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Kristen Stewart passe derrière la caméra

The Chronology of Water (2026)

Révélée dans « Panic Room » de David Fincher en 2002, Kristen Stewart a mené depuis ses débuts comme comédienne une carrière atypique, jouant tour à tour sous la direction de Sean Penn, Barry Levinson, Walter Salles, Ang Lee, Pablo Larrain ou encore David Cronenberg, connaissant un succès planétaire en incarnant Bella Swan dans la franchise « Twilight » (2008-2012), ce qui en fit l’actrice la mieux payée de Hollywood, jouant dans de gros films commerciaux, puis quelques biopics (« Spencer », « Seberg »), tout en continuant à faire la part belle au cinéma indépendant. Son travail devant la caméra lui valut de nombreuses récompenses, dont une nomination aux Oscars et une autre aux Golden Globes, ainsi qu’un César du meilleur second rôle féminin en 2015 pour « Sils Maria » réalisé par son fidèle comparse Olivier Assayas.

Présente sur de nombreux fronts, elle a partagé son temps en dehors des plateaux en tant qu’égérie de marques de luxe (Lagerfeld, Balenciaga, Chanel…), sans jamais renier ses engagements philanthropiques, sociétaux ou politiques.

Critique « The Chronology of Water » (2026) : Kristen Stewart passe derrière la caméra - ScreenTune
© 2026 O’Brother

Kristen Stewart, de star hollywoodienne à cinéaste indépendante

Pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice (sa sixième expérience derrière les caméras après deux clips musicaux, deux court-métrages et un épisode pour la mini-série télévisée « Homemade »), Kristen Stewart s’est montrée particulièrement ambitieuse et inspirée en portant (librement) à l’écran les mémoires de Lidia Yuknavitch (« La Mécanique des Fluides » en français), témoignage d’une jeune femme marquée par des maltraitances — y compris sexuelles — au sein de sa famille puis par des abus, des excès et des addictions (drogues et alcools notamment), sonnant comme autant de signaux autodestructeurs.

Du poids des violences subies et des cicatrices du passé naîtront d’incessants cris de douleurs et des relations chaotiques, parfois apaisés par le temps qu’elle passe dans les bassins de natation où elle enfile les longueurs.

De ses combats intérieurs finiront par jaillir des éclairs salvateurs, nés de l’imagination, la création et l’écriture, pour la mener enfin à l’enseignement et à la maternité.

Critique « The Chronology of Water » (2026) : Kristen Stewart passe derrière la caméra - ScreenTune
© 2026 O’Brother

Une mise en scène fragmentée au plus près des sensations

Kristen Stewart livre une œuvre au ton libre, frontal et cru, servi par un scénario et des visuels denses, où tourbillonnent une succession découpée, désordonnée et saturée de plans courts et de sensations qui s’entrechoquent, illustrant avec force le chaos intérieur de son héroïne principale.

Critique « The Chronology of Water » (2026) : Kristen Stewart passe derrière la caméra - ScreenTune
© 2026 O’Brother

Imogen Poots, performance viscérale

On saluera les prestations millimétrées de l’ensemble de la distribution, à commencer par celle d’Imogen Poots, qui incarne Lidia de manière viscérale, elle qui nous avait déjà impressionnés dans « Vivarium » de Lorcan Finnegan et la série « Outer Range ». Elle est entourée de magnifiques comédiens, dont Michael Epp, Susannah Flood, Thora Birch, Charlie Carrick, Tom Sturridge, Earl Cave, Kim Gordon et un truculent James Belushi.

Critique « The Chronology of Water » (2026) : Kristen Stewart passe derrière la caméra - ScreenTune
© 2026 O’Brother

Un film éprouvant mais traversé de fulgurances lumineuses

Entre suffocation et respirations lumineuses, Kristen Stewart réussi très largement l’épreuve du feu de sa première réalisation pour le grand écran, avec un film puissant et fougueux, à la fois envoûtant et éprouvant, qui fit forte impression lors de sa première présentation publique dans la section « Un certain regard du festival de Cannes 2025 ».

NOTE :

0 /10

Vincent Legros – Le 6 février 2026.

Sources Photos : 

© 2025 O’Brother

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