
Critique « Once Upon a Time… in Hollywood » (2019) : Une lettre d’amour au cinéma.
Plongez dans un Hollywood vintage aux côtés de Leonardo DiCaprio, Brad Pitt dans « Once Upon a Time… in Hollywood », le 9e film de Quentin Tarantino.
Paul Thomas Anderson le réalisateur de « Magnolia », « There Will Be Blood »,« Phantom Thread » et dernièrement « Licorice Pizza » dirige un Leonardo DiCaprio halluciné dans un film à la fois glaçant et hilarant, hallucinant reflet des États-Unis de l’ère Trump.
Notre critique d’un des évènements de l’année sur grand écran.
Synopsis :
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob vit en marge de la société, avec sa fille Willa , indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
Paul Thomas Anderson est un grand admirateur du romancier Thomas Pynchon dont il a déjà adapté un roman : « Inherent Vice » (2014). Dix ans plus tard, le réalisateur de « There Will Be Blood » (2007) se penche à nouveau sur les errements de l’Amérique.
« Une bataille après l’autre » est un film inclassable qui brouille intentionnellement les pistes, thriller politique reflet d’une Amérique où les suprémacistes blancs règnent, où les migrants sont parqués en attente d’expulsion mais aussi drame intimiste assaisonné d’un humour grinçant.
Le film s’ouvre sur un long préambule qui nous apprend que, plus jeune, Bob (Leonardo Dicaprio ) a été un révolutionnaire engagé pour le groupuscule « French75 » avec sa compagne Perfidia Beverly Hills (Teyana Taylor), deux sauveurs du monde, défenseurs des causes justes et des peuples opprimés, opposés au capitalisme et à l’État dominant. Ils se sont aimés follement, lui l’artificier du groupe, elle l’égérie, la pasionaria (la scène qui la montre, enceinte jusqu’au cou, une mitraillette à la main vidant un chargeur avec jubilation). De leur relation est née une fille Willa (Chase Infiniti) .
Cependant sur leur route, ils ont croisé un certain colonel Steven J. Lockjaw, (l’incroyable Sean Penn) suprémaciste blanc notoire, pervers, engoncé dans un t-shirt moulant, muscles saillants, en charge d’un centre de rétention à la frontière mexicaine et prêt à tout pour se faire une place parmi les « Chevaliers de Noël » le graal des conservateurs blancs. Puis, un beau jour, Perfidia a préféré sa liberté et son militantisme, quittant mari et fille sans regarder en arrière…
Paul Thomas Anderson livre un film peu commun au scénario ultra classique mais qui s’apparente à un exercice de style, multipliant les tableaux très travaillés, les allusions politiques, les outrances de langage mais aussi les moments de pure jubilation comme lorsqu’un Bob Ferguson paumé et incapable de se souvenir s’entend répondre : « Vous auriez dû mieux étudier le manuel de la rébéllion »!
Le film enchaîne les morceaux de bravoure et les hommages cinématographiques telle la superbe course poursuite dans le désert sur une bande son évoquant le mythique « Bullit » de Peter Yates (1968).
Paul Thomas Anderson développe son projet avec virtuosité bien aidé par une brillante distribution en tête de laquelle on retrouve un faux héros perdu, Leonardo DiCaprio et un horrible colonel raide comme tout, le toujours aussi stupéfiant Sean Penn mais où brillent également Benicio Del Toro, Teyana Taylor et Chase Infiniti.
« Une bataille après l’autre », raconte l’idéal révolutionnaire comme une poésie fragile, nourrie de désillusions, d’amours brisés, de déceptions idéologiques, autant de fissures dans le rêve révolutionnaire.
Néanmoins il n’y a pas de cynisme dans le cinéma de Paul Thomas Anderson, uniquement l’Amérique d’aujourd’hui, qu’il s’agit de filmer dans son militantisme radical, ses factures sociétales et raciales, et ces mâles blancs avides de purification, de revanche ethnique et de pouvoir.
On pourrait regretter qu’au long de cette quête de l’enfant perdu, on fasse peu de cas du sort réservé à quantité de personnages secondaires, arrêtés et déportés, mais peut-être faut-il aussi y voir une interprétation politique… Sous Trump, quantité de gens disparaissent du paysage et l’opinion publique oublie vite…
Honnêtement, il n’est pas exagéré de parler de chef-d’œuvre mordant, car le film de PTA possède tous les ingrédients nécessaires pour en faire un long métrage de qualité avec ce qu’il faut de moments de comédie, d’action et d’émotion, sans oublier des acteurs en état de grâce, un DiCaprio survolté traînant dans sa fuite un sempiternel pyjama d’intérieur, et un Sean Penn hallucinant, raidi jusqu’à la moëlle dans sa haine de l’autre.
Cependant, ces performances ne seraient rien sans une réalisation maîtrisée, un scénario impressionnant, politiquement engagé et surprenant de bout en bout…
À voir sur grand écran !
Yves Legrand – Le 25 septembre 2025.
Sources Photos :
© 2025 Warner Bros Belgium

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