
Critique de Patients (2017)
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Rémi Bezançon réalise « Le crime du 3e étage », un film inspiré par l’œuvre d’Alfred Hitchcock avec un couple Laetitia Casta et Gilles Lellouche qui s’improvisent détectives amateurs.
Notre critique d’un « à la manière de » jubilatoire qui invite à revoir les films du Maître du suspense !
Colette (Laetitia Casta), une universitaire passionnée par l’œuvre d’Hitchcock soupçonne le voisin d’en face, de l’autre côté de la cour, d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle? Son mari, François (Gilles Lellouche), écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair… Mais y a-t-il vraiment eu un crime au 3 e étage ?
Tout mais alors absolument tout dans le film de Rémi Bezançon (« Le mystère Henri Pick » en 2018, « Un coup de maître » en 2023) participe à un hommage à la filmographie de Sir Alfred Hitchcock.
Dès le début du film, les emprunts et allusions pleuvent que ce soit dans le générique (« Vertigo ») ou dans les thèmes de la musique signée par Laurent Perez del Mar. Il s’inspire clairement des compositions de Bernard Herrmann sans jamais tomber dans la copie ou la parodie, signant une partition qui navigue entre comédie et suspense au gré des situations.
Lorsque Colette analyse avec ses étudiants « Fenêtre sur cour », elle se réfère à François Truffaut ou Jean-Luc Godard, les cinéastes de la Nouvelle Vague véritables adorateurs d’ Hitchcock.
Dans « Fenêtre sur cour » « Rear Window » en 1954), Jeff Jefferies (James Stewart) un reporter-photographe immobilisé avec une jambe dans le plâtre, s’interroge sur un de ses voisins d’en face et mandate sa petite amie Lisa (Grace Kelly) pour chercher les preuves du meurtre qu’il pense l’avoir vu commettre.
Ici, le réalisateur-scénariste pratique le renversement, c’est François, un Gilles Lellouche plutôt gauche et proche d’Obélix qui s’y colle et va aller chercher les preuves éventuelles dans l’appartement d’en face… Rémi Bezançon a choisi de nous présenter un couple sur le déclin qui se cherche et qui enquête, mêlant deux aventures, celles des héros de papier de François l’écrivain (hommage au « Le Magnifique » de Philippe de Broca, 1973) et la leur pour n’en former qu’une… Le couple (Lellouche- Casta) va se ressouder grâce à cette intrigue dont l’action prend principalement place dans le milieu du théâtre.
S’il manque parfois de suspense, l’intrigue est extrêmement inventive, bercée d’influences forcément hitchcockiennes (avec Laetitia Casta en blonde héroïne Hitchcockienne) mais aussi shakespeariennes assumées et même citées dans le texte (entre autres par Guillaume Gallienne).
Une très rafraîchissante comédie policière riche de ses emprunts assumés !
Rémi Bezançon réalise une mise en scène fluide et efficace qui maintient son suspense de bout en bout, porté par un duo Gilles Lellouche – Laetitia Casta qui fonctionne à l’unisson apportant beaucoup de profondeur aux personnages.
À l’instar d’Hitchcock qui disait que « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film. », Guillaume Gallienne s’est pris au jeu pour interpréter ce Yann Kerbec, vénal, narcissique, prétentieux et grandiloquent. Un personnage que le sociétaire de la Comédie-Française a transcendé en mauvais acteur rongé par l’angoisse au point d’interpréter Hamlet en accéléré.
Trois acteurs excellents , un scénario léché et inventif emporte la mise (et la note).
Mais on se doit d’apprécier aussi le soin porté aux décors par Maamar Ech-Cheikh avec des ambiances dichotomiques de part et d’autre de la cour de l’immeuble tout comme aux costumes de la partie historique signés Marie-Laure Lasson et à la photographie de Pierre Cottereau avec ces contrastes de lumières qui détournent habilement les codes du thriller chers à Hitchcock.
On se souvient des propos du Maître du suspense: « Le cœur du cinéma est la manipulation du temps et de l’émotion. » : « Je crée du suspense et le suspense génère de l’émotion. Sans émotion, pas de suspense. »
Yves Legrand – Le 15 mars 2026.
Sources Photos :
© 2026 Athena Films

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