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Le dernier baroud de Big John

Ghosts of Mars (2001)

Il y a des films que nous redécouvrons des années plus tard et qui après nous avoir laissé un sentiment mitigé, se revoit avec un vrai plaisir coupable.

« Ghosts of Mars » fait partie de cette catégorie de long métrage. Sorti en 2001, cet ovni SF signé du génial John Carpenter sentait bon la poussière rouge, le sang séché et la nostalgie d’un cinéma d’action sans filtre avec pour seule volonté de nous offrir un bon moment de cinoche.

Oui, le film a vieilli. Oui, il a fait un four au Box-office et depuis Big John n’a plus rien pondu ! Néammoins, tel un bon whisky : brut, sec et pas pour tout le monde. Il reste un plaisir non-dénué d’intérêt !

Critique « Ghosts of Mars » (2001) : Le dernier baroud de Big John - ScreenTune
© 2001 Storm King Productions

Synopsis :

Sur Mars, un groupe de soldats est envoyé pour transférer un dangereux criminel surnommé “Désolation” Williams. Sauf qu’une fois sur place, la colonie minière qu’ils devaient sécuriser est devenue une scène de cauchemar : des cadavres mutilés, un silence étouffant… et une menace qui rôde encore.

De la poussière et du métal : 

Au tournant des années 2000, Carpenter sortait d’une décennie compliquée. Les studios ne lui faisaient plus confiance, le public non plus. Et pourtant, le mec décide de revenir aux bases : un décor isolé, des survivants acculés, une menace implacable.

Avec « Ghosts of Mars » qui aurait d’abord été pensé comme le troisième volet des aventures de Snake Plissken, il fusionne « Assaut sur le central 13 » et « New York 1997 »… mais sur Mars ! Du cou, le cinéaste nous offre un western spatial post-apocalyptique fauché mais sincère, tourné avec une énergie presque punk.

Le film coûte à peine 28 millions, mais Big John va y faire feu de tout bois avec le talent qu’on lui connaît. Peu de moyens, beaucoup d’idées parfois trop. Un pur « do it yourself » version SF qui malheureusement ne rapportera que 14 millions de dollars dans le monde !

Critique « Ghosts of Mars » (2001) : Le dernier baroud de Big John - ScreenTune
© 2001 Storm King Productions

Une Escorte en Enfer :

L’histoire, c’est du Carpenter pur jus : Une escouade de soldats badass menée par Natasha « La Mutante » Henstridge (remplaçant au pied levé Courtney Love blessée à la cheville quelques semaines avant le début du tournage), un criminel charismatique (Ice Cube, parfait en anti-héros, peut-être son seul bon rôle), et une menace barbare d’esprits martiens possédant les humains façon métal ensorcelé.
Jason Statham, qui sortait de ses deux premiers films avec Guy Ritchie et avec des cheveux svp, s’y fait déjà remarquer, tout comme Pam Grier, éternelle icône des années 70.

Pourtant malgré le peu de moyen, Carpenter nous offre un film à la fois bourrin, ironique et farouchement old-school, où la poussière rouge devient le théâtre d’un western gore interplanétaire.

Critique « Ghosts of Mars » (2001) : Le dernier baroud de Big John - ScreenTune
© 2001 Storm King Productions

Du rock, du sang et des coups de boule !

Si Carpenter n’a jamais caché son amour pour le rock, pour englobé son film d’un aspect retro-futuriste il s’en donne à cœur joie. La BO, composée avec les membres de Anthrax et Buckethead, transforme chaque fusillade en concert métal. Sachant que le film a été tourné avec des sons de Metallica sur le plateau, rien que ça !

Très peu de de finesse, mais de la générosité, de l’instinct, des tripes, et cette mise en scène frontale marque de fabrique du metteur en scène de « The Thing ».

Les fans de Carpenter retrouveront son goût du huis clos (coucou « The Thing »), des plans serrés et du montage nerveux (hello « L’antre de la Folie » et « Christine »). Les autres, pas fans de cinématographie de Big John, y verront juste un gros délire bourrin, kitsch et surjoué.

Les deux points de vues auront raison mais cela serait bouder son plaisir devant ce long métrage « old school » !

Critique « Ghosts of Mars » (2001) : Le dernier baroud de Big John - ScreenTune
© 2001 Storm King Productions

Un film méprisé, mais qui sent la liberté !

Lors de sa sortie, « Ghosts of Mars » s’est fait dézinguer par la critique et a floppé au box-office (à peine la moitié de son budget remboursé).

Pourtant avec le recul, le film a ce parfum d’artisanat et de sincérité qui sent bon les films les années 80 et 90. John Carpenter refusait pax exemple de travailler de jour, Même une fois de retour à L.A. pour les scènes en studio, John Carpenter tenait à tourner uniquement la nuit.
Quand Natasha Henstridge lui a demandé pourquoi, il lui a simplement répondu : « Je suis un être de la nuit. Et j’ai toujours détesté me lever le matin. ». Le cinéaste a dû négocier un compromis avec l’équipe… mais pas question pour lui d’abandonner son rythme de vampire !

Un sentiment qu’on ne retrouve plus dans les productions actuelles sans âme et sans cette volonté du travail bien fait !

Pas de CGI tape-à-l’œil, pas de franchise à rallonge : juste un cinéaste qui s’amuse encore, même s’il sent que le mondedu cinéma et des studios change autour de lui.

© 2001 Storm King Productions

Carpenter, l’antiblockbuster par excellence !

Regarder « Ghosts of Mars » aujourd’hui, c’est incontestablement le comparer aux blockbusters modernes : d’un côté, un film sans âme calibré pour le streaming ; de l’autre, un objet bancal mais viscéral, signé d’un auteur qui s’en foutait de plaire à tout le monde.

C’est cette rage, cette liberté et ce goût du « fait main » qui font de Carpenter un monument, même quand il se plante.

Et quand on sait que depuis, Big John a préféré composer de la musique pour des jeux vidéo plutôt que de retourner derrière la caméra… on se dit que « Ghosts of Mars », c’était peut-être son vrai chant du cygne, un vrai film testament d’un dinosaure qui n’a plus sa place dans le Septième Art d’aujourd’hui.

NOTE :

0 /10

Un film à la fois cheap, brutal et terriblement attachant. « Ghosts of Mars », c’est Carpenter qui rugit une dernière fois avant de raccrocher la caméra.

Un western rouge sang, un trip métal sous acide, un hommage à lui-même.
Pas parfait, mais foutrement vivant. Et ça, c’est déjà beaucoup.

Julien Legrand – Le 7 novembre 2025.

Sources Photos : 

© 2001 Storm King Productions

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