
Critique « Marty Supreme » (2026) : Une épopée fiévreuse sur le rêve américain
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La Britannique Emerald Fennell avait été consacrée pour ses performances en tant que scénariste pour la série « Killing Eve » (2019), puis en incarnant Camilla Parker Bowles dans « The Crown » (2019-2020).
Passant derrière la caméra, elle avait rapidement marqué les esprits avec son premier long-métrage en tant que réalisatrice, « Promising Young Woman », avec Carey Mulligan et Bo Burnham (2020), décrochant au passage l’Oscar du meilleur scénario original. Son opus suivant fut particulièrement clivant. Le chaotique, cynique et décadent « Saltburn » (2023), avec Barry Kheogan, Jacob Elordi et Rosamund Pike, avait secoué (voir horrifié) la critique.
Pour son troisième film derrière la caméra, elle adapte (très librement) l’un des plus monuments de la littérature, « Les Hauts de Hurlevent », l’unique roman de la femme de lettres anglaise Emily Brontë, publié pour la première fois en 1847.
D’un texte de 400 pages, déjà porté plus ou moins librement à l’écran une quinzaine de fois, la cinéaste a tiré un scénario qui balaye d’entrée toute volonté de fidélité à l’œuvre ou de vérité (et de reconstitution) historique, et ce tant sur le fond que sur la forme.
Dans les paysages de landes et de bruyère du Yorkshire, en Angleterre, au XIXe siècle, la jeune Catherine Earnshaw (Charlotte Mellington) s’entiche de Heathcliff (Owen Cooper), un pauvre orphelin que son père (Martin Clunes) a adopté. Quelques années plus tard, les deux adultes (Margot Robbie et Jacob Elordi) étouffent leur relation encore platonique qui défie les conventions sociales. Pour assurer son avenir financier, Catherine décide d’épouser Edgar Linton (Shazad Latif), son voisin, provoquant le départ de Heathcliff, humilié par cette union. Des années plus tard, ce dernier revient, riche et habité par un désir de vengeance qui dévore tout sur son passage. Il va semer souffrance et chaos, défiant sa maîtresse, notamment en manipulant Isabella Linton (Alison Oliver), la sœur du mari de Catherine.
Emerald Fennell esquive la noirceur du texte original et le réinvente sous une forme résolument moderne, en façonnant son film par une esthétique léchée, matinée d’une imagerie baroque et d’érotisme feutré, le tout sur un rythme élevé, sous-tendu par une bande originale composée par Anthony Willis (déjà doublement nominé aux BAFTAs pour les deux films précédents de la réalisatrice) et des chansons signées Charli XCX.
Si la popularité de Margot Robbie est toujours bien présente, grâce à « Once upon a time in… Hollywood » et « Barbie », la comédienne joue gros sur ce film (d’autant qu’elle officie également en tant que productrice), après avoir enchainé une série de films couteux qui n’ont pas rencontré le succès espéré (« The Suicide Squad », « Babylon », « Amsterdam »).
Quant à Jacob Elordi, qui incarne Heathcliff avec une distance qui le rend plus mystérieux que magnétique, il poursuit ici son remarquable parcours à l’écran, lui qui fut révélé dans la trilogie « The Kissing Booth » (2018-2021), puis la série « Euphoria » (2019-2026), avant « Saltburn », puis « Priscilla » de Sofia Coppola, « Oh, Canada » de Paul Schrader et enfin « Frankenstein » de Guillermo Del Toro, qui lui vaut sa première nomination aux Oscars.
À leurs côtés, Alison Oliver incarne la sœur naïve et fragile du mari de Catherine, dont elle est le parfait contrepoint, avec beaucoup de finesse. La comédienne, révélée par la série « Conversations with Friends » et vue elle aussi dans « Saltburn », est sans aucun doute un nom à suivre.
Si Emerald Fennell ne s’encombre pas de détails, n’évite pas les anachronismes et ne creuse pas la complexité de la relation entre les deux amants, elle parvient tout de même, en triturant le texte original et en lui apportant un modernisme tape-à-l’œil et voyeur, à nous inviter à une réflexion sur notre monde actuel, notamment sur le rapport au désir, à l’image et à la beauté.
Au final, en dépit d’un rythme parfois inégal et d’un style tapageur (qui rappelle parfois Baz Luhrmann), on prend plaisir à assister à la joute cruelle que se livrent les deux amants, enchainés à leur passion, obsessionnelle, toxique, destructrice…
La pop-dark romance à la plastique sophistiquée capitalise largement sur ses deux désirables stars et est en tout cas clairement formatée pour être hype et plaire aux influenceurs et aux jeunes spectateurs d’aujourd’hui…
Vincent Legros – Le 25 février 2026.
Sources Photos :
© 2026 Warner Bros

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