
Critique « Sacrées sorcières » (2020) : Il y a une souris dans le potage !
« Sacrées Sorcières » le dernier Robert Zemeckis est l’adaptation duroman de Roald Dalh porté par Octavia Spencer, Anne Hathaway et Stanley Tucci. Critique.
Après le choc visuel et émotionnel de « À l’Ouest, rien de nouveau » (Oscar du meilleur film étranger en 2023), Edward Berger délaissait les tranchées pour un huis clos religieux intense avec « Conclave » : l’élection du nouveau Pape.
Adapté du roman de Robert Harris, « Conclave » s’impose comme un thriller politique feutré, aussi tendu qu’une corde d’autel.
Notre avis défait les scellés de ce scrutin pontifical qui a décorché l’Oscar du meilleur scénario adapté !
Synopsis :
Après la mort du pape, les cardinaux du monde entier se réunissent lors de l’élection la plus secrète au monde pour élire un nouveau chef spirituel mondial. Le diacre du Collège des cardinaux (Ralph Fiennes), malgré sa crise de croyance, veille au bon déroulement de l’élection. Lorsque les ambitions démesurées se transforment en scandales, il découvre que le défunt pape était loin d’être un saint.
Edward Berger dissèque ici les rouages du scrutin pontifical avec une précision d’orfèvre. Il lève le voile sur les coulisses du Vatican, bien loin de l’image policée diffusée à la télévision. À travers une mise en scène subtile, le cinéaste expose les jeux d’influence, les alliances fragiles et les ambitions dévorantes des hommes d’Église.
« Conclave » dévoile un univers où la foi est parfois éclipsée par la soif de pouvoir et l’ambition personnelle.
Sans jamais tomber dans le spectaculaire, Berger crée une tension sourde et permanente bien aidé par le scénario de Peter Straughan (« La Taupe ») et dévoile un portrait peu reluisant des cardinaux, dont la foi semble parfois secondaire face au prestige du pouvoir. Berger met en lumière la mesquinerie, les manipulations, les trahisons et les conflits culturels qui gangrènent les fondements de l’Église. Le religieux devient un théâtre du pouvoir, où l’intime s’efface derrière la stratégie.
Sa mise en scène millimétrée, baignée dans une lumière tamisée et une bande son inquiétante, évoque davantage un film d’espionnage qu’un drame religieux.
On ressent chaque regard, chaque silence, comme une manœuvre calculée pour arriver à ses fins.
Impossible de ne pas saluer la performance remarquable de Ralph Fiennes (nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur acteur) dans le rôle du Cardinal Lawrence, recteur du conclave. Tout en retenue, à travers ses regards il impose une gravité fascinante à chaque scène en incarnant avec finesse un homme partagé entre foi, doute et devoir.
À ses côtés, Stanley Tucci joue la sobriété, John Lithgow incarne un cardinal sournois à souhait, et Isabella Rossellini apporte une émotion inattendue dans ce monde gouverné par les hommes.
Un quatuor de choix en totale symbiose, au service d’un récit tendu.
L’univers religieux sert ici à Edward Berger de toile de fond à une réflexion plus large sur la nature humaine et les mécanismes du pouvoir.
Derrière les murs sacrés du Vatican, « Conclave » explore les mêmes ambitions, jalousies et trahisons que dans les hautes sphères politiques. Ce n’est pas la foi qui guide les choix, mais bien les calculs d’influence.
Malgré une atmosphère prenante, « Conclave » souffre d’un épilogue un peu convenu et de rebondissements trop appuyés.
On pourra également reprocher quelques longueurs et une musique trop présente, parfois envahissante.
Néammoins, dans son ensemble, le film s’impose comme un thriller élégant et intelligent, bien servi par un sujet original et un réalisateur inspiré dans sa mise en scène et ses décors qui nous immergent parfaitement.
Un thriller religieux tendu, bien interprété et intelligemment mis en scène.
À ne pas manquer malgré une fin prévisible qui l’empêche d’obtenir un bon 8.
Julien Legrand – le 20 mai 2025.
Sources Photos :
© 2025 The Searchers

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