L’Action Man.

Tom Cruise

Une gueule d’ange, un sourire charmeur, un physique à toute(s) épreuve(s), bref malgré son âge Tom Cruise rayonne toujours autant physiquement que dans les salles obscures. Derrière ce facies que la gente féminine adore depuis ses débuts dans les années 80, se cache une vraie machine à faire des millions. Il suffit de jeter un rapide coup d’œil sur les chiffres du derniers « MI6 : Fallout » (plus de 791 millions de dollars de recettes) pour se rendre compte que Tom Cruise a toujours la cote et reste un maître du Box-Office.

Pourtant, si l’acteur s’est depuis 2010 transformé en véritable « Action Man » volant de film en film. Il existait avant, le Cruise très bon comédien de « Né un 4 juillet » ou d’« Eyes Wide Shut », véritable icône de nombreuses œuvres réalisées par de grands metteurs en scènes (Scorsese, Spielberg, Kubrick, Pollack, De Palma, …)

Alors certes, Il n’est plus un être humain mais une machine à pop-corn sur pattes, pourtant l’interprète d’Ethan Hunt n’en reste pas moins une immense star du Septième Art.

Petite bio :

Né à Syracuse le 3 juillet 1962, Tom Cruise ne se prédestinait sûrement pas à devenir acteur. Dès l’âge de 14 ans, il était en effet prêt à rentrer dans les ordres et n’avait aucune vue sur Hollywood. Pourtant, à l’école, Tom Cruise découvre son talent pour la comédie en participant à plusieurs comédies musicales et sent du coup poindre la fibre artistique.

C’est décidé : Thomas Cruise Mapother IV sera Tom Cruise, acteur. Après quelques années de cours de théâtre et une carrière de lutteur tombée à l’eau, il décide de s’installer à New York à seulement dix-huit ans et commence alors la course à la gloire. Le jeune homme va de casting en casting et obtient ses premiers rôles assez rapidement.

Au début des années 1980, celui que l’on surnomme souvent « Tomy » enchaîne les castings pour le cinéma. En 1981, Franco Zeffirelli lui confie son premier rôle sur grand écran dans le film « Un amour infini ». Ensuite, c’est Harold Becker qui le recrute pour lui faire tenir le rôle d’un jeune militaire dans « Taps ».

Les trois années suivantes seront décisives et feront du comédien encore quasi-inconnu une gigantesque star. Il est alors repéré par Francis Ford Coppola qui le propulse dans son film « Outsiders » aux côtés d’autres jeunes stars en devenir. Tom Cruise commence à marquer le paysage cinématographique. Il enchaîne dans « Risky Business » en 1983, son premier grand succès qui l’amène jusqu’à sa toute première nomination aux Golden Globes.

Quatre ans plus tard, Tom Cruise inscrit son nom dans la liste des acteurs célèbres d’Hollywood avec le film « Top Gun » de Tony Scott. Dans ce long métrage, il obtient le premier rôle, Maverick un jeune pilote aérien talentueux qui réussit à obtenir sa place dans l’école de l’élite aérienne

Sa carrière est alors lancée et à 24 ans, seulement six ans après avoir commencé sa carrière, il a son étoile sur le fameux « Walk of Fame ».

Une grande filmographie qu’il est maintenant temps de décortiquer.

Le TOP 10 de la rédaction :

Établir un TOP 10 des meilleures performances de Tom Cruise est une tâche difficile du simple fait qu’il existe deux Tom Cruise. Le premier étant l’acteur qui joue dans des films d’auteurs et de grands réalisateurs. Le deuxième, est le produit marketing, cascadeur et producteur qui se cantonne souvent aux mêmes rôles mais reste cependant un comédien impliqué et sérieux.

Nous avons donc choisi de mixer les deux en établissant un classement qui exprime tous ses talents d’acteur tout en rendant hommage aux films qui ont fait sa gloire.

10. « Top Gun » (1986) de Tony Scott :

Le Film qui sacre Tom Cruise en tant que Superstar. On aurait pu mettre « Ricky’s Business » ou encore « Jerry Maguire » pour lesquels l’acteur rafle une nomination aux Oscars et remporte un Golden Globes mais ce ne serait pas rendre hommage au film de Tony Scott. Alors certes celui-ci ne vole pas très haut (enfin si littéralement parlant) et n’est donc rien d’autre qu’un film « branché » avec toute la cohorte de clichés que cela laisse sous-entendre : cheveux au vent, corps de statues grecques (surtout Tom Cruise), chewing-gum, dents blanches, sourires ravageurs et chansons pop… On a vraiment l’impression d’assister à un clip mais pas n’importe lequel, celui d’un monument du cinéma entertainment des eighties

Notamment, pour ces fameuses et fabuleuses séquences aériennes sans égales à ce jour, sur fond de vraie – fausse rivalité de camaraderie entre pilotes et saupoudré d’une jolie petite love story.

Une musique inoubliable et un trio d’acteurs attachants pour un film qui sentait bon la testostérone en plus d’être un agréable moment pour s’envoyer en l’air (dans le sens du film bien sûr).

9. « Minority Report » (2001) de Steven Spielberg :

Adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick (comme « The Man in the High Castle »), « Minority Report » dépeint un futur où les policiers peuvent prévoir les crimes et arrêter les criminels avant qu’ils ne les commettent. Le long métrage est souvent considéré comme l’un des meilleurs films de science-fiction des 25 dernières années. Spielberg s’approprie à merveille l’œuvre de l’auteur de « Blade Runner » et livre un thriller high-tech prodigieux, magnifiquement illustré et intensément incarné par un Tom Cruise en osmose totale avec son réalisateur. En avance sur son temps, le film ne convoque pas seulement les influences de Hitchcock et Philip K. Dick, il se nourrit également de toute la maturité artistique du cinéaste acquise jusqu’à présent pour mieux interroger la question du libre arbitre et du déterminisme.

Une œuvre remarquable du début à la fin et gorgée de scènes cultes, « Minority Report » est une référence du genre, un pur trip de science-fiction, malin et tendu, aussi maîtrisé sur le fond que qu’au niveau de la forme.

8. « Le Dernier Samouraï » (2003) d’Edward Zwick :

Souvent moqué, ce beau film d’aventure mérite plus que des brimades et demeure un des derniers beaux exemples d’un savoir-faire hollywoodien qui aurait tendance à se perdre.
Tom Cruise incarne le capitaine Nathan Algren, pièce meurtrière du génocide amérindien qui traîne ses guêtres en ressassant l’effroyable aventure. L’acteur joue avec sobriété ce prosélyte barbu, disponible et scrupuleux d’apprendre à se relever de l’infamie qu’est l’épuration ethnique. Il n’endosse pas le rôle du chevalier bon teint, il observe, il note, il souffre, il imite.

Un drame épique et vigoureux, sachant allier lyrisme, spectacle, émotion et une évidente beauté plastique qui récolta au passage quatre nominations aux Oscars et trois aux Golden Globes (dont une pour la performance de Tom Cruise).

7. « Magnolia » (1999) de Paul Thomas Anderson :

Un film brillant, clinquant, ambitieux, impersonnel par instant mais terriblement efficace. Paul Thomas Anderson s’est rapidement imposé comme le nouveau surdoué d’un cinéma indépendant ambitieux et grand public.

Il n’y a qu’à voir son sublime « There Will be Blood » porté par Daniel Day-Lewis pour se rendre compte du talent du bonhomme. Ici, le cinéaste offre à Tom Cruise un rôle à contre-emploi, en interprétant un champion de la virilité qui se met en scène dans des shows télévisés, outrageusement vulgaire et survolté.

« Magnolia » dure trois heures et on s’ennuie peu car le film fonctionne comme un jeu interactif, dans lequel le spectateur prend plaisir à anticiper les événements et à dénouer une pelote narrative superficiellement embrouillée. Anderson secoue le shaker des références avec une grande dextérité bien aidé par un Tom Cruise qui trouve l’occasion de se mettre totalement à nu et de livrer l’une des performances les plus bouleversantes de sa carrière. Un rôle pour lequel, il décroche sa troisième nomination aux Oscars.

6. « Entretien avec un Vampire » (1994) de Neil Jordan :

Sur un scénario d’Anne Rice qui a adapté son propre roman, « Entretien avec un vampire » est la première réalisation hollywoodienne de l’Irlandais Neil Jordan (« The Crying Game »). Le cinéaste s’efface ici derrière son sujet et coordonne le travail technique et artistique d’une production qui tente de donner une nouvelle dimension au genre grâce à des décors somptueux et des acteurs engagés. (Le duo Tom Cruise/ Brad Pitt et la surprenante jeune Kristen Dunst).

Une œuvre qui réinvente avec intelligence le mythe du vampire au cinéma. Un film élégant, classique, efficace porté par les statures distinguées de son duo d’acteurs. Tom Cruise est ici, à la fois glacial, attachant et sombre. L’acteur est tout simplement parfait en âme torturée destinée à vivre éternellement.

5. La Saga « Mission Impossible » (1996 – …) :

Plutôt que de faire un choix difficile parmi les épisodes de la franchise « Mission : Impossible » dont le dernier en date : « Fallout » est une excellente réussite. Nous préférons les reprendre dans leur ensemble.

En plus d’illustrer la collaboration entre Tom Cruise et de nouveaux metteurs en scènes prestigieux, dont Brian De Palma, JJ. Abrams, Brad Bird, John Woo et Christopher McQuarrie, la saga « Mission : Impossible » est un savoureux mélange de grands films d’espionnages qui s’affranchit de la série télé pour permettre aux réalisateurs d’y placer toutes leurs obsessions et de réussir plusieurs morceaux de bravoure qui sont encore dans les mémoires dont Tom Cruise, suspendu à des filins à quelques centimètres du sol, escaladant la plus grande tour du monde à Dubaï, se cramponnant à un avion qui décolle ou encore en pilotant lui-même un hélicoptère. Avec Ethan Hunt, Tom Cruise rencontre son alter ego qui lui permettra de rebondir dès qu’il sera en mauvaise posture dans sa carrière et de truster à nouveau les sommets du box-office mondial.

4. « Des Hommes d’honneur » (1992) de Rob Reiner :

Rob Reiner signe avec « Des hommes d’honneur » un film de procès remarquable dans la grande tradition hollywoodienne. Les fans du réalisateur américain (un des plus inventifs des années 80 comme l’attestent « Stand by me », « Quand Harry rencontre Sally » ou encore « Princess Bride ») doivent savourer ce film à sa juste valeur.

Un long métrage doté d’un scénario solidement charpenté, des dialogues vraiment efficaces et surtout un casting absolument impressionnant.

Le cinéaste nous offre une véritable joute orale, un combat de poids lourds jouissif (l’affrontement Cruise / Nicholson constitue une scène d’anthologie), la mise en scène, le cadrage sans fioriture bonifie encore plus l’expérience.

Tom Cruise a eu l’occasion de se mesurer à plusieurs adversaires légendaires durant sa carrière, mais son duel avec Jack Nicholson dans ce formidable film de procès qu’est « Des Hommes d’honneur », restera dans les annales.

3. « Né un 4 juillet » (1989) d’Oliver Stone :

Parmi les metteurs en scène qu’il aura croisé dans sa carrière, la collaboration de Tom Cruise avec Oliver Stone aura permis de donner naissance à un grand film, injustement mésestimé par la presse aujourd’hui. « Né un 4 juillet » est une œuvre portée pendant vingt ans et née d’une collaboration étroite du cinéaste avec le vrai Ron Kovic. L’oeuvre est enrichie de l’expérience personnelle du metteur en scène (journaliste sur le terrain au Vietnam), brillamment réalisée et intelligemment interprétée par Tom Cruise qui trouve dans ce rôle, la quintessence de ce qui fait un très grand acteur.

L’acteur offre un savoureux mélange de naturel et se métamorphose physiquement de façon crédible afin d’offrir une performance d’une puissance émotionnelle réellement incroyable. Une victoire aux Golden Globes et une nomination aux Oscars amplement méritées. Rôle phare d’une carrière où le comédien prouve à ceux qui pouvaient encore en douter qu’il n’était pas qu’un beau gosse au sourire ultra brite mais bien un acteur de la trempe des plus grands.

2. « Rain Man » (1988) de Barry Levinson :

Dans ce film, Tom Cruise livre une magnifique performance dans la peau de Charlie Babbitt, un jeune homme arrogant, méprisant et vivant à 100 à l’heure. Un rôle qui va marquer sa carrière même si les yeux des spectateurs sont souvent rivés sur la prestation exceptionnelle de Dustin Hoffmann. L’acteur du « Lauréat » remporta d’ailleurs son second Oscar de « meilleur acteur »

Pourtant, Tom Cruise joue peut-être ici l’une des plus belles partitions de sa filmographie dans laquelle, il laisse éclater les nuances d’une palette de jeu qui ne cesse de s’affiner pour apparaitre tour à tour agaçant, touchant puis bouleversant.

Un film qui flirte avec le cinéma d’auteur, à l’opposé de son premier succès, mais c’est dans cette voie que le comédien décidera d’orienter sa carrière avec les films « Né un 4 juillet » et « Entretien avec un vampire ».

Sa complicité avec Hoffmann est une nouvelle preuve qu’au contact des plus grands, il se bonifie.

1.« Collateral » (2004) de Michael Mann :

La rencontre entre deux monstres du cinéma, Michael Mann et Tom Cruise. Le premier est l’un des plus grands réalisateurs du moment et le second enchaîne les succès après « Le Dernier Samouraï ». Tom Cruise interprète Vincent, un personnage glaçant, calculateur et méticuleux. Le comédien armé de son charisme arrive à densifier les zones d’ombre par une interprétation au cordeau.

Les cheveux grisonnants, véritable machine à tuer, intimidant et résolu, le Vincent de « Collateral » est un personnage sombre et désenchanté, un véritable rôle à contre-emploi pour Tom Cruise qui s’en donne à cœur joie. Il s’abandonne littéralement devant la caméra d’un Michael Mann qui le dépeint en ange de la mort déterminé face à un Jamie Foxx effrayé, obéissant mais lui aussi en grande forme.

Un thriller tendu, crépusculaire et parfaitement emballé. Un petit scénario qui, par l’art de la caméra du réalisateur, devient un polar citadin tendu. Un rôle plutôt à part dans la filmographie de Cruise. C’est pour toutes ces raisons que c’est notre numéro 1.

Un indispensable qui prouve que Michael Mann est un maître incontesté.

Mention Spéciale à « Tonnerre sous les tropiques » (2008) de Ben Stiller :

La comédie américaine est affaire d’acteurs, on le savait déjà. Pourtant, Ben Stiller n’a qu’une idée en tête : nous faire tordre de rire. Et pour ça, il est prêt à tout avec « Tonnerre sous les tropiques », son quatrième film en tant que réalisateur. Il met en scène le calamiteux tournage d’un énième « Vietnam war movie » où, sous la pression d’un producteur atrabilaire, le metteur en scène décide de jeter sa troupe d’acteurs capricieux (Ben Stiller, Jack Black et les autres) dans la jungle pour les mettre en condition et les filmer à leur insu.  

Un film jubilatoire dans lequel tout le casting s’en donne à cœur joie notamment Robert Downey Jr. en acteur engagé au point de se transformer en afro-américain pour un rôle.

C’est surtout la performance de Tom Cruise qu’il faut saluer, en producteur grossier, bling-bling et obsédé qui ne sait pas gérer sa colère. Dans ce rôle de roi d’Hollywood à la tête d’un blockbuster composé d’acteurs ringards, le comédien se confronte directement à ce qu’il risque de devenir dans la réalité. Cette mise en abîme particulièrement perverse démontre aussi que l’acteur conserve un brin de recul sur ses récents déboires avec les médias de l’époque.  

L’acteur est tout simplement méconnaissable et possédé, il livre une performance comique incroyable qui reste dans les mémoires.

Tom Cruise peut se targuer d’avoir une brillante carrière longue comme le bras et malgré son image de membre de l’église de Scientologie, le public continue de se rendre dans les salles pour l’admirer.

Pourtant, Hollywood est un bélier, le spectateur résistant est rare sur son chemin. La personnalité mondaine de Tom Cruise continue de faire de l’ombre à son talent d’acteur si bien que le privilège du bélier lui glisse des mains. L’ancien vampire, espion et pilote de « Top Gun » est devenu le bonimenteur, le vendeur à la criée de la scientologie et n’est plus regardé comme un comédien par une certaine presse.

C’est bien dommage, car malgré sa volonté de se cantonner à des rôles d’« action man » qui sauve le monde, Tom Cruise reste un grand acteur qui fait encore rêver des millions de spectateurs et c’est ça, sa plus grande force.

NB : Pouvaient aussi être cités :

  • « Jerry Maguire » (1996) de Cameron Crowe
  • « Vanilla Sky » (2001) de Cameron Crowe
  • « La Guerre des Mondes » (2005) de Steven Spielberg
  • « Edge of Tomorrow » (2014) de Doug Liman
  • « Barry Seal » de Doug Liman
  • « La Firme » (1983) de Sydney Pollack
  • « La Couleur de l’argent » (1986) de Martin Scorsese
  • « Legend » (1985) de Ridley Scott
  • « Walkyrie» (2008) de Bryan Singer
  • « Eyes Wide Shut » (1999) de Stanley Kubrick
  • « Ricky’s Business » (1983) de Paul Brickman

Julien Legrand – Le 12 juillet 2019

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