Old man look at my life

Logan

On y est, c’est la fin d’une belle et longue aventure. La dernière apparition de Hugh Jackman dans la peau du bestial et grincheux Wolverine. Un personnage qui a la particularité d’être un des plus sombres et violents de l’univers X-Men. Place donc au dernier épisode de la trilogie (très inégale en qualité) sobrement intitulé « Logan » et inspiré d’une BD de Mark Millar : « Old Man Logan ». On retrouve une nouvelle fois aux manettes James Mangold qui avait déjà officié sur le précédent opus : « Le Combat de l’Immortel ».

Un dernier baroud d’honneur placé sous le signe de la violence pure nappée d’une profonde mélancolie crépusculaire. En tout cas, c’est ce que laissaient présager les bandes annonces. « Logan » avait donc tout pour séduire les amateurs de changements et on se réjouissait du retour de Patrick Stewart en professeur Charles Xavier, tout comme l’introduction de la petite X-23 campée par Dafne Keen.

Synopsis :

Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.
 

Une chose est sûr, on est très loin des productions aseptisées « Marvel-Disney »James Mangold plonge Wolverine dans une histoire dramatique et désespérée dans un futur où il n’a plus sa place. On le sent épuisé, fatigué et réduit à jouer les infirmiers pour un Charles Xavier au bord de l’agonie.
Les fans peuvent se réjouir de dire au revoir à Hugh Jackman qui joue son rôle parfaitement et montre qu’il incarne à merveille le héros aux griffes en adamantium.

Le film de James Mangold séduit grâce à son parti pris de départ et son originalité. Un traitement vraiment intelligent qui dépeint un héros meurtri et qui n’est plus aussi intouchable qu’il ne l’était auparavant.
« Logan » est une oeuvre qui tend vers le drame mélancolique d’une époque depuis longtemps révolue (celle des mutants). Le metteur en scène prend son temps pour installer une atmosphère triste et nostalgique sans pour autant plonger son film dans la contemplation et l’ennui. Au contraire, « Logan » est truffé d’actions rageuses et violentes qui éclaboussent cet univers tragique de giclées de sang.

Un dernier opus aux antipodes des précédents car il travaille des thématiques fortes et intelligentes : la quête existentielle, la vieillesse, les temps qui changent ou la différence entre réalité et fiction.

« Logan » est sombre en plus d’être un film d’action, mais c’est aussi un blockbuster qui propose une autre vision du cinéma de super-héros. James Mangold offre une réflexion basée sur le devoir de transmission, lorsqu’une génération fait place à une autre.

Pendant plus d’une heure « Logan » est passionnant, alternant parfaitement entre scènes de combats et moments plus calmes, le réalisateur gère bien la conduite de son film fort bien soutenue par une mise en scène simple mais efficace. Le spectateur peut sentir, que les héros qu’il a tant admirés toutes ces années sont au bord du gouffre décrivant aussi la fin d’une époque.

Pourtant, le long métrage ne pousse pas jusqu’au bout cette réflexion sombre et mélancolique durant ses 2h15 (un tout petit peu trop longues). Après une mise en abîme subtile pendant plus d’une heure, « Logan » s’essouffle un peu et tombe dans un rythme mécanique fait de parties de cache-cache et de traques sous forme de « road movie ». Une certaine redondance s’installe, relevée par instants par quelques idées et scènes bien pensées.

Il faut de plus, souligner l’ingéniosité et la prise de risques de la « Twenty Century Fox » qui après « Deadpool » a de nouveau misé sur un projet sombre (ndlr : le film est interdit aux enfants non-accompagnés aux USA), dépourvu de toute censure de violence et habité par un bel esprit de sauvagerie narratif.

« Logan » est un bel adieu à Wolverine et à son interprète talentueux, qui rend un vibrant hommage à son personnage qu’il aime tant. Une œuvre courageuse, ambitieuse et peut-être révolutionnaire. De quoi donner des idées à Marvel et DC Comics pour un futur avec des films de super-héros plus adultes ? Rien est moins sûr…

Note : 7/10

Julien Legrand – Le 12 octobre 2018

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