
Critique de The Lost City of Z (2017)
James Gray revient derrière la caméra et troque la jungle new-yorkaise à laquelle il nous a habituée pour celle de l’Amazonie avec « The Lost City Of Z«.
Face à un Robert Pattinson dépassé, Jennifer Lawrence vit les affres d’une dépression post-partum dans « Die My Love », un drame psychologique signé Lynne Ramsay.
Notre critique d’un récit difficile !
Grâce (Jennifer Lawrence) une autrice en devenir et Jackson (Robert Pattinson) quittent New York pour s’installer dans l’immensité sauvage du Montana . Ils emménagent dans une vieille maison du Montana, qu’ils rénovent et où ils profitent de la nature. Très vite, ils attendent leur premier enfant.. Mais Grâce, lasse et en proie à une solitude grandissante, sent la réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule. Elle devient de plus en plus agitée et son comportement devient imprévisible. Jackson tente de reconquérir Grâce, mais ne sait pas vraiment comment s’y prendre.
Adapté du roman « Matate, Amor » (2012) de l’écrivaine argentine Ariana Harwicz, le long-métrage de Lynne Ramsay est porté par l’interprétation très convaincante de Jennifer Lawrence.
C’est un retour pour la réalisatrice Lynne Ramsay, huit ans après avoir présenté le film « You Were Never Really Here » au 70e Festival de Cannes en 2017 et y avoir remporté le Prix du scénario.
Très curieusement « Assez » est le dernier mot prononcé dans « Die My Love », comme un dernier cri ou un dernier soupir qui résume l’épuisement général du spectateur à la fin du film. La fatigue de Grace (Jennifer Lawrence) est la nôtre, rarement un sujet médical n’a retenti avec autant d’exactitude mais aussi de malaise, lorsque le post-partum (suite de couches) se confond avec la démence.
La qualité du film, s’il y en a une, c’est de laisser le spectateur essayer de comprendre dans le flux d’images proposées les sautes d’humeur de Grace au travers de scènes de nuit tournées en plein jour, nimbées une drôle de pâleur bleue., inspirée des cyanotypes, une technique photographique née au XIXe siècle comme si l’image du monde intérieur trouble de Grace prenait peu à peu possession de l’extérieur.
Petit à petit on se rend compte de ces troubles bipolaires mais aussi d’ une frustration sexuelle clairement exprimée. Jennifer Lawrence dresse une prestation XXL qui n’est pas sans évoquer celle de Genna Rowlands dans « Une femme sous influence » (une actrice qu’elle adore). A cela, on ajoute un excellent travail sur le son fait de chansons entêtantes, de musiques oppressantes voire d’aboiements ininterrompus, le tout contribue à un jeu de massacre radical et dérangeant.
« Die My Love » est un labyrinthe d’images filmées, ce qui est plutôt rare sur pellicule Ektachrome 35 mm qui participe de cette atmosphère artificielle. La réalisatrice écossaise poursuit avec cette mise en scène nerveuse son analyse des situations extrêmes d’une vie ordinaire.
L’absence d’une logique linéaire, la narration inventant sa propre chronologie, ajoute encore à la confusion du spectateur. Tout le film est nimbé d’un halo fantomatique et le spectateur finit par douter de la réalité qu’il a sous les yeux.
Avec « Die, My Love », Lynne Ramsay signe un drame psychologique intense et dérangeant sur la dépression post-partum, porté par une performance saisissante de Jennifer Lawrence.
Soyons honnête avec nos lecteurs, le film a quelque chose d’ouvertement pénible, on le regarde autant qu’on le subit, et la chose semble tout à fait voulue par la réalisatrice. Dans ce maelstrom d’images, une actrice réalise une performance hallucinante, c’est Jennifer Lawrence.
Ses partenaires de jeu outre le sobre Robert Pattinson, sont deux vieux acteurs, inscrits dans nos imaginaires cinéphiles, fantômes de tout un cinéma d’horreur et d’affliction, Sissy Spacek et Nick Nolte…
Yves Legrand – Le 6 mai 2026.
Sources Photos :
© 2026 Cinéart

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