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Le baroud d’honneur du Gipsy King 

 Peaky Blinders : L'Immortel  (2026)

On avait quitté Tommy Shelby seul et isolé dans la sixième et dernière saison de « Peaky Blinders » en 2022. Revoici donc Cillian Murphy et Steven Knight pour un dernier baroud d’honneur avec un long métrage d’une heure quarante-cinq intitulé « Peaky Blinders : L’Immortel », disponible sur Netflix, avec au casting Tim Roth, Rebecca Ferguson et Barry Keoghan.

Une bonne idée de tirer la révérence à l’une des plus grandes séries de la BBC avec un long métrage… ou l’épilogue de trop ?

On sort la lame de la casquette et on vous dit tout !

Critique « Peaky Blinders : L'Immortel » (2026) : Le baroud d'honneur du Gipsy King - ScreenTune
© 2026 Netflix

Synopsis :

Dans la ville de Birmingham bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale, Tommy Shelby doit accomplir des missions secrètes dangereuses tandis que ses démons personnels s’immiscent dans le destin de la nation.

Un final très attendu :

Sortie en 2013 sur la BBC, « Peaky Blinders » s’était rapidement imposée comme une grande série grâce à son esthétique léchée, ses acteurs charismatiques, ses reconstitutions superbes et, bien sûr, sa bande-son pop-rock qui nous immergeait parfaitement dans les bas-fonds de Birmingham.

Vu l’engouement et la figure iconique, voire christique, de Thomas Shelby, incarné brillamment par un Cillian Murphy charismatique au possible, « Peaky Blinders » est devenu un véritable phénomène de pop culture.

Normal donc que Netflix ait voulu capitaliser sur le show avec un long métrage très attendu et annoncé depuis 2024. Était-ce une bonne idée ? Le fan vous répondra que oui, le spectateur neutre sera, lui, beaucoup plus mitigé…

Critique « Peaky Blinders : L'Immortel » (2026) : Le baroud d'honneur du Gipsy King - ScreenTune
Photo prise par Robert Viglasky - © 2024 Netflix

Un virage vers le thriller d’espionnage :

il faut bien le reconnaître, « Peaky Blinders : L’Immortel » capitalise sur tous les aspects positifs de la série cités plus haut : une mise en scène inspirée et stylisée (les slow motions sous la pluie, les grands angles sur les usines dans le brouillard de Birmingham), une bande-son qui détonne et, bien sûr, un Cillian Murphy toujours aussi à l’aise dans son rôle de chef suprême, portant tout le poids des responsabilités sur ses épaules.

Pourtant, même si Steven Knight récite ses gammes à la perfection à l’écriture, comme à son habitude, il tente une prise de risque avec une orientation thriller d’espionnage dans une première heure qui s’éloigne des principes de « Peaky Blinders ».

Les fans de la première heure pourraient être décontenancés par ce rythme lent et verbeux qui met en place l’échiquier de l’intrigue.

Critique « Peaky Blinders : L'Immortel » (2026) : Le baroud d'honneur du Gipsy King - ScreenTune
Photo prise par Robert Viglasky - © 2024 Netflix

Tommy Shelby face à la guerre et à ses démons :

Thomas Shelby se retrouve à lutter pour ses convictions et son élan patriotique face aux nazis, qui font circuler de fausses livres sterling pour inonder le Royaume-Uni, ruiner son économie et affaiblir un des derniers remparts contre le fascisme en Europe.

Pour ce faire, ils s’appuient sur des réseaux criminels locaux, plaçant les Peaky Blinders au cœur d’un dilemme moral et patriotique qui dépasse largement leurs habituelles guerres de territoire ou trafics d’opium.

Une vraie transition entre le milieu de la pègre et les prémices d’une guerre à grande échelle, qui trouve sa conclusion dans une seconde partie plus brutale, sanglante, mais qui emprunte des chemins déjà bien balisés par la série.

Critique « Peaky Blinders : L'Immortel » (2026) : Le baroud d'honneur du Gipsy King - ScreenTune
Photo prise par Robert Viglasky - © 2024 Netflix

Une évolution logique ou une conclusion frustrante ?

Si l’on compare « Peaky Blinders : L’Immortel » à la série originale, la différence saute immédiatement aux yeux. Là où la série prenait le temps de construire ses personnages, d’installer ses intrigues sur plusieurs épisodes et de faire monter la tension de manière progressive, le film est contraint par son format et va à l’essentiel. Du coup, on se retrouve avec une narration plus condensée, parfois plus brutale, mais aussi moins nuancée.

La série brillait par sa capacité à mêler drame intime, fresque historique et montée en puissance du personnage de Tommy Shelby, tandis que le film privilégie une approche plus frontale, presque fonctionnelle, centrée sur une mission et un enjeu géopolitique.

Côté points positifs, le long métrage conserve toute la puissance esthétique de la série : mise en scène stylisée, ambiance brumeuse, bande-son moderne et anachronique, ainsi qu’un Cillian Murphy toujours aussi habité. Mais là où la série permettait aux personnages secondaires d’exister pleinement (Arthur, Alfie, Polly…), le film les relègue souvent au second plan, voire les sacrifie totalement.

Enfin, la série construisait une véritable mythologie autour de Tommy Shelby, avec une évolution lente et marquante, tandis que le film donne davantage l’impression d’un épilogue resserré, efficace mais moins marquant émotionnellement.

Une conclusion qui satisfera les fans, mais qui manque peut-être d’ampleur pour égaler l’impact de la série. 

Critique « Peaky Blinders : L'Immortel » (2026) : Le baroud d'honneur du Gipsy King - ScreenTune
Photo prise par Robert Viglasky - © 2024 Netflix

Une formule efficace mais trop familière :

C’est ce que l’on peut reprocher à « Peaky Blinders : L’Immortel » : cette volonté de ne jamais s’affranchir de ses caractéristiques, pourtant excellentes, mais qui empêchent le film d’offrir une véritable conclusion à son personnage iconique.

Une facilité scénaristique qui flattera les fans tout en empêchant le long métrage de s’élever en véritable fresque cinématographique d’envergure.

Preuve en est : les personnages de Rebecca Ferguson et Tim Roth restent sous-exploités, peu développés sur 1h45, contrairement à ce que permettait le format sériel.

Critique « Peaky Blinders : L'Immortel » (2026) : Le baroud d'honneur du Gipsy King - ScreenTune
Photo prise par Robert Viglasky - © 2024 Netflix

Une conclusion fidèle à l’ADN de la série :

Cependant, ne gâchons pas notre plaisir devant une œuvre qui connaît sa recette et qui offre une conclusion efficace et stylisée à Thomas Shelby et à ses fans.

Steven Knight ne renie jamais l’ADN de « Peaky Blinders » et transpose son univers dans un film crépusculaire, boueux, violent et désespéré.

Une fin fidèle, efficace… mais qui n’atteint jamais la grandeur de la série qu’elle prolonge. La fin d’une ère et l’épilogue mélancolique d’une grande série. 

NOTE :

0 /10

Une évolution logique ou une conclusion frustrante ?

Les + :

  • Mise en scène toujours aussi stylisée
  • Cillian Murphy impérial
  • Ambiance fidèle à la série

Les – :

  • Personnages secondaires sous-exploités
  • Intrigue prévisible
  • Manque d’ambition pour une conclusion

Une note un peu basse car « Peaky Blinders : L’Immortel » ne révolutionne pas sa formule et reste dans une zone de confort connue des fans.

Reste une mise en scène toujours aussi brumeuse et élégante, soutenue par une bande-son enivrante et énergique. Cillian Murphy est toujours aussi magnétique, mais on regrettera des personnages secondaires sous-exploités et une intrigue classique aux ressorts parfois limités, sans réelle envolée dramatique.

On regrettera aussi l’absence frappante de Paul Anderson dans la peau d’Arthur Shelby, ainsi que celle de notre très adoré Alfie Solomons incarné par Tom Hardy… et même d’Oswald Mosley.

Julien Legrand – Le 22 mars 2026.

Sources Photos : 

© 2026 Netflix

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