconde vit bruyamment son bonheur. Jusqu’au jour où Willoughby disparaît.
Pourquoi faut-il le voir ?
À seulement 19 ans, révélée par l’intrigant « Créatures célestes » de Peter Jackson, Kate Winslet est choisie pour le rôle de Marianne Dashwood, jeune romantique exaltée. Elle s’impose aux côtés de pointures comme Emma Thompson et Alan Rickman.
Sous la direction exigeante d’Ang Lee, elle insuffle au personnage une spontanéité vibrante, évitant tout maniérisme. Elle incarne la jeunesse dans tout ce qu’elle a de plus flamboyant, ses élans passionnés comme ses chagrins sont d’une sincérité désarmante, sa douleur est vive, ses regards trahissent une émotion immédiate. Elle réussit à faire de Marianne une jeune femme en devenir, idéaliste, sensible et touchante. Une figure certes imparfaite mais d’une humanité rare.
La critique salue unanimement cette performance, qui lui vaut sa première nomination à l’Oscar du meilleur second rôle féminin. Elle devient instantanément l’une des actrices les plus prometteuses de sa génération et assoit ainsi sa réputation d’étoile montante du cinéma britannique. « Raison et Sentiments » marque ainsi le véritable point de départ de sa carrière internationale, révélant une actrice capable d’allier fougue et rigueur avec une élégance rare.
7. « Steve Jobs » (2015) de Danny Boyle :
Le Film :
Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.
Pourquoi faut-il le voir ?
Dans ce biopic – d’après un scénario d’Aaron Sorkin – qui se concentre sur trois moments clés de l’ascension de Steve Jobs, Kate Winslet incarne Joanna Hoffman, sa fidèle et implacable collaboratrice. Un rôle a priori secondaire sur le papier, mais devenu élément central grâce à la prestation magistrale de la comédienne, qui démontre une fois de plus sa capacité à se transcender dans chacune de ses interprétations.
Par son accent impeccable, sa gestuelle mesurée, sobre mais pleine d’autorité, et son regard acéré, elle disparaît littéralement derrière son personnage, à qui elle donne une densité incroyable. Elle fait de Joanna la conscience morale de Jobs, la seule collaboratrice capable de lui tenir tête sans trembler, Winslet incarne cette loyauté farouche avec une intensité rare et un aplomb sidérant.
Son alchimie avec Michael Fassbender est l’un des atouts majeurs du film : leurs joutes verbales électrisent l’écran, donnant à cette relation de travail une profondeur inattendue. La critique salue sa transformation, lui valant un Golden Globe et une nomination aux Oscars.
6. « The Reader » (2009) de Stephen Daldry :
Le Film :
Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l’un de leurs jeux consiste à ce qu’il lui fasse la lecture. Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna… sur le banc des accusés…
Pourquoi faut-il le voir ?
Lorsque Kate Winslet aborde le rôle de Hanna Schmitz, l’un des plus controversés et difficiles de sa carrière. elle sait qu’elle s’aventure sur un terrain miné. Le roman de Bernhard Schlink a suscité des polémiques, mais Winslet choisit de s’y confronter, attirée par la complexité morale du personnage : ancienne gardienne de camp nazi impliquée dans une relation avec un adolescent,.
Son interprétation est d’une audace rare : elle expose la nudité physique et émotionnelle de Hanna, refusant de l’adoucir ou de la rendre aimable. Winslet incarne cette femme avec une vérité brute, oscillant entre séduction, dureté et désarroi. Sa capacité à traduire la honte et l’opacité intérieure fascine autant qu’elle dérange.
Face à Ralph Fiennes et David Kross, elle trouve un équilibre parfait : leur intensité nourrit la sienne, et inversement. La critique loue unanimement sa performance, qui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice en 2009. « The Reader » reste l’un de ses rôles les plus marquants, symbole de son courage artistique.
5. « Titanic » (1998) de James Cameron :
Le Film :
Le 10 avril 1912, au port de Southampton en Angleterre, le Titanic, le plus grand paquebot du monde, réputé pour son insubmersibilité, appareille pour son premier voyage. Une traversée inaugurale de l’Atlantique Nord avec pour destination New York. À son bord, Jack Dawson, un artiste sans le sous, fait la rencontre de Rose, passagère de première classe issue d’une famille aristocrate de Philadelphie. Bien que venant d’univers radicalement différents, ils finissent pas tomber amoureux. Quatre jours plus tard, le navire heurte un iceberg…
Pourquoi faut-il le voir ?
En 1997, James Cameron confie à Kate Winslet le rôle de Rose DeWitt Bukater, jeune aristocrate étouffée par son milieu. L’actrice, alors âgée de 22 ans, n’était pas encore une star internationale, mais son instinct et son intensité ont convaincu Cameron.
Et le cinéaste ne s’est pas trompé ! Kate est Rose, elle l’habite avec une sincérité désarmante, incarnant à la perfection cette jeune femme en quête de liberté, partagée entre le poids des conventions et son attirance pour l’intrépide Jack. Sa prestation, d’une grande pureté, contribue largement au succès du film.
Tout comme son alchimie avec Leonardo DiCaprio, qui a marqué l’histoire du cinéma, donnant à ce couple, certes fictif (n’en déplaise à une certaine presse), une aura mythique. Le spectateur croit à chaque regard, à chaque geste… leur complicité à l’écran transcende le mélodrame, donnant à la romance une authenticité bouleversante. Le public du monde entier tombe sous le charme de leur duo.
Avec « Titanic », Winslet devient une star planétaire. Mais loin de céder aux sirènes d’Hollywood, elle choisira ensuite des rôles plus audacieux, confirmant qu’elle ne se laisserait pas enfermer dans l’image qu’on voudrait lui prêter.
4. « Mildred Pierce » (2011) de Todd Haynes :
La série :
Mildred Pierce, femme au foyer à Los Angeles durant la Grande Dépression, se retrouve seule pour élever tant bien que mal ses deux filles. Grâce à sa détermination, elle va rapidement gravir les échelons. Mais elle doit faire face à l’influence parfois néfaste de ses proches : sa fille aînée Veda dont elle s’évertue à satisfaire les désirs, tout en surmontant les préjugés de la société et les trahisons amoureuses. À vouloir tout avoir, elle finira par tout perdre. Mais pour Mildred, le succès en valait la peine.
Pourquoi faut-il la regarder ?
Adaptée du roman de James M. Cain, cette mini-série HBO offre à Kate Winslet un rôle en or : celui d’une femme divorcée dans l’Amérique de la Grande Dépression, qui tente de se reconstruire en ouvrant un restaurant.
Winslet incarne Mildred avec une intensité rare, traduisant ses contradictions : mère aimante mais étouffante, femme ambitieuse mais fragile, victime et combattante à la fois. Elle donne au personnage une épaisseur bouleversante, évitant tout manichéisme.
L’un des points forts de la série réside dans sa relation complexe avec sa fille Veda, jouée par Evan Rachel Wood. Leurs affrontements, violents et déchirants, donnent à la série une dimension tragique. Winslet, sobre et vibrante, ancre l’ensemble dans une vérité émotionnelle.
La critique est dithyrambique, saluant l’une des plus grandes performances de sa carrière. L’Emmy Award qu’elle décroche confirme son triomphe et prouve qu’elle peut briller autant sur petit que sur grand écran
3. « Les Noces rebelles » (2008) de Sam Mendes :
Le Film :
Au milieu des années 1950, April et Frank Wheeler forment un jeune couple américain qui, en apparence, a tout pour être heureux. Ils se considèrent comme bien au-dessus des conventions sociales et de l’inertie qui règne dans leur lotissement. S’étant promis de ne jamais sombrer dans le conformisme de leurs voisins, ils finissent pourtant par devenir tout ce qu’ils ne voulaient pas être : un homme coincé dans un emploi sans intérêt ; une ménagère qui rêve de passion et d’une existence trépidante. Une famille américaine ordinaire ayant perdu ses rêves et ses illusions.
Pourquoi faut-il le voir ?
Onze ans après « Titanic », Kate et Leo se retrouvent pour poursuivre leur (b)romance à l’écran. Face à DiCaprio, la complicité retrouvée produit des étincelles. Mais cette fois, le duo ne fait pas chavirer les cœurs. : il les brise.
Dans ce film, adapté d’un roman de Richard Yates, ils incarnent un couple marié dans l’Amérique des années 1950. Leur alchimie sert une tragédie conjugale d’une cruauté implacable qui dissèque la lente dégradation d’un couple d’apparence modèle, pourtant en plein “naufrage“, étouffé par la routine et les rêves avortés.
Sous la direction de Sam Mendes – son mari de l’époque –, elle incarne April Wheeler, femme brillante et sensible, prisonnière d’une existence trop étriquée. Son jeu est d’une intensité bouleversante, oscillant entre colère, désespoir et nostalgie. Elle livre une performance déchirante, qui sonne toujours juste.
La critique encense le film, Winslet décroche un Golden Globe, et beaucoup considèrent sa prestation comme l’une de ses plus grandes réussites. « Les Noces rebelles » prouve qu’elle peut réinventer une relation mythique sans jamais se répéter.
2. « Mare of Easttown » (2021) de Brad Ingelsby :
La série :
À Easttown, une petite ville de Pennsylvanie, une détective respectée “Mare” Sheehan enquête sur un meurtre local sordide tout en jonglant avec sa vie personnelle qui s’effondre rapidement autour d’elle. Affectée par des tragédies personnelles, sa vie a pris un tournant inattendu, elle est la seule enquêtrice dans une brigade de police qui passe la plupart de son temps à traiter des infractions liées à la drogue Elle porte en parallèle le poids de la perte de son fils et tente de gérer les responsabilités d’une famille bien remplie. Sous la pression croissante, Mare n’a qu’une obsession : faire justice dans une ville où tout le monde est un suspect potentiel.
Pourquoi faut-il la regarder ?
Avec « Mare of Easttown », Kate Winslet s’offre un retour fracassant au premier plan. Dans cette mini-série HBO, elle incarne Mare Sheehan, détective blasée d’une petite ville rongée par les drames.
À mi-chemin entre pur thriller et drame psychologique, la tonalité de la série est très moderne. Kate Winslet y est pour beaucoup, formidable en mère de famille éprouvée et en enquêtrice désabusée, presque au bout du rouleau. Une sorte d’Humphrey Bogart au féminin.
L’actrice y apparaît sans fard, cheveux gras mal coiffés, regard usé, accent traînant… Elle incarne avec une authenticité sidérante cette femme brisée mais tenace, marquée par les pertes mais qui tient toujours debout. Si sa performance, brute et humaine, captive de bout en bout, ce sont surtout les relations qu’elle entretient avec sa famille qui ancrent son personnage dans une vérité poignante.
La critique est unanime : c’est l’un des rôles de sa vie. Elle y est tout simplement magistrale, réinventant l’art du jeu naturaliste où chaque geste, chaque silence est criant de vérité. Elle décroche un Emmy Award et rappelle au monde entier qu’elle est une actrice hors pair, capable de toucher juste sans avoir besoin d’artifice.
1. « Eternal Sunshine of the Spotless Mind » (2004) de Michel Gondry :
Le Film :
L’idylle entre Clementine et Joel a pris fin, en raison de leurs caractères trop différents et de la routine. Pour apaiser ses souffrances, Clementine a recours à Lacuna, un procédé révolutionnaire qui efface certains souvenirs. Désespéré, Joel décide de suivre le même processus. Une nuit, deux techniciens s’y emploient. Mais quand le passé défile dans sa tête, Joel mesure à quel point il aime toujours Clementine.
Pourquoi faut-il le voir ?
Lorsque Michel Gondry et Charlie Kaufman imaginent cette fable sur la mémoire et l’amour, ils jettent leur dévolu sur Kate Winslet afin de lui offrir un rôle à contre-emploi. Cela tombe bien car, après plusieurs succès dans des drames historiques, Winslet, cherche activement des rôles moins conventionnels pour éviter d’être cataloguée dans ce genre en particulier. C’est donc sans hésiter qu’elle accepte d’endosser les pull à capuche et les cheveux fluos de Clémentine, de quoi enfin bousculer son image.
Dans ce joyau de poésie et de mélancolie, elle incarne une femme insaisissable qui choisit d’effacer de sa mémoire une histoire d’amour douloureuse. Drôle, imprévisible, fragile et explosive, elle se révèle à l’exact opposé des héroïnes romantiques auxquelles on l’associait jusque-là. Sa performance est pleine de nuances, passant de l’humour pétillant à la tristesse la plus profonde.
Avec Clémentine, personnage aussi fantasque que vulnérable, elle prouve qu’elle peut être drôle, tendre, excentrique et bouleversante à la fois. Son énergie contraste avec la mélancolie d’un Jim Carrey rarement vu, tout en retenue, créant un duo inoubliable et fascinant. Leur alchimie donne naissance à l’un des couples les plus marquants du cinéma moderne.
La critique s’enthousiasme, louant une performance inventive, pleine de nuances. Winslet décroche une nomination à l’Oscar, et le film devient culte. Beaucoup considèrent Clementine comme son rôle le plus emblématique, concentrant à lui seul toute la palette de son talent. Une performance qui résume l’essence même de son art et condense toute l’étendue de son talent : audace, vérité, intensité.
Kate Winslet fait partie de ces actrices qui transcendent leur époque. Révélée par Peter Jackson, immortalisée par James Cameron et sublimée par Michel Gondry. Capable de tout jouer, mais toujours avec sincérité, Kate Winslet incarne l’image d’une artiste complète, à la fois adulée par le public et respectée par la critique. Elle a su rester fidèle à elle-même, évitant les dérives d’Hollywood pour privilégier l’authenticité. Toujours attachée à ses racines britanniques, elle choisit ses projets avec soin, oscillant entre fresques ambitieuses et drames intimistes.
De « Titanic » à « Eternal Sunshine », en passant par « Mare of Easttown », elle a su créer une œuvre cohérente et profondément humaine. Dans une industrie où beaucoup se perdent dans le clinquant ou les compromis, Kate Winslet a choisi l’exigence et l’authenticité, elle est la preuve vivante qu’on peut être une star mondiale sans pour autant perdre son humanité. Une actrice d’exception, discrète mais lumineuse, qui a su marquer durablement le cinéma par des personnages inoubliables.
Son regard franc, son intensité naturelle et sa capacité à disparaître dans chacun de ses rôles en font une actrice précieuse, respectée autant par ses pairs que par le public. Ce parcours, jalonné de triomphes mais aussi de paris risqués, révèle une personnalité d’autant plus attachante qu’elle n’a jamais semblé vouloir jouer autre chose que la vérité. Une carrière qui force le respect, non par la profusion mais par la constance, la rigueur et la passion.
À 50 ans, Kate Winslet n’a plus rien à prouver mais elle ne cesse pourtant d’explorer, de se réinventer, d’émouvoir, de surprendre… et elle semble encore loin d’être rassasiée !
NB : Mentions honorables :
Damien Monami – Le 5 octobre 2025

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