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Chasse en cours !

Les Tourmentés (2025)

« Les Tourmentés » est un long-métrage réalisé par Lucas Belvaux tiré de son roman éponyme qui invite les personnages à s’interroger sur la valeur de la vie et les pousse dans leurs derniers retranchements.

Notre critique renifle la piste et affronte ses tourments ! 

Critique « Les Tourmentés » (2025) : Chasse en cours ! - ScreenTune
© 2025 Cinéart - david-koskas-bizib

Synopsis :

Ça vaut quoi la vie d’un homme ? D’un homme comme lui. Un homme sans rien. Skender, ancien légionnaire, le découvrira bien assez tôt. “Madame”, veuve fortunée et passionnée de chasse, s’ennuie. Elle charge alors son majordome de lui trouver un candidat pour une chasse à l’homme, moyennant un très juteux salaire. Skender est le gibier idéal. Mais pas sûr que les choses se passent comme prévu…

Lucas Belvaux avait écrit un premier roman intitulé « Les Tourmentés » paru chez Alma éditeur en 2023. Il semble normal que l’écrivain-réalisateur ait eu envie de le porter lui-même à l’écran mais comme il le dit dans une présentation en avant-première ; la caméra demande une épure dont le roman peut s’affranchir… Skender (Niels Schneider), marqué par la guerre, est devenu SDF. Il a une femme et deux fils, qu’il voit de temps en temps.

Un jour, un ancien compagnon de combat (Ramzy Bedia), devenu le factotum d’une veuve richissime (Linh-Dan Pham), reprend contact et lui propose un projet étrange : servir de gibier pour la milliardaire en quête de sensations extrêmes en échange d’une prime conséquente. Précaution importante : S’il meurt, l’argent reviendrait à sa famille…

Critique « Les Tourmentés » (2025) : Chasse en cours ! - ScreenTune
© 2025 Cinéart - david-koskas-bizib

Adapter son propre roman n’est pas chose aisée même si quelques écrivains réalisateurs s’y sont risqués : Stephen King s’est glissé derrière la caméra à une seule reprise avec « Maximum Overdrive » (1986), Virginie Despentes a adapté son premier roman,  « Baise-moi » en 2000 puis « Bye Bye Blondie » (2012), Frédéric Beigbeder s’est laissé tenter par l’exercice à deux reprises, en 2011, « L’amour dure trois ans » puis, en 2016, « L’Idéal » adapté d’ « Au secours pardon » mais le plus prolifique est l’écrivain Michael Crichton (1942-2008, l’auteur de « Jurassic Park ») réalisateur du western culte, « Mondwest » puis de « Morts Suspectes », « La grande attaque du train d’or » ou encore du policier « Preuve à l’appui » (1989), son dernier film.

Critique « Les Tourmentés » (2025) : Chasse en cours ! - ScreenTune
© 2025 Cinéart - david-koskas-bizib

Si le talent de Lucas Belvaux « Pas son genre », « Des hommes » n’est plus à prouver, ce drame psychologique tendu offre une première partie, passionnante, déroutante qui lentement installe son cadre à la limite de l’étrange voire du baroque.

Le réalisateur dévoile longuement les traumatismes de ses personnages perdus dans leur silence. La césarisée Linh-Dan Pham (« Astérix l’empire du milieu ») est étincelante en veuve à la douce cruauté, Ramzy Bedia se révèle un peu plus en acteur dramatique et Niels Schneider se met tout entier au service d’un film noir qui vire trop souvent vers le gris.

Les deux hommes multiplient les face à face tendus sous l’objectif de Belvaux qui se délecte des gros plans où les deux ex-légionnaires alternent tension et humanité selon les circonstances.

© 2025 Cinéart - david-koskas-bizib

« Les Tourmentés » parlent de la domination, d’un huis clos chasseur/chassé, mais à l’intelligence de ne pas tout raconter de l’affrontement mais plutôt et très habilement d’en donner des visions (prémonitoires) sous différents angles si bien que le spectateur reste en éveil, à l’affût (comme le chasseur) du prochain mouvement de l’adversaire.

La bonne idée de Lucas Belvaux, outre son excellent casting c’est de donner à voir un drame psychologique comme s’il s’agissait d’un thriller sous haute tension dans le style « The Hunt » (2020), « Que la chasse commence » (1994), « Le prix du danger » (1983) ou « Running Man » (1987) tout en redéfinissant le genre pour en faire une réflexion sur la résilience et la valeur de la vie.

NOTE :

0 /10

Personnellement, nous avons aimé être embarqué dans cette histoire un peu folle de chasse à l’homme, habilement argumentée, portée par Niels Schneider, Ramzy Bedia, Linh-Dan Pham et Déborah François, des êtres abîmés par la guerre, l’absence d’amour et les blessures. Leurs prestations relèvent la note.

Si le réalisateur s’inspire de son roman, primé à plusieurs reprises, pour concevoir un drame sombre teinté d’espérance, il arrive à bousculer le spectateur, et à la manière de « Délivrance » (1972) d’insister sur le fait que la survie n’a de sens que si elle s’accompagne de la perte de l’insouciance ou d’un renouveau.

Yves Legrand – Le 22 septembre 2025.

Sources Photos : 

© 2025 Cinéart

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