la terreur invisible 

Predator

Ah les années 80 que c’étaient quand même chouette ! Non seulement le cinéma avait déjà trouvé un nouvel élan à la fin des années 70 avec de jeunes réalisateurs tels que Steven Spielberg ou Georges Lucas, mais il a vu aussi débarquer de l’autre côté de l’Atlantique des cinéastes comme Ridley Scott. Jeune metteur en scène britannique qui avait accouché de chef d’œuvre comme « Alien » en 1979 mais aussi « Blade Runner » en 1982. 

Avec « Alien : Le Huitième passager » : le public a découvert une créature terrifiante et inconnue. Sorti tout droit de l’imagination du brillant et regretté H.R. Giger, ce prédateur impitoyable a terrifié les salles de cinéma pendant de nombreuses années. 

Le xénomorphe de Ridley Scott a ouvert la porte à d’autres monstres du cinéma comme celui qui nous intéresse aujourd’hui : « Predator » de John McTiernan ! 

Sorti dans les salles obscures en 1987, juste après le « Aliens » (1986), suite du chef d’œuvre de Ridley Scott réalisé par James Cameron, « Predator» est déjà la deuxième réalisation du jeune cinéaste John McTiernan (alors âgé d’à peine 36 ans).

Après un premier essai sans succès avec « Nomads » en 1986, McTiernan signe avec « Predator » un classique de l’horreur qui va littéralement le propulser au sommet de la liste des réalisateurs les plus populaires d’Hollywood tant la perfection et la tension qu’il injecte dans ce petit bijou sont d’une prouesse indéniable.

 

Un mix élégant entre film d’action et d’horreur mis en boîte avec une habileté magistrale qui fait directement rentrer « Predator » dans le cercle des références du cinéma des années 80.

 

« Predator » est la définition même du film « viril » : des soldats bodybuildés et armés jusqu’aux dents, guidés par un Arnold Schwarzenegger alors au sommet de sa gloire grâce à « Terminator » (1984) et « Commando » (1985). 

Résumé :

Le commando de forces spéciales mené par le major Dutch Schaeffer est engagé par la CIA pour sauver les survivants d’un crash d’hélicoptère au cœur d’une jungle d’Amérique Centrale. Sur place, Dutch et son équipe ne tardent pas à découvrir qu’ils sont pris en chasse par une mystérieuse créature invisible qui commence à les éliminer un par un. La traque commence.

(Allociné)

« Predator » est un cocktail excitant de testostérones et de tension qui monte crescendo, une œuvre qui relate l’histoire de soldats chassés par un tueur invisible dans une jungle luxuriante, mais qui a tout d’une prison à ciel ouvert dans laquelle ils ne semblent avoir aucune échappatoire.

Un récit déjà vu maintes fois au cinéma de nos jours, mais qui à l’époque, était innovant, terrifiant, impressionnant, secouait et collait littéralement les spectateurs à leur siège.

 

Certes, le scénario semble d’une étonnante banalité (des proies à la merci d’un chasseur redoutable).
Pourtant, au-delà d’être tout simplement un film qui offre un excellent moment de cinéma, « Predator » possède des qualités cinématographiques et de mise en scène bien plus grandes et subtiles qu’il n’y paraît.

 

Le film de John McTiernan est une œuvre brillante dans sa construction et la direction de son récit, tel un chasseur impitoyable, il est lent, précis, méthodique mais redoutablement efficace pour faire monter la tension sans jamais se dévoiler entièrement. 

McTiernan révolutionne le modèle de construction du cinéma d’action en quelques films, notamment grâce à celui-ci et ensuite, avec le cultissime « Die Hard ». 

Le cinéaste va à l’essentiel, épure sa réalisation pour se montrer efficace sans en mettre plein la vue, jouant subtilement avec une jungle inhospitalière dans laquelle un groupe de soldats tout en muscles vont croiser la route de plus sauvage qu’eux. 

Et c’est cette simplicité alliée à des effets spéciaux habiles et exemplaires pour son époque encore dépourvue d’ordinateurs, qui va faire de « Predator », un film immersif et magistrale de modernité.

 

Intemporel, bestial et impressionnant de maitrise, « Predator » n’a pas pris une ride. Un film iconique et toujours d’une efficacité meurtrière 30 ans après sa sortie. 

John McTiernan a réalisé un œuvre inégalable et qui sera certainement encore considérée comme référence dans les années à venir.

 

 

Note: 8,5/10

 

Julien Legrand – 16 avril 2018

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