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Les squatteurs de Saint-Tropez ! 

SIX JOURS, CE PRINTEMPS-LA (2025)

Onzième film de Joachim Lafosse, « Six jours, ce printemps-là » romance un souvenir personnel du réalisateur et offre à Eye Haïdara un nouveau rôle riche en émotions contenues.

Notre critique d’une parenthèse presque enchantée…

Critique « SIX JOURS,CE PRINTEMPS-LA » (2025) : Les squatteurs de Saint-Tropez ! - ScreenTune
© 2025 Cinéart

Synopsis :

Malgré les difficultés, Sana (Eye Haïdara) tente d’offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. À la suite d’un contretemps, elle décide de les emmener sur la Côte d’Azur, dans la luxueuse villa de son ex-belle famille… Six jours de soleil qui marqueront la fin de l’insouciance…

Un récit intime inspiré d’une histoire vraie 

« Six jours, ce printemps-là », du cinéaste belge Joachim Lafosse, a obtenu les prix de la meilleure réalisation et du meilleur scénario au festival du film Saint-Sébastien (il y avait déjà remporté le prix de la meilleure réalisation en 2015 pour « Les Chevaliers blancs »). Le scénario coécrit avec Chloé Duponchelle et Paul Ismaël se base sur une expérience d’enfance de Joachim Lafosse.

Le réalisateur se souvient que sa mère, après avoir divorcé, les avait emmenés, avec son frère jumeau, dans la luxueuse propriété de leurs grands-parents paternels, en toute illégalité…

Critique « SIX JOURS,CE PRINTEMPS-LA » (2025) : Les squatteurs de Saint-Tropez ! - ScreenTune
© 2025 Cinéart

Des personnages fragiles au bord de la rupture

Quand on se penche sur sa filmographie, Joachim Lafosse n’a de cesse de conter des récits axés sur des déboires familiaux : dans « Les intranquilles », il se penchait sur les ravages causés par un parent bipolaire, dans « Nue propriété », il évoquait les relations entre une mère (Isabelle Huppert) et ses jumeaux ou encore un cas d’aliénation menant à l’infanticide dans « À perdre la raison ».

Les problèmes de Sana sont beaucoup moins dramatiques,même si elle se sent déclassée après son divorce. Le récit s’apparente plus au film « L’économie du couple » où un couple séparé devait continuer à cohabiter pour raisons financières.

Eye Haïdara : une interprétation d’une force rare

Au départ, rien ne prédispose Sana à passer quelques jours de vacances dans la résidence secondaire de ses riches ex-beau-parents, dans le sud de la France. C’est suite à un contretemps avec son copain qu’elle prend, sur un coup de tête, cette décision un peu  folle sans demander l’accord du père de ses enfants ou des propriétaires des lieux. Sana et ses fils, accompagnés d’un ami de la mère, décident donc de vivre quelques jours idylliques dans une maison cossue, tout en ayant conscience de ne pas être dans leur droit. Ce séjour ne se déroule pas normalement car il est clandestin ! 

Critique « SIX JOURS,CE PRINTEMPS-LA » (2025) : Les squatteurs de Saint-Tropez ! - ScreenTune
© 2025 Cinéart

Le décor de Saint-Tropez, entre douceur et tension 

Le film suggère implicitement beaucoup de choses… Il captive par le contraste entre le cadre idyllique de Saint- Tropez et la conscience d’ un monde hostile, d’un danger impalpable. Le contraste est  flagrant entre la douceur des lieux, les baignades insouciantes, les balades dans les ruelles de Saint-Tropez, une partie de pétanque sur la place des Lices et les rideaux  refermés avec soin tous  les soirs…

Mise en scène : le style Lafosse, tout en retenue

Le spectateur attend  une issue tragique sans savoir d’où elle pourrait venir, les personnages extérieurs restent volontairement hors du champ de la caméra (qui utilise beaucoup de plans fixes), seules des sonneries téléphoniques se font entendre, prémices d’un affrontement… Le spectateur  peut imaginer que Sana est issue d’un milieu modeste, qu’elle n’a été que tolérée dans la riche famille blanche de son ex-mari  sans jamais être intégrée; qu’elle en est  désormais exclue tout comme ses enfants.

Pourtant, le film ne juge rien et évite les explications privilégiant  plutôt le présent, l’ éphémère parenthèse de ces quelques jours…

NOTE :

0 /10

Malgré son épure, son minimalisme narratif ; « Six jours, ce printemps-là » distille  une émotion réelle quoique contenue sans toutefois pouvoir être comparée à la puissance d’autres opus  du réalisateur.

Eye Haïdara, remarquée le « Sens de la fête » (2017) s’y révèle convaincante et attachante de bout en bout dans un rôle qui n’est pas sans évoquer Nathalie Baye d’ « Un week-end sur deux »(1990) de Nicole Garcia.

Privilégiez une vision au cinéma, pas sûre que l’ambiance soit au rendez-vous devant votre TV !

Yves Legrand – Le 2 décembre 2025.

Sources Photos : 

© 2025 Cinéart – https://www.cineart.be/fr/films/six-jours-ce-printemps-la

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