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 LA VARIÉTÉ ANDROMÈDE !

BUGONIA (2025)

Chaque nouveau film de Yorgos Lanthimos est un événement, le dernier « BUGONIA » a été accueilli  par 7 min d’applaudissements à la Mostra de Venise, et sera en salles dès le 26 novembre prochain.

Notre critique d’une fable étrange, tordue qui mêle paranoïa, comédie, fantastique et twists multiples…

Critique « BUGONIA »  ( 2025) :  LA VARIÉTÉ ANDROMÈDE ! - ScreenTune
© 2025 Photo prise par Atsushi Nishijima © Focus Features Sony Belgium - Universal

Synopsis :

Teddy (Jesse Plemons), employé dans un centre d’expédition de produits pharmaceutiques et apiculteur à ses heures perdues, est complètement obsédé par certaines théories du complot. Il décide avec  l’aide de son cousin Don (Aidan Delbis) , de kidnapper Michelle Fuller (Emma Stone), la PDG sans scrupules d’un grand groupe pharmaceutique, et de l’enchaîner dans le sous-sol de leur maison, persuadés qu’elle est en réalité une extraterrestre au centre d’un vaste projet pour annihiler la Terre…

Une farce noire et paranoïaque

Tout débute comme une incroyable farce: deux hommes un peu paumés fomentent un enlèvement et, non sans mal, arrivent à séquestrer la PDG d’une importante société pharmaceutique. Le spectateur, incrédule, s’aperçoit alors que ce n’est ni par vengeance  ni  pour obtenir une rançon mais parce que Teddy (Jesse Plemons) est persuadé qu’elle est une extraterrestre décidée à détruire la Terre…

Très vite, l’humour noir disparaît pour laisser place à un huis clos intense, presque hitchcockien. Derrière les échanges absurdes se développe une angoisse bien réelle  pour cette femme enchaînée, humiliée dont on ne sait comment elle va pouvoir s’extirper face à ce monstre froid complètement obsédé par les théories du complot qui tente de lui faire avouer l’inpensable.

Critique « BUGONIA »  ( 2025) :  LA VARIÉTÉ ANDROMÈDE ! - ScreenTune
© 2025 Photo prise par Atsushi Nishijima © Focus Features Sony Belgium - Universal

Emma Stone et Jesse Plemons, un duo magnétique

Dans ce huis clos délirant, remake de l’étonnant film sud-coréen « Save the Green Planet ! » de Jang Joon-hwan (2003), la double oscarisée Emma Stone (« Pauvres créatures »), bluffante avec son crâne rasé, incarne Michelle Fuller, une cheffe d’entreprise glaçante, magnétique, presque irréelle (rôle incarné par un homme dans la version originale). 

Son ravisseur Teddy (le nommer aux Oscars Jesse Plemons) est un apiculteur à la paranoïa contagieuse, quant au troisième protagoniste de cette fantasmagorique histoire, le cousin Don (Aidan Delbis) il se révèle aussi fragile que naïf. La maison où se déroule l’essentiel de l’action est baignée dans une lumière digne d’une salle de chirurgie, cadrée avec une précision mathématique.

Elle devient le cœur d’un combat entre vérité et croyance,  où le rationnel le dispute au délire.

Critique « BUGONIA »  ( 2025) :  LA VARIÉTÉ ANDROMÈDE ! - ScreenTune
© 2025 Photo prise par Atsushi Nishijima © Focus Features Sony Belgium - Universal

Lanthimos, entre satire et fantastique  

Multi récompensé (à Cannes, la Mostra de Venise et aux Golden Globes), Yorgos Lanthimos se distingue par une volonté narrative et artistique affirmée.

Dans Bugonia, il nous décrit avec quantité de plans froidement composés, des personnages grotesques habités par des peurs, des fantasmes et ce besoin viscéral de l’être humain de croire en quelque chose, n’importe quoi, pourvu que ce soit différent de la réalité vécue…

Après leurs performances dans « Kinds of Kindness », le duo Emma Stone et Jesse Plemons se reforme avec une alchimie toujours aussi magnétique. Mais ce ne sont pas les seuls fidèles collaborateurs du réalisateur, puisque à la photographie on retrouve Robbie Ryan, à la musique de Jerskin Fendrix et le film est coproduit par Ari Aster, dont le dernier film « Eddington » s’aventurait déjà dans les méandres du complotisme…

Critique « BUGONIA »  ( 2025) :  LA VARIÉTÉ ANDROMÈDE ! - ScreenTune
© 2025 Photo prise par Atsushi Nishijima © Focus Features Sony Belgium - Universal

Malgré certains choix scénaristiques qui interpellent, entre autres dans sa dernière partie, Bugonia est une œuvre à la fois incroyable et improbable qui explore des problématiques modernes comme le complotisme, la fracture sociale voire le capitalisme.

Des thèmes abordés avec une touche d’humour noir façon Hitchcock, et flirtant avec tous les codes du cinéma de genre.

L’alternance de rationnel et d’irrationnel du récit force le spectateur à abandonner toute objectivité et à se laisser embarquer jusqu’au bout du voyage…

NOTE :

0 /10

Avec un film par an, « Pauvres Créatures » en 2023, « Kinds of Kindness » en 2024, et désormais Bugonia en 2025 ; Yorgos Lanthimos est sur le même rythme que Quentin Dupieux ou Kiyoshi Kurosawa, et signe ici un film inclassable aussi surprenant que déroutant, susceptible d’en déstabiliser plus d’un…(raison pour laquelle il n’obtient pas un 8)

Lanthimos retrouve sa muse, Emma Stone, dans une performance impressionnante dans un rôle complexe qui lui a demandé outre des sacrifices capillaires, de repousser encore ses limites,ce qu’on pensait difficile après sa prestation dans « Pauvres Créatures ».

Toutefois son adversaire Jesse Plemons, livre aussi une prestation très aboutie, en incarnant un personnage certes peu attachant, mais qu’on ne peut  pour autant détester.

Quant aux images du montage final, elles sont d’une beauté redoutable… et cruelle !

Yves Legrand – Le 2 novembre 2025.

Sources Photos : 

© 2025 Sony Belgium – Universal

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