Le génie qui défia la France

L'Affaire Bojarski (2026)

Pour son dixième long-métrage, après « Les braqueuses », « Belphégor, le fantôme du Louvre », « Arsène Lupin », « Les femmes de l’ombre » et plus récemment « La Syndicaliste », Jean-Paul Salomé nous plonge dans la France des Trente Glorieuses, cette période de forte croissance économique et de transformation sociale s’étendant de 1945 à 1975.

Avec « L’Affaire Bojarski », Jean-Paul Salomé signe un polar élégant et humain autour d’un faux-monnayeur de génie, magnifié par la finesse de Reda Kateb.

Critique « L’affaire Bojarski » (2026) : Le génie qui défia la France - ScreenTune
© 2025 Guy Ferrandis - Le Bureau Films - Les Compagnons du Cinema © 2026 O'Brother Production

Synopsis :

On y fait la connaissance de Jan Bojarski (Reda Kateb), un jeune ingénieur d’origine polonaise réfugié en France qui devient dans l’après‑guerre l’un des plus grands faux‑monnayeurs du pays. Surnommé « le Cézanne de la fausse monnaie », cet artisan perfectionniste, inventeur de génie, fit trembler la Banque de France et défia pendant près de quinze années l’État et la police de l’Hexagone (incarnée ici par le très persévérant « meilleur flic de France », le commissaire Mattei, joué par Bastien Bouillon), en réussissant à fabriquer et à écouler, en solitaire, des faux billets d’une qualité exceptionnelle, grâce à des machines, du papier et des encres qu’il avait lui-même fabriqués.

Jean-Paul Salomé replonge dans les Trente Glorieuses

Le réalisateur nous permet d’appréhender la psychologie et la personnalité de cet homme dont le parcours va le pousser à utiliser son incroyable talent pour lutter contre l’injustice dont il se sent la victime et conjurer le sort qui lui a été réservé jusque-là par son statut de réfugié sans identité administrative.

Cette situation contrecarre en effet son ascension sociale, notamment parce qu’elle rend impossible le dépôt des brevets de ses inventions, l’obligeant à accepter des petits boulots mal payés.

L’enrichissement n’est pourtant pas une quête obsessionnelle chez cet homme qui cherche avant tout une forme de reconnaissance et un moyen d’offrir à son épouse (Sarah Giraudeau) une vie confortable. C’est ainsi que le faux-monnayeur va poursuivre son œuvre dans l’ombre, dans son pavillon de banlieue, à l’abri des regards, dont celui de sa propre famille, à qui il fait croire qu’il est représentant de commerce, alors qu’il est traqué par le commissaire Mattéi, guidé dans la volonté obsessionnelle de mettre fins à ses agissements.

Critique « L’affaire Bojarski » (2026) : Le génie qui défia la France - ScreenTune
© 2025 Guy Ferrandis - Le Bureau Films - Les Compagnons du Cinema © 2026 O'Brother Production

Reda Kateb impressionne en faux-monnayeur de génie

Reda Kateb excelle, tout en élégance et en nuance, dans la peau de cet artisan perfectionniste et inventeur hors du commun, homme aux accents romanesques, dont l’orgueil va le pousser à ne pas se résigner, mais bien à devenir ce célèbre inconnu.

Jouant  avec énormément de finesse sur les regards et les silences, le comédien ajoute une nouvelle et très belle performance à sa carrière, lui qui a déjà joué sous la direction de Claire Simon, Joachim Lafosse, Kathryn Bigelow, Ryan Gosling ou encore Wim Wenders, incarna de manière saisissante Django Reinhardt pour Etienne Comar et remporté un César pour « Hippocrate » de Thomas Lilti.

Critique « L’affaire Bojarski » (2026) : Le génie qui défia la France - ScreenTune
© 2025 Guy Ferrandis - Le Bureau Films - Les Compagnons du Cinema - © 2026 O'Brother Production

Bastien Bouillon face au criminel insaisissable

À ses côtés, deux comédiens devenus deux incontournables du cinéma français, tirent aussi brillamment leur épingle du jeu, : Bastien Bouillon, vu dans « La nuit du 12 », « Le comte de Monte-Cristo » et « Monsieur Aznavour », et, dans la peau de la petite frappe, pote de jeunesse de Bojarski, Pierre Lottin, lui aussi à l’affiche de « La nuit du 12 », mais aussi très récemment d’« En fanfare » et de « L’étranger », après le succès populaire de la saga des Tuche.

Quant à la mise en scène, elle souffre parfois d’une facture classique, renforcée par une esthétique soignée qui donne à l’ensemble un côté parfois presque documentaire sur l’époque évoquée (reconstituée).

Entre polar, fresque humaine et fable politique

Au final, on prend du plaisir avec ce film qui oscille entre polar, fable politique et fresque humaine, dont le personnage principal, à la personnalité et au parcours atypique, antihéros touchant, inspire une bonne dose d’empathie, d’intérêt et de curiosité ! 

NOTE :

0 /10

Vincent Legros – Le 17 avril 2026.

Sources Photos : 

© 2026 O’Brother : https://obrother.be/films/laffaire-bojarski-fr

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