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Des épines dans les pieds !

Kaamelott: Deuxième volet (partie 1) (2025)

Quatre ans après la destruction de Kaamelott dans le premier volet, Alexandre Astier, alias Arthur Pendragon, reprend la plume, la caméra et la baguette magique pour la suite tant attendue : « Kaamelott : Deuxième volet (partie 1) ».

Toujours mystique, toujours bavard, le cinéaste continue de transformer sa légende télévisuelle en grande fresque arthurienne. Mais la quête, cette fois, semble piétiner un peu dans la boue…

Critique « Kaamelott : Deuxième volet (Partie 1) » (2025) : Des épines dans les pieds ! - ScreenTune
© 2025 Belga Films

Synopsis :

Les Dieux sont en colère contre Arthur ! Après la destruction de Kaamelott, son refus obstiné de tuer Lancelot précipite le Royaume de Logres à sa perte. Il réunit ses Chevaliers, novices téméraires et vétérans désabusés, autour de la Nouvelle Table Ronde et les envoie prouver leur valeur aux quatre coins du Monde, des Marais Orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent.

Le style Kaamelott, puissance mille

Le premier film cherchait à rendre Kaamelott plus « cinéma », quitte à lisser un peu sa verve.
Ce deuxième chapitre fait tout l’inverse. Astier assume totalement le retour à la « grammaire Kaamelott » : des répliques assassines, un humour pince-sans-rire, et une poésie absolument délicieuse.

Les fans de la première heure retrouveront sans peine l’humour absurde et les tirades tranchantes. Les autres, eux, risquent de se perdre dans ce dédale de personnages et de quêtes secondaires. Astier ne fait plus d’effort pour « convertir » le grand public : il parle à sa tribu.

L’écriture retrouve son mordant, la mise en scène gagne en ampleur, et le résultat est souvent irrésistible quand les dialogues font mouche. Astier assume pleinement son style : répliques affûtées, plans léchés, paysages de légende, et cette poésie brute, reconnaissable entre mille.

Il signe un film d’auteur dans un blockbuster, un pari rare dans le cinéma français. Surtout lorsqu’il vient y ajouter un duo jubilatoire : Clovis CornillacGuillaume Gallienne, parfaits en assassins aussi bavards que redoutables.

Critique « Kaamelott : Deuxième volet (Partie 1) » (2025) : Des épines dans les pieds ! - ScreenTune
© 2025 Belga Films

« C’est pas faux, mais y’en a trop » :

Le plus gros défaut de ce second opus, c’est qu’il aime un peu trop tout le monde.
Astier veut donner une scène à chaque personnage, une réplique à chaque ancien de « Kaamelott », un clin d’œil à chaque fan. Résultat : une fresque foisonnante, drôle, mais parfois épuisante.

Entre les « coucou » de Chabat, Clavier, Ledoyen ou Fleurot, et les apparitions furtives des anciens de la série, on frôle parfois l’overdose : trop d’arcs, pas assez d’âme.

On assiste plus à une mosaïque d’épisodes condensés qu’à un véritable film d’aventure.

Même pour les fans de la première heure, cette succession de mini-intrigues finit par diluer le propos. On se croirait dans un Livre V XXL condensé en deux heures vingt, au détriment d’un vrai souffle épique.

Critique « Kaamelott : Deuxième volet (Partie 1) » (2025) : Des épines dans les pieds ! - ScreenTune
© 2025 Belga Films

Pas assez d’aventure :

En envoyant ses chevaliers dispersés aux quatre coins du royaume pour « prouver leur valeur », Astier dilue l’énergie du récit. Beaucoup de lieux, de nombreuses idées, mais peu d’émotion.

Seule la partie consacrée aux enchanteurs tire vraiment son épingle du jeu, rappelant le Kaamelott mystique, mystérieux et mélancolique qu’on aimerait voir plus développé.

Le reste se perd dans des sous-intrigues inutiles et des ellipses frustrantes, comme si Astier voulait tout montrer sans oser couper.

Du coup, on se retrouve devant une fresque ambitieuse, mais fragmentée, où le souffle héroïque se perd dans les vents glacés du Dragon Opalescent.

Critique « Kaamelott : Deuxième volet (Partie 1) » (2025) : Des épines dans les pieds ! - ScreenTune
© 2025 Belga Films

« On en a gros ! » – L’amour du geste reste intact

Soyons honnêtes : même quand il trébuche, Astier reste un artisan précieux du cinéma français.

Sa photo est superbe, sa musique (composée par lui-même, évidemment) transporte, et son humour fonctionne toujours.

Le film, malgré ses longueurs, garde cette sincérité, cette folie douce et cette foi dans la légende arthurienne qui font toute la différence.
Cependant « Kaamelott : Deuxième volet (partie 1) » ressemble clairement à un épisode de transition : un pont avant la « grande bataille » promise.

Un chapitre nécessaire, mais pas pleinement satisfaisant.

Critique « Kaamelott : Deuxième volet (Partie 1) » (2025) : Des épines dans les pieds ! - ScreenTune
© 2025 Belga Films

« C’est pas la joie, mais c’est pas la défaite non plus »

Arthur reste dépressif, Lancelot toujours rongé, Guenièvre régresse, les dieux grondent dans le vide et Perceval brille par son absence.

Astier aime trop son univers pour le laisser filer, et ça se sent. Cependant cet amour le pousse parfois à trop vouloir en montrer.

Entre ambition dantesque et récit éclaté, le film laisse une impression mitigée : toujours brillant dans la forme, un peu bancal dans le fond.

Bref, le royaume est à la dérive, mais la flamme brûle encore.
Astier garde le cap, mais semble oublier que la patience des fans, elle, n’est pas infinie.

NOTE :

0 /10

Un film généreux, parfois trop, mais toujours sincère. Malgré son rythme inégal et son trop-plein de personnages, Kaamelott : Deuxième volet (partie 1) reste un plaisir coupable et un hommage vibrant à son univers.

Pas le Graal, mais au moins une gorgée d’hydromel.

Une note au-dessus de la moyenne, par pure indulgence et affection. Parce que malgré ses longueurs, Kaamelott reste un ovni français d’une ambition folle — à la fois drôle, érudit et profondément sincère. Et comme dirait Perceval : « C’est pas faux. »

« Victoriae mundis et mundis lacrima. »
Ça ne veut absolument rien dire, mais je trouve que c’est assez dans le ton.

Julien Legrand – Le 25 octobre 2025.

Sources Photos : 

© 2025 Belga Films

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