survival nerveux et traque sauvage

GIBIER (2026)

« Gibier »d’Abel Ferry, présenté au BIFFF, est une bonne surprise. Bien connu des amateurs de cinéma de genre grâce à ses courts avec Dominique Pinon (« PUTAIN LA VIEILLE FAUT PAS L’ENERVER » et « LE BON », « LA BRUTE ET LES ZOMBIES », où le légendaire Lloyd Kaufman joue un shaman), puis ses longs (« VERTIGE », « PIEGE BLANC », « LE SAUT DU DIABLE »), le cinéaste propose un film qui s’inscrit dans la digne lignée de ses trois dernières réalisations.

Critique « GIBIER » (2026) : survival nerveux et traque sauvage
© 2026 Phase 4 Productions

 Synopsis :

GIBIER » nous replonge en pleine nature (le tournage s’est déroulé en Bulgarie, non loin de Sofia) pour un thriller survivaliste qui oppose un groupe de militants écologistes (Marie Kremer, Mouloud Ayad, Jean-Baptiste Lafarge et Kim Higelin) et les hommes de mains du patron d’un abattoir (Olivier Gourmet), qui est en pleine campagne électorale pour devenir maire de sa commune. Les jeunes écoguerriers ayant décidé d’infiltrer de nuit l’abattoir pour récupérer les images de caméras qu’ils y ont placées afin de dénoncer un trafic de viande impropre à la consommation sont surpris par les vigiles présents. Ils s’enfuient en forêt, où ils sont pris en chasse par le propriétaire et ses amis, désireux de récupérer coûte que coûte les preuves compromettantes.

Une traque implacable en pleine nature

Le film met en opposition l’engagement militant (et le prix qu’il faut parfois payer pour ce faire) et la violence frontale, poussée à bout, de ceux qui veulent conserver acquis, pouvoir, argent et ambitions, le tout sur fond (léger) de plaidoyer pour la cause animale. Le casting est excellent.

Un casting solide

Outre les précités, on y retrouve également à l’affiche Bruno LochetFrancis Renaud, Rod Paradot, Daouda Keita, Anne Richard et, magnifique surprise, le formidable comédien belge (originaire d’Arlon) Michael Erpelding, dans la peau de la bête de guerre parano et psychopathe, hantée par ses traumas, qui traque les fuyards en utilisant les techniques apprises dans le cadre de son engagement militaire.

Critique « GIBIER » (2026) : survival nerveux et traque sauvage
© 2026 Phase 4 Productions

Rencontre avec Michael Erpelding au BIFFF

Présent au BIFFF pour défendre le film, Michael Erpelding est revenu sur son parcours à l’occasion d’une passionnante conversation avec le public, passant en revue pour l’occasion une carrière riche de plusieurs dizaines de rôles pour le cinéma et la télévision depuis une vingtaine d’années, où l’on retrouve notamment les séries « BRAQUEURS », « HPI », « PAX MASSILIA » et « MONTMARTRE ». Récemment, le comédien a eu la chance d’être à l’affiche d’un épisode de « WALKING DEAD : DARYL DIXON » aux côtés de Norman Reedus, et de jouer sous la direction du Maître John Woo dans le remake de son film « THE KILLER ».

Nous avons eu la chance de pouvoir l’interviewer en tête-à-tête dans la foulée de la présentation du film au public bruxellois.

ScreenTune : Michael, tu campes dans GIBIER une véritable bête de guerre, physiquement impressionnante, avec une puissance qui cache aussi une certaine forme de fragilité, tant on sent que le personnage combat aussi à certains moments ses démons intérieurs et les traumas subis. Ce rôle t’a-t-il demandé une préparation particulière ?

Oui, tout-à-fait. Même si cela ne dure finalement quelques secondes à l’écran au début du film, on me voit faire des exercices physiques une cigarette aux lèvres, qui se veut d’ailleurs un hommage à Patrick Swayze dans POINT BREAK. En pratique, je me suis préparé pendant un mois pour me muscler et avoir cette apparence à l’écran.

ScreenTune : Tu as incarné à l’écran de très nombreux personnages tourmentés, inquiétants, violents, ce qui est en quelque sorte devenu ta marque de fabrique. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ce type de rôles ?

Même si l’on est dans les mêmes notes pour de nombreux personnages que j’ai incarnés, il y a heureusement toujours des variations, des nuances qui différencient chacun d’entre eux. J’ai en fait un rituel auquel je me plie avant chaque rôle. Je me plonge dans LES CATILINAIRES, le roman d’Amélie Nothomb, pour qui j’ai une profonde admiration. Je ne sais pourquoi, ce livre m’emplit à chaque fois de violence et de noirceur. À chaque lecture, ce livre me terrorise. Il me nourrit profondément…

Critique « GIBIER » (2026) : survival nerveux et traque sauvage
© 2026 Phase 4 Productions
ScreenTune : Lorsqu’on suit ta carrière depuis tes débuts, on ne peut qu’être touché par la puissance de ton jeu et le magnétisme que tu dégages à l’écran. Derrière tes personnages, on perçoit chez toi une grande humanité, une forme de douceur et de générosité, mais aussi de fragilité qui dénotent totalement des rôles que tu campes à l’écran. On imagine que ces facettes pourraient également être mises en valeur dans d’autres types de rôles…

Tous ces personnages violents et psychopathes, c’est bien sûr mon fond de commerce. J’espère cependant ne pas toujours être réduit à cela. J’espère vraiment pouvoir trouver d’autres rôles où l’on pourra capter en moi un côté lumineux… brisé aussi, mais lumineux… Je n’ai pas encore eu l’occasion d’exprimer mon métier au travers d’une large palette de compositions. Parfois cela m’attriste. J’aimerais parfois tout simplement jouer des personnages qui se rapprochent davantage de ce que je suis dans la vie, avec un côté plus doux, plus féminin. Ce qui est certain, c’est que je n’ai en réalité rien en commun avec tous les personnages brutaux que j’interprète.

ScreenTune : Je ne résiste pas à l’idée de revenir sur deux rôles récents qui sont particulièrement marquants, sur ces deux très belles opportunités qui se sont présentées à toi : l’épisode du spin-off de WALKING DEAD centré sur le personnage de Daryl Dixon incarné par Norman Reedus et THE KILLER que tu as joué sous la direction de John Woo…

Je suis évidemment très heureux d’avoir pu jouer ces deux rôles. Pour le film de John Woo, nous étions une cinquantaine à prétendre au rôle. C’est Julitte Ménager, une grande directrice de casting, qui m’a poussé à saisir cette opportunité, et dès que John Woo m’a vu, il m’a immédiatement choisi. Sur le plateau, je me suis retrouvé face à des règles de tournages très organisées, très hiérarchisées, mais dans une ambiance de travail très respectueuse, des horaires de travail précis et respectés. Un jour, en plein tournage, John Woo est venu me trouver pour me dire « Michael, tu es merveilleux et une grande carrière s’ouvre à toi ». J’hallucinais… WALKING DEAD, c’était également une très belle expérience, même si je n’ai joué que dans un seul épisode. Je suis devenu tout de suite pote avec Norman Reedus, qui était adorable et avec lequel j’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à travailler.

© 2026 Vincent Legros au BIFFF

ScreenTune : As-tu aujourd’hui l’ambition d’écrire des scénarios, voire de passer derrière la caméra ?

Oui, absolument. Je suis en train de terminer l’écriture d’un scénario avec mon ami Vincent. Cela fait trois ans que je suis dessus. Je bosse beaucoup avec Thomas Meunier et avec les frères Callant. Je prends vraiment beaucoup de plaisir à travailler avec eux. On a aussi entamé les premières démarches pour le casting et on a déjà reçu l’aval de certains acteurs. C’est une comédie que j’ai écrite et que je souhaite aussi réaliser…

Merci à toute l’équipe du BIFFF et en particulier à Jonathan Lenaerts et la team Press du Festival !

Vincent Legros – interview réalisée le 5 avril 2026 en direct du BIFFF 2026

Sources Photos : 

© 2026 Vincent Legros pour ScreenTune au BIFF 

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