Enfin une bonne toile !

Spider-Man: Brand New Day (2026)

On avait quitté Peter Parker oublié de tous, dans le très généreux fan-service de « Spider-Man : No Way Home », entouré des revenants Tobey Maguire et Andrew Garfield. Cinq ans plus tard, l’araignée préférée du quartier revient dans « Brand New Day », avec aux manettes Destin Daniel Cretton (réalisateur de « Shang-Chi »), qui prend la relève du trop sage Jon Watts.

Une quatrième aventure solo qui arrive quelques mois à peine avant « Avengers : Doomsday » prévu pour décembre et qui débarque déjà auréolé du titre de blockbuster le plus attendu de l’été (après L’Odyssée).

Alors, l’araignée nous tisse-t-elle enfin une belle toile ?

Critique Spider-Man : Brand New Day : Enfin une bonne toile ! - ScreenTune
© 2025 Columbia Pictures

Synopsis :

C’est UN NOUVEAU JOUR pour Peter Parker. Désormais Spider-Man à plein temps luttant contre le crime, dans un monde qui ne se souvient plus de lui, et confronté à la douleur de voir ses anciens amis avancer sans lui, Peter traverse un changement qu’il pourrait ne pas être capable de maîtriser. Mais cette transformation pourrait aussi être la seule chose capable d’arrêter une nouvelle menace aussi terrifiante qu’inattendue qui pèse sur la ville et sur ceux qu’il aime : un puissant ennemi que personne ne peut même voir. Car si le monde ne se souvient plus de Peter Parker, lui ne l’a pas oublié…

Spider-Man retrouve enfin un vrai réalisateur avec Destin Daniel Cretton

Première bonne idée de Kevin Feige pour cette nouvelle aventure : virer Jon Watts, dont les limites en tant que cinéaste crevaient l’écran sur « No Way Home », maquillées tant bien que mal par des couches de fan-service et l’ivresse de voir trois Spider-Man réunis.

Destin Daniel Cretton, déjà auteur du réjouissant « Shang-Chi » et surtout du solide « La Voie de la justice » avec Michael B. Jordan, prend le relais avec une évidence déconcertante. Sa mise en scène, nerveuse et énergique dans l’action, sait aussi ralentir pour les moments plus intimes entre les personnages.

On sent également chez le cinéaste une vraie créativité dans les scènes de suspension et de chute libre de l’homme-araignée, clairement inspirées de l’esthétique de « Spider-Man: New Generation » ; un vrai gage d’immersion, et sans doute la meilleure nouvelle du film.

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© 2025 Columbia Pictures

Tom Holland signe son meilleur Peter Parker

Tom Holland, déjà à l’affiche de « L’Odyssée » de Christopher Nolan cette année, est une nouvelle fois au diapason. L’acteur se donne corps et âme, entre performance physique et intensité émotionnelle.

Son Peter Parker est enfin fauché et surtout seul, depuis que le sort de Doctor Strange l’a effacé de la mémoire de ses proches à la fin de « No Way Home ».

Son costume devient l’échappatoire idéale à cette mélancolie, jusqu’à ce qu’une certaine haine de soi prenne le dessus, via une mutation progressive : toiles organiques, yeux noirs, agressivité décuplée. Tom Holland reste Tom Holland, donc rien n’est parfait dans son jeu, mais on retrouve cette générosité coutumière, tiraillée entre le monstre intérieur et l’envie d’un étudiant lambda de vivre une vie normale.

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© 2025 Columbia Pictures

Punisher, MJ et Sadie Sink donnent une nouvelle épaisseur au MCU

À ses côtés, Jon Bernthal saute enfin du Netflix de « The Punisher » au grand bain du MCU : une belle reconnaissance pour tout le travail accompli depuis la saison 2 de « Daredevil ». Le rôle reste un brin caricatural, mais toujours aussi bourrin et généreux : Frank Castle, alias le Punisher, intègre enfin officiellement le grand univers Marvel.

Impossible également de ne pas saluer Sadie Sink, épatante depuis « Stranger Things », qui compose un personnage brut, tourmenté, et franchement passionnant.

Pourtant, le plus gros travail sur les personnages revient sans doute à Zendaya, qui retrouve tout le caractère qui avait fait le sel de MJ, avec beaucoup plus d’épaisseur que dans l’épisode précédent, où le fan-service l’étouffait littéralement.

Une vraie composition pour l’actrice, qu’on retrouvera bientôt dans « Dune : Troisième partie ».

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Une mise en scène spectaculaire au service d’un Spider-Man plus mature

Sur le fond, malgré un scénario très linéaire et sans surprise, « Brand New Day » brasse des thèmes qui lui vont bien : l’abandon, la peur d’être oublié, le poids des responsabilités du héros, la part d’ombre en chacun de nous, et une certaine quête identitaire. Le film est hanté par la peur du monstre qui sommeille en chacune de ses icônes, mais met aussi en scène ce qui fait la beauté du personnage : ses responsabilités écrasantes et son sacrifice, qui réveillent le meilleur chez les autres.

Le tout porté par des scènes d’action bien rythmées et des effets numériques qui, pour une fois, ne viennent pas noyer l’écran ni l’intrigue.

Le résultat : un blockbuster qu’on regarde avec un vrai plaisir, sans avoir à éteindre son cerveau ni à s’excuser d’aimer ça.

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Le meilleur Spider-Man de Tom Holland, sans l’excès du multivers.

Cretton livre un spectacle généreux et réjouissant avec « Brand New Day », probablement la meilleure aventure de l’homme-araignée version Tom Holland. Après un « No Way Home » qui carburait surtout à la nostalgie et à l’excitation de voir trois araignées cohabiter à l’écran, ce quatrième solo a le bon goût de recentrer le propos sur Peter Parker lui-même, sur ce qu’il perd et sur ce qu’il devient quand plus personne ne se souvient de lui. Cretton ne réinvente pas la formule Marvel, il la resserre, et c’est déjà énorme au vu de ce à quoi le studio nous avait habitués ces dernières années.

Reste que le scénario avance sur des rails bien balisés, sans jamais vraiment surprendre, et que le film aurait clairement gagné à perdre vingt bonnes minutes sur ses 2h24 au compteur.

Difficile de ne pas resituer ce « Brand New Day » dans la trilogie Tom Holland qui l’a précédé. « Far From Home » avait laissé un goût d’inachevé, une conclusion de Phase 3 un peu timide qui peinait à exister face à l’ombre de la trilogie Raimi. « No Way Home », lui, avait fait le pari (gagnant au box-office, plus discutable sur le fond) d’ouvrir la boîte de Pandore du multivers en misant tout sur le fan-service et le retour des anciens méchants, quitte à sacrifier un peu de caractérisation au passage.

« Brand New Day » corrige le tir sur les trois tableaux à la fois : les personnages (Peter, MJ, et les petits nouveaux Bernthal et Sink) sont mieux écrits et mieux dirigés, la mise en scène de Cretton a une vraie identité que Watts n’avait jamais vraiment trouvée, et le film ose enfin creuser un peu ses thèmes plutôt que de se contenter de les évoquer en passant comme le faisaient ses deux prédécesseurs.

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© 2025 Columbia Pictures

Brand New Day : le meilleur Spider-Man de l’ère Tom Holland ?

Avec Spider-Man : Brand New Day, Marvel signe son épisode le plus abouti depuis longtemps consacré à l’homme-araignée.

Sans révolutionner les codes du MCU, Destin Daniel Cretton recentre intelligemment le récit sur Peter Parker et livre un blockbuster plus humain, mieux mis en scène et porté par un Tom Holland convaincant.

Une aventure qui redonne confiance dans l’avenir du Spider-Man de Marvel Studios.

La Note

0 /10

Une toile plus intime, plus humaine… et enfin plus inspirée.

Une œuvre qui remplit sa mission : divertir sans abrutir. Sans fausse note, elle prouve que Marvel peut encore avoir des idées quand le studio laisse les coudées franches à un cinéaste qui a une vraie vision, plutôt que de l’écraser sous le cahier des charges.

La note ne grimpe pas plus haut parce que le film ne prend jamais vraiment de risques : les thèmes abordés (la peur de l’oubli, le passage à l’âge adulte, le monstre qui sommeille chez le héros) sont amenés avec sincérité, mais rarement creusés jusqu’au bout, et la mécanique Marvel, sa promo dosée au compte-goutte, son teasing permanent du prochain crossover, se rappelle régulièrement à notre souvenir.

On aurait aimé un peu plus d’audace dans l’écriture pour accompagner celle, réelle, de la mise en scène. Il n’empêche : difficile de bouder son plaisir devant un divertissement aussi bien exécuté, qui ne prend jamais son public pour un demeuré.

Sources Photos et sources : 

© 2026 Sony Belgium & © 2026 Marvel

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