
Critique de « Ça » (2017) – Attention aux ballons rouges !
Attention aux ballons rouges ! Ça : Chapitre 1 Pile 27 ans après la mini-série
Pennywise est de retour. Et cette fois, il ne fait pas semblant.
Avec « Ça : Bienvenue à Derry », Andy Muschietti ne se contente pas de prolonger l’univers de Stephen King : il le déconstruit pour mieux en retrouver l’essence. Exit les années 80 déjà explorées au cinéma, la série nous replonge en 1960, au cœur d’une Amérique gangrenée par la peur, le racisme et l’angoisse de la guerre froide.
Un pari risqué sur le papier, tant expliquer Pennywise pouvait faire perdre au personnage son aura mythique. Pourtant très vite, « Bienvenue à Derry » déjoue les craintes.
Des événements étranges se déroulent dans la ville de Derry dans les années 1960 liés à Pennywise le clown, un personnage mystérieux qui hante Derry.
Nous sommes à Derry, Maine. Une famille noire s’installe à proximité d’une base militaire, et la petite ville proprette révèle rapidement son vrai visage. Derrière les façades pastel et l’ambiance presque Happy Days, la peur est partout : racisme hystérique, paranoïa collective, violence ordinaire.
C’est dans ce terreau que prospère Grippe-Sou ou Pennywise en VO. Plus qu’un simple clown tueur, il devient le catalyseur de toutes les angoisses de l’époque. La série exploite brillamment cette dimension politique et sociale, rappelant que le mal n’est jamais isolé, mais toujours nourri par le contexte humain.
Là où « Ça » (2017) et « Ça : Chapitre 2 » (2019) restaient souvent sages, calibrés pour le grand public, la série ose aller beaucoup plus loin. « Bienvenue à Derry » est violente, parfois très gore, souvent dérangeante. Certaines séquences flirtent avec le pur cauchemar, rappelant les heures les plus sombres de « American Horror Story » ou « The Haunting of Hill House ».
La série assume un horror show frontal, sans chercher à édulcorer. La terreur est viscérale, la cruauté sèche, et certaines morts notamment celles touchant les enfants laissent une vraie trace émotionnelle.
On est clairement sur un registre bien plus adulte que les longs métrages et qui tente de retranscrire plus viscéralement le roman du maître Stephen King.
Comme dans le roman, la force du récit repose sur ses personnages. Le groupe d’enfants suivi ici n’est ni idéalisé ni immédiatement soudé. Ils se blessent, se trahissent, se rejettent parfois. Et c’est précisément cette fragilité qui rend l’ensemble crédible.
Le jeune casting impressionne par sa justesse. Andy Muschietti explore avec précision la violence que peuvent s’infliger les enfants entre eux, tout en construisant une véritable empathie. Lorsque le drame frappe, il frappe fort. La bascule opérée à partir de l’épisode 6 fait définitivement entrer la série dans une autre dimension.
Contrairement aux films, « Bienvenue à Derry » ne réduit pas Ça à son costume de clown. L’entité est ici protéiforme, évoluant avec les époques et les peurs collectives. Les angoisses enfouies des sixties ne ressemblent en rien à celles que connaîtra le Club des Losers dans les deux films, et la série joue brillamment de ces variations.
Pennywise est introduit tardivement, avec un sens du grotesque et du grand-guignol assumé. Ses origines, loin de démystifier le personnage, lui offrent une dimension tragique inattendue, renforçant paradoxalement sa puissance horrifique.
Là où les films de Muschietti souffraient d’un excès de jump-scares, d’une narration trop linéaire et d’une exploitation frustrante du monstre, la série prend le temps. Huit épisodes, plus de huit heures : « Bienvenue à Derry » respire, développe, approfondit.
Les longs métrages privilégiaient la nostalgie « Stranger Things » et l’efficacité immédiate. La série, elle, embrasse pleinement l’horreur, la lenteur et la noirceur du roman de Stephen King. Le résultat est bien plus marquant pour les amateurs du genre.
« Ça : Bienvenue à Derry » s’impose comme la meilleure incarnation audiovisuelle de l’univers de Stephen King depuis des années. Radical, intelligent, profondément dérangeant, le show d’Andy Muschietti réussit là où ses films n’osaient pas aller.
Une série immanquable pour les amateurs d’horreur exigeante… et clairement ce que « Ça » aurait toujours dû être.
La série aurait pu décrocher un 8 grâce à la performance de Bill Skarsgård, toujours aussi à l’aise et encore plus terrifiant dans la peau de Pennywise. Cependant, malgré une ambiance oppressante et de belles envolées horrifiques, elle souffre d’une fin trop balisée et de quelques effets spéciaux peu soignés ; le brouillard approximatif de l’épisode final ne passera pas inaperçu. Ce serait néanmoins bouder son plaisir que de s’arrêter là, tant le générique d’introduction rend une belle hommage aux références de l’univers de Stephen King. On espère bien retourner à Derry en tout cas !
Julien Legrand – Le 28 mai 2026.
Sources Photos :
© 2026 HBO Max

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Nous avions laissé Oz Perkins (le fils du légendaire Anthony (Norman Bates » Perkins) sur l’étrange mais imparfait « LongLegs ». Il revient déjà avec « The Monkey », adaptation d’une nouvelle écrite par Stephen King en 1980. Un retour rapide pour un cinéaste qui continue d’explorer les territoires du genre avec un style bien à lui.

Rares sont les auteurs à pouvoir se targuer de voir autant de leurs œuvres adaptées à l’écran que ce bon vieux Stephen King. Dernier en date, « Life of Chuck », issu du recueil de nouvelles « Si ça saigne » et réalisé par Mike Flanagan, nous invite dans un conte fantastique sur le temps qui passe.
Notre avis, garanti sans perte de temps, sur un film aussi mystérieux que l’univers…
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