apprécier ce chef d’oeuvre n’est pas un « péché ».

Se7en

David Fincher est un cinéaste méconnu pour certains, mais pour la plupart des cinéphiles c’est un génie.

Dans les années 90, le monde du cinéma a pu découvrir deux très grands films qui ont marqué l’histoire du septième art et le genre du thriller policier. Si bien que cette décennie a été qualifiée « d’âge d’or » du thriller. Comment ne pas être d’accord avec cette affirmation quand sort en 1991 sur les écrans « Le Silence des Agneaux » de Jonathan Demme, lauréat de 5 oscars et 4 ans plus tard, « Seven » de David Fincher. Deuxième long métrage du réalisateur après le très controversé « Alien 3 ».

Synopsis :

Somerset entreprend une dernière enquête avant sa retraite : arrêter un serial killer qui tue selon les sept péchés capitaux. Il est épaulé par Mills.

Pour son second film, le cinéaste signe un thriller sombre, brillant et virtuose. Un classique que toutes personnes qui découvrent le cinéma doit regarder.

« Seven » peut être considéré, ainsi que « Le Silence des Agneaux », comme un des sommets du thriller crépusculaire. Un film sur la relève d’une génération à une autre, empreint d’une atmosphère sombre et mélancolique caractérisée par cette pluie persistante qui vous mouille jusqu’à la moelle. Cette ambiance qui noue l’estomac du spectateur pendant plus de deux heures sur le déroulement de cette enquête menée avec minutie et application par deux policiers que tout oppose. L’un, William Somerset (brillant Morgan Freeman), inspecteur intelligent et proche de la retraite, l’autre, David Mills (excellent Brad Pitt), jeune flic intrépide et colérique.

Dans un climat lourd, empli de noirceur désespérée, rythmé par une musique qui sert à exprimer la tension du film. « Seven » est une œuvre suffocante qui colle aux tripes par son investigation sereine où plus le temps s’écoule, plus le temps presse, plus l’estomac se noue.

Doté d’un scénario parfaitement huilé comme les rouages d’une horloge, le film plonge le spectateur dans son récit captivant sans vouloir accélérer le rythme de façon spectaculaire. Fincher opte plutôt pour un tempo à l’image de son personnage principal, le vieux Somerset, calme, stable mais rationnel et intelligent.

Pourtant, l’œuvre sait donner un coup d’accélération quand cela s’avère nécessaire, avec élégance mais de façon intense et avisée. Le réalisateur fait reposer son long métrage sur une tension qui monte crescendo vers des sommets de terreur (la découverte du junkie attaché à son lit et un final grandiose de noirceur).

Si le scénario de « Seven » est brillant, l’interprétation des acteurs l’est tout autant.

D’abord, un Morgan Freeman blasé jusqu’au dégoût par la violence de son métier. Il est à bout, épuisé par le monde de fou qui l’entoure. L’acteur joue peut-être l’une des meilleures prestations de sa carrière avec cet inspecteur portant le poids des années sur ses épaules.

Le beau Brad Pitt joue un jeune loup recherchant l’approbation et l’admiration de ses pères de façon magistrale. Un jeune homme qui passe un rite d’initiation vers l’enfer qui l’attend pour le reste de sa vie.

Avec ces deux policiers que tout oppose, David Fincher livre « l’anti-buddymovie » remplaçant les rires par un arc dramatique puissant et destructeur, qui tend les muscles d’une intrigue terrifiante et cauchemardesque dont la mise en scène est d’une maestria magnifique.

20 ans après sa sortie en salle, il est hallucinant de voir que « Seven » n’a pas pris une ride, qu’il garde toujours la même puissance et la même force évocatrice. L’œuvre de Fincher est toujours aussi dure, usante et terrifiante à l’image de son final monstrueux étudié dans de nombreuses écoles de cinéma.

« Seven » est un classique que n’aurait pas renié Alfred Hitchcock, un chef d’œuvre de la fin du vingtième siècle.

David Fincher a réalisé le thriller ultime à l’ambiance inégalable, il plonge les spectateurs dans un voyage au bout de l’enfer dans lequel ils restent hypnotisés et piégés. Un film viscéral et culte, doublé d’une référence cinématographique.

Note : 9,5/10

Julien Legrand – Le 20 février 2018

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