Un grand talent au destin funeste.

James Horner

2 Oscars pour 6 nominations, James Horner était l’auteur de plusieurs des plus grandes musiques de films de tous les temps. Compositeur de l’album symphonique le plus écouté au monde, du plus grand hit de la chanteuse la plus populaire de tous les temps, des deux plus grands succès de l’Histoire (ndlr : enfin plus maintenant qu’« Avengers Endgame » a battu « Avatar ») du cinéma.

Il a joué pour les plus grands réalisateurs du showbiz, Roger Corman, Steven Spielberg, Mel Gibson, Ron Howard, James Cameron, George Lucas et bien sûr pour le géant Disney. Plus de trente ans d’expérience et 150 partitions, James Horner restera un grand musicien parti trop tôt en 2015 à l’âge de 61 ans. Il laisse derrière lui une œuvre immense symbole de tout un pan des années 80 et 90.

Un grand artiste qu’il est temps d’honorer sur ScreenTune.

Petite bio :

James Roy Horner, né le 14 août 1953 à Los Angeles (Californie, États-Unis) est d’origine austro-hongroise par son père Heinrich Horner, directeur artistique, renommé Harry Horner suite à sa naturalisation américaine en 1940. Il s’épanouit dans une famille très mélomane et commence à apprendre le piano à l’âge de 5 ans. Doué avec cet instrument, à seulement 9 ans le jeune garçon sait déjà qu’il veut devenir compositeur de musique symphonique.

Durant son adolescence, le néo-compositeur grandit à Londres en étudiant au Royal College Music. Il y apprend la composition et la direction d’orchestre pour ensuite revenir en Amérique dans les années 70 afin de parfaire ses études musicales à l’USC Thornton School of Music puis à l’UCLA où il obtient son diplôme en 1976.

Il commence alors à enseigner la musique à l’université et obtient un doctorat en musicologie. Pourtant Horner se rend vite compte que le public se désintéresse de la musique symphonique contemporaine, il abandonne par la suite tous ses plans de composer pour les salles de concert désertées par le public.

Par le plus beau des hasards, il lui est demandé de composer la musique d’un film d’étudiant pour l’American Film Institute et c’est le coup de foudre. Il tombe instantanément amoureux de la musique de film. Il dira lui-même que : « Quand j’ai découvert l’écriture pour le cinéma, (…) il m’est immédiatement apparu évident qu’associée aux images, la musique était mille fois plus puissante et émouvante que seule. »

Le jeune artiste vient donc s’inscrire dans les années du renouveau des musiques de films, cette époque étant marqué par John Williams avec la saga « Star Wars », Alan Silvestri avec « Back To The Future » et Jerry Goldsmith avec « Alien » et « Gremlins ».  James Horner veut pleinement participer à ce nouvel âge d’or de la musique de film symphonique qui se prépare. Pour ce faire, il travaille sur de nombreux films étudiants et de séries Z (notamment pour New World Pictures, le studio de Roger Corman).

Il se fait la main des partitions de films de série B comme « Les Mercenaires de l’espace » (1980), « Les Entrailles de l’enfer » ou encore « Krull » (1983). Des musiques un peu approximatives, à l’orchestration en demi-teinte, mais qui confirment cependant tout le talent du jeune compositeur.

C’est finalement la commande de la musique de « Star Trek II : la colère de Khan » en 1982, considéré par de nombreux fans comme l’un des meilleurs épisodes de la franchise, qui fait décoller sa carrière.

Il fait ensuite une rencontre qi changera sa carrière à jamais, en 1985, il fait la connaissance de Ron Howard qui l’engage pour composer les musiques de « Cocoon » et « Cocoon : Le Retour ». Deux succès qui vont lui ouvrir en grand les portes d’Hollywood et des studios. Il signe ensuite la partition de « Willow » en 1988, qui demeure à ce jour l’une de ses partitions les plus inspirées, bourrée de thèmes grandioses et de passages maîtrisés. James va ensuite collaborer avec James Cameron en 1986 sur « Aliens, le Retour », la suite du chef d’œuvre de Ridley Scott.

Le résultat est plutôt riche et inspiré mais après quelques différents, cette collaboration se termine par une violente dispute avec le cinéaste. Les deux James ne s’adresseront plus la parole pendant près de 10 ans… jusqu’au mythique « Titanic » réunissant Kate Winslet et Leonardo DiCaprio sur le célèbre bateau.

Jamais une musique de film n’avait autant été vendue et popularisée (vendu à plus de 27 millions d’exemplaires).

Elle consacre James Horner comme l’un des plus grands compositeurs de tous les temps, lui offrant trois Grammy Awards ainsi que deux Oscars pour « la meilleure musique » et « la meilleure chanson » avec Céline Dion, pour laquelle il a écrit la musique de son tube « My Heart Will Go On ».

La reconnaissance ultime pour un grand artiste qui connaitra ensuite des hauts et des bas mais restera toujours associé à des grands noms du cinéma. Après « La Légende de Zorro » en 2005, James Horner retrouve James Cameron pour « Avatar » en 2009, énorme succès en salle et plus gros succès de l’histoire du cinéma jusqu’à cette année. En 2012, le compositeur hollywoodien est en charge du score de « The Amazing Spider-Man », nouvel épisode sur les aventures de l’homme-araignée. 

Malheureusement, James Horner meurt accidentellement aux commandes de son avion dans la nuit de lundi à mardi le 23 juin 2015. Il avait 61 ans.

Le TOP 10 de la rédaction :

10. « Aliens, le Retour » (1986) de James Cameron :

Peut-être le plus grand tournant dans la carrière du compositeur, le compositeur a créé une partition sombre, malaisante, spatiale et explosive, qui reprend d’ailleurs quelques thèmes chers à Jerry Goldsmith, compositeur du premier volet signé Ridley Scott.

Une conception qui n’a pas été de tout repos pour Horner, qui s’est beaucoup disputé avec James Cameron sur cette BO, le cinéaste a d’ailleurs coupé de nombreuses partitions du compositeur sur l’ensemble du film.

Malgré cela, les scores de James Horner restent un modèle du genre et sont devenus cultes grâce à une ambiance très forte qui dure tout au long du film. Horner bonifie le traitement de l’orchestre parfois virtuose mais aussi par le travail sur les sonorités pour restituer des atmosphères sombres au long métrage.  Il parsème aussi son œuvre avec ses larges parties d’action furieuses et enragées et qui créent le climat chaotique du film.

9. « Légende d’automne » (1994) d’Edward Zwick :

James Horner travaille pour la seconde fois avec le cinéaste du futur « Dernier Samouraï » après « Glory » en 1990 dans ce très beau film porté par Brad Pitt et Anthony Hopkins. Ici, le compositeur signe une BO très lyrique et romantique, aux accents de musiques traditionnelles anglo-saxonnes. Un style qu’il perfectionnera juste après avec le « Braveheart » de Mel Gibson.

8. « Avatar » (2009) de James Cameron :

James Horner retrouve James Cameron après « Aliens » et « Titanic » pour le plus gros succès de l’histoire du cinéma avant l’avènement d’« Avengers Endgame ». Le compositeur signe une partition aux accents ethniques et exotiques qui se rapprochent à la population Na’vi et un orchestre symphonique pour la partie plus humaine et dramatique de l’histoire. Horner a également recourt à quelques touches électroniques et quelques chœurs épiques pour emballer un spectacle visuelle sublime mais qui pêche par l’originalité de son scénario (quelque part entre Pocahontas au pays des Schtroumpfs et d’autres films d’aventures).  

7. « Le Masque de Zorro » (1998) de Martin Campbell :

James Horner signe ici une excellente partition symphonique aux touches hispanisantes. Le compositeur utilise tous les instruments issus de la culture espagnole sur des rythmes de flamenco endiablés, alternant castagnettes, claquettes/claquements de main et guitare.

Au final, une musique enivrante, rythmée et très diversifiée comme son modèle cinématographique bien soutenue par de belles envolées lyriques.

6. « Willow » (1988) de Ron Howard :

Il s’agit de la seconde collaboration entre Ron Howard et James Horner après « Cocoon » en 1985. La partition offerte par le futur compositeur de « Titanic » est l’une de ses plus populaires et l’une des meilleures qu’il est jamais réalisé. Pourtant le score signé par Horner pour le long métrage a suscité de nombreuses polémiques sur le compositeur. En effet, celui-ci a pompé allègrement de façon assez malhonnête des musiques du répertoire classique. Une controverse qui le poursuivra souvent jusqu’à la fin de sa défunte carrière.

Malgré cette controverse d’emprunt, « Willow » est une œuvre à laquelle on s’attache très facilement grâces à ses thèmes mémorables, un film culte et féérique soutenu par de grandes partitions d’aventure épique bourrée d’action.

5. « Le Nom de la Rose » (1986) de Jean-Jacques Anneaud :

Un superbe film porté par la présence magnétique de Sean Connery et la superbe réalisation de Jean-Jacques Anneaud. Une œuvre qui doit beaucoup également à James Horner qui offre une partition dans laquelle on retrouve des nappes synthétiques et des chants, un style que l’on retrouvera plus tard dans « Titanic » et que le compositeur maîtrise à la perfection.

Une composition plus intimiste soutenue par des cœurs graves qui dépeint parfaitement l’ambiance de ce thriller monastique.

4. « Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles » (1988) de Don Bluth :

Après l’excellent « Fievel et le nouveau monde » en 1986, James Horner retrouve Don Bluth pour un film qui aura bercé la vie de millions d’enfants avec « Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles » produit par Steven Spielberg.

Le compositeur signe une musique poétique et enivrante (qui servira notamment de musique de présentation aux Césars du cinéma par la suite) pour cette histoire préhistorique pleine de rires, de tristesse et d’émotions.

Horner épouse le caractère enchanté de ses personnages (Petit-Pied, Cera, Petrie et les autres), magnifiant la tendresse de leur amitié, élevant le merveilleux vers le féérique avec la présence de chœurs délicats pour nouer notre cœur d’enfant à jamais avec cette fabuleuse histoire sur l’amitié.

3. « Apollo 13 » (1995) de Ron Howard :

Complices depuis « Cocoon » en 1995, Ron Howard et James Horner travaillent une nouvelle fois ensemble sur la superbe épopée spatiale « Apollo 13 ». Le compositeur signe une bande-son solennelle, sombre et dramatique en même temps mais qui sonne très humaine.

James Horner offre donc des partitions dramatiques qui évitent pourtant de trop attirer l’attention pour atteindre le ton adéquat afin de rendre l’aspect réaliste et historique du film plus crédible.

2. « Braveheart » (1995) de Mel Gibson :

Qui dit grand film dit évidemment fabuleuse musique. Il s’agit de la deuxième collaboration entre James Horner et l’acteur de « Mad Max » après « L’homme sans visage » en 1993. Le compositeur signe sa plus belle partition, après « Titanic » bien sûr, une symphonie absolument saisissante et bouleversante qui a d’ailleurs connu un très grand succès public comme critiques (nominations aux Oscars).

Rarement une musique de film aura connu un tel succès à son époque, un record à peine égalé par les BO de « Danse avec les loups » de John Barry ou de « Il était une fois dans l’ouest » d’Ennio Morricone.

James Horner offre l’une de ses plus belles compositions, servie par des interprètes remarquables, une musique profondément poignante, bouleversante, épique et guerrière, aux thèmes d’un lyrisme à fendre le cœur, tout simplement inoubliable.

1. « Titanic » (1997) de James Cameron :

Une œuvre qui ne se présente plus, un véritable raz-de-marée sur le Box-Office et une immense vague de prix dont 11 Oscars. Un vrai phénomène de société qui a couronné de succès Kate Winslet et Leonardo DiCaprio. James Horner a bien sûr participé à ce succès en créant des musiques iconiques, elles-mêmes couronnées de deux Oscars. 

James Horner a composé sa plus belle partition pour « Titanic », sans aucun doute l’œuvre phare de toute sa carrière, ou du moins un véritablement accomplissement pour le compositeur.

Une partition qui nous rappelle avec classe qu’image et musique ne font qu’un pour ne plus grand plaisir.

En plus de 30 ans de carrière, James Horner s’est construit une formidable œuvre musicale, lente mais sûre, efficace et fragile qui en épatera plus d’un. Un travail plein de paradoxes de la part d’un compositeur qui, même s’il fait parfois du recyclage, arrive toujours à générer des émotions aux spectateurs avec sa musique.

James Horner a marqué le cinéma par de nombreuses partitions mémorables avec « Titanic » qui lui a valu 2 Oscars, il peut également se targuer d’avoir contribuer aux succès d’« Avatar » et de l’excellent  « Braveheart ».

Un grand artiste malheureusement parti trop tôt. Cet icône des années 80/90 est assurément le symbole d’une ancienne manière de faire des musiques de films, époque encore un peu plus enterrée par sa disparition.

NB : Pouvaient aussi être cités :

  • Star Trek 2 : La Colère de Khan (1982) de Nicholas Meyer
  • Glory  (1989) d’Edward Zwick
  • Fievel et le Nouveau Monde (1986) de Don Bluth
  • L’Homme bicentenaire (1999) de Chris Columbus
  • Le Nouveau Monde (2005) de Terrence Malick

Julien Legrand – Le  14 août 2019

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