Amour et addiction

Critique Garance (2026)

Avec « Garance », Jeanne Herry signe un film intéressant sur une jeune femme , une actrice au prise avec un mal insidieux et mal connu : l’alcoolisme au féminin.

Notre critique a pris un verre avec Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau… 

Adèle Exarchopoulos dans le rôle de Garance, film de Jeanne Herry (2026)
Adèle Exarchopoulos dans « Garance » de Jeanne Herry ©Trésor Films — Chi-Fou-Mi Productions — Studiocanal — France 3 Cinéma — Artémis Productions

Synopsis :

Garance (Adèle Exarchopoulos) est une jeune actrice, mais pas la vedette qu’elle a toujours rêvé d’être. Elle fait de son mieux pour s’en sortir, trouvant réconfort et soutien dans l’alcool festif qu’elle consomme avec ses amis lors de ses nombreuses sorties .Vivant au jour le jour dans un petit appartement parisien, la jeune femme se sent de plus en plus étouffée par des relations éphémères, une anxiété grandissante et une dépendance à l’alcool qui, peu à peu, envahit toute sa vie, jusqu’à une mort potentiellement prématurée. Le film suit Garance durant huit ans []…   

Un portrait sans jugement de l’alcoolisme féminin

« Garance » est le troisième long métrage écrit et réalisé par  Jeanne Herry (« Pupille », « Je verrais toujours vos visages ») et a été présenté à Cannes en sélection officielle.

Une fois encore, la réalisatrice filme l’humain à travers un personnage que rien ne semble disfférencier d’une autre jeune femme du même âge. Si ce n’est que Garance est comédienne,  aime faire la fête avec ses amis après le spectacle…

Mais l’alcool est là dès les premières minutes, toutefois, habilement, Herry choisit de ne pas stigmatiser d’entrée son héroïne. Au contraire, c’est   progressivement que le spectateur découvre derrière l’actrice qui galère au théâtre , fait du doublage, que ses habitudes et de ses comportements cachent une souffrance et une autre réalité : l’addiction.

Adèle Exarchopoulos dans le rôle de Garance, film de Jeanne Herry (2026)
Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau dans « Garance » de Jeanne Herry ©Trésor Films — Chi-Fou-Mi Productions — Studiocanal — France 3 Cinéma — Artémis Productions

Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau, un duo à l’équilibre parfait

Lorsque Garance rencontre Pauline (Sara Giraudeau), une scénographe, elle se présente d’emblée comme alcoolique, consciente déjà que cela pourrait être un frein à leur amitié.

Sara Giraudeau incarne Pauline dans une  prestation tout en douceur et bienveillance qui contrebalance la prestation XXL d’Adèle Exarchopoulos. L’actrice livre une interprétation engagée, intense , faisant passer la Garance pleine de vie à une jeune femme désemparée, rattrapée par son addiction sans jamais donner l’impression de jouer l’alcoolique Cette retenue  rend quelques scènes particulièrement difficiles tant  la voir enfiler les verres de vin blanc et les shots devient difficile pour le spectateur .

Adèle Exarchopoulos dans le rôle de Garance, film de Jeanne Herry (2026)
Adèle Exarchopoulos dans « Garance » de Jeanne Herry

La médecin, le tournant du film

Jeanne Herry dresse un portrait réaliste de l’addiction, ainsi la visite chez la médecin constitue à ce titre un tournant majeur. Garance se confronte aux conséquences professionnelles ou relationnelles de son addiction , sa santé est directement menacée.
La réalisatrice ne cherche jamais à faire de son personnage un simple symbole de l’alcoolisme, elle raconte avant tout une femme, avec ses contradictions, ses joies, ses failles et ses relations avec les autres.

Adèle Exarchopoulos dans le rôle de Garance, film de Jeanne Herry (2026)
Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau dans « Garance » de Jeanne Herry ©Trésor Films — Chi-Fou-Mi Productions — Studiocanal — France 3 Cinéma — Artémis Productions

Notre avis

Avec « Garance », Jeanne Herry signe un film profondément humain sur l’addiction, sans jamais enfermer son personnage dans cette seule dimension.

À travers Adèle Exarchopoulos, impressionnante dans le rôle de cette jeune actrice progressivement rattrapée par l’alcool, la réalisatrice raconte avant tout une femme, ses relations, ses fragilités et les conséquences de ses choix sur son entourage.

La prestation tout en retenue de Sara Giraudeau complète parfaitement celle, plus intense, d’Adèle Exarchopoulos.

En refusant de stigmatiser son héroïne, « Garance » propose ainsi un regard sensible et réaliste sur l’alcoolisme au féminin et confirme le goût de Jeanne Herry pour les sujets de société abordés à hauteur humaine

NOTE :

0 /10

Un portrait humain et sans jugement

Jeanne Herry a pris pour habitude de choisir des sujets forts en relation avec l’actualité. Adèle Exarchopoulos incarne avec une déconcertante maestria, une intermittente du spectacle prise dans une spirale destructrice sans jamais réduire son personnage à ses excès.

À ses côtés, Sara Giraudeau se révèle troublante de sincérité, de patience et de justesse mais la réalisatrice a su aussi créer des personnages secondaires (Anne Suarez, Sara-Jeanne Drillaud, Rudgy Pajany, Raya Martigny, Mathilde Roehrich) qui ne servent pas uniquement à faire avancer l’intrigue, mais permettent de montrer les conséquences de l’addiction de Garance sur ses proches…    

Yves Legrand – Le 29 septembre 2026.

Sources Photos et sources : 

© 2026 Cinéart

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