Une suite sans suite dans les idées.

Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald

Il y a maintenant deux ans sortait sur nos écrans la nouvelle saga issue de l’univers « Harry Potter » imaginée par la romancière à succès J.K. Rowling. Celle-ci s’inspirant d’un livre que les jeunes sorciers de l’école Poudlard ont en leur possession : « Les Animaux Fantastiques » écrit par Norbert Dragonnau.

Cette saga conçue comme un prequel des aventures du jeune sorcier à la cicatrice nous emmenait à New-York dans les années 1920 pour suivre le parcours du zoologiste magique incarné par le talentueux Eddie Redmayne. Après un premier volet d’assez bonne facture introduisant cet univers élargi du monde des sorciers, le second épisode intitulé « Les Crimes de Grindelwald » était attendu au tournant.

Reste à voir si la suite est à la hauteur des attentes des fans.

Synopsis :

1927, Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l’origine d’attaque d’humains normaux par des sorciers et seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau.

Avec un casting agrémenté de pointures du cinéma mondial tel que Jude Law et Johnny Depp, dans les rôles respectifs de Dumbledore et de Grindelwald, ainsi qu’un premier film prometteur, on était en droit d’attendre beaucoup de cette suite. La scène d’ouverture pendant laquelle on assiste à l’évasion du dangereux sorcier allait d’ailleurs dans ce sens. Elle introduit avec une certaine maîtrise celui qui doit à terme prendre la place de Voldemort comme grand méchant de la saga.

De par son côté sombre et ses combats aériens, cette scène n’est pas sans rappeler celle où Harry Potter est transféré dans un endroit sûr et poursuivi par « Les Mangemort » au début de l’épisode 7, une des plus épique de la saga.

Malheureusement, le soufflé retombe assez vite par la suite. Le scénario écrit par Rowling impose au long métrage réalisé par David Yates une lenteur qui restera omniprésente jusqu’à la fin du long-métrage. Cela donne lieu à de nombreux moments de flottement assez mal venus dans un genre cinématographique qui exige un rythme soutenu pour tenir le spectateur en haleine, ce qu’il ne parvient pas à faire.

Cette lenteur s’explique par plusieurs raisons, la principale étant que Rowling est avant tout romancière et non scénariste. Deux exercices bien différents malgré les apparences : dans un roman, l’écrivain à tout le loisir d’entrer dans les détails, d’installer son intrigue par le biais des dialogues omniprésents entre chaque personnage ; dans un film, surtout un blockbuster, les faits priment sur les détails qui se révèlent assez superflus dans le cas présent. Cette profusion d’informations perturbe quelques peu l’attention du spectateur, même le plus assidu.

Et paradoxalement à ce qui vient d’être dit, la plupart des protagonistes de ce deuxième volet sont très peu voire pas du tout développés par la romancière britannique. Hormis plusieurs exceptions, ce second épisode nous présente son lot de nouveaux personnages intéressants de primes abords mais qui se révèlent au final être des coquilles vides, devant se contenter parfois d’une seule réplique sur les deux heures de film.    

Parmi ces personnages peu approfondis, certains sont issus du premier volet et auraient également dû être mis davantage en avant dans cette suite au vu de leur potentiel scénaristique. Il n’y a finalement que quatre protagonistes à être suffisamment approfondis : Dragonnau et Leta Lestrange dont le passé commun est intéressant à découvrir, ainsi que Dumbledore et Grindelwald qui étaient les plus attendus.

D’autres personnages n’ont pas un grand intérêt dans l’intrigue où n’y ont tout simplement pas leur place, on pense notamment à un personnage important de la première saga qui ne doit sa présence ici qu’à un fan-service alors que les évènements des « Animaux Fantastiques » sont antérieurs à sa naissance, sans doute la plus grosse incohérence du long métrage.

Les créatures magiques, bien qu’elles soient esthétiquement très réussies pour la plupart, sont ici sous-exploitées, passant finalement au second plan par rapport à l’arc Grindelwald. Néanmoins, lorsqu’elles apparaissent à l’écran, elles sont utilisées à bon escient et servent l’intrigue.

Au niveau des prestations des acteurs, il n’y a aucun faux pas. Jude Law est des plus crédible en Dumbledore même si ses apparitions sont moins nombreuses que ce qu’on pouvait attendre mais nul doute qu’il prendra plus d’importance dans les suites. Johnny Depp nous offre une présentation sobre et efficace pour un acteur qu’on a connu plus exubérant, il nous propose un méchant plus manipulateur que Voldemort. Erza Miller fait lui bien transparaître la souffrance de son personnage comme dans le premier opus, tandis qu’Eddie Redmayne est fidèle à lui-même dans son interprétation bien que son personnage donne plus l’impression de subir les événements plutôt que d’en être l’acteur.

La mise en scène est d’assez bonne facture, bien que parfois bancale (on ressent notamment que les scènes dans Paris ont été tournées en studio) et les effets spéciaux sont plutôt réussis même si poussés un peu trop loin dans le grand final du film.

Si cette suite des « Animaux Fantastiques » ne peut être qualifiée d’échec total car il y a du positif à en retenir, force est de constater qu’il est très loin des attentes placées en lui. Après un premier opus surprenant dédié à l’introduction du monde des sorciers et aux nouveaux personnages qui le composent, on se retrouve avec une suite négligée et une intrigue qui s’enlise, donnant l’impression d’une seconde introduction.

Reste à espérer que la suite sera d’un meilleur acabit au risque de devenir une énième saga de trop. La bonne nouvelle (ou pas) est qu’ils ont encore trois épisodes pour convaincre.

Note : 6/10

Damien Monami – Le 23 novembre 2018

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